2012 in review

Les statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2012 de ce blog.

En voici un extrait :

19.000 personnes étaient présentes au nouveau Barclays Center pour voir Jay-Z. Ce blog a été vu 100 000 fois en 2012. S’il était un concert au Barclays Center, il faudrait 5 spectacles pour que tous puissent y assister.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

200 photos carrées – Diane Arbus – musée du jeu de Paume – Paris

Enfin, j’ai vu l’exposition Diane Arbus, dimanche dernier, au musée du Jeu de Paume. J’annonçais cette exposition sur cet espace dès le 18 avril, dans l’article : Photographes américaines : Diane Arbus.

40 ans après sa mort, son suicide, une rétrospective lui est enfin consacrée.

Il y avait foule en ce dimanche ensoleillé. Mon abonnement m’a donné ce petit privilège d’entrer rapidement.

Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’absence de consigne donnée au visiteur. Tant mieux ! Les photos n’ont certainement pas été disposées par hasard, mais il n’y a pas des thématiques réellement regroupées. Les photos sont dispersées au gré des salles sombres. Et puis, les photos sont livrées bruts, sans explication, parfois même sans titre, comme par exemple les photos d’handicapés ou celles prises dans des asiles.

200 carrés, non pas de chocolat, mais de photos, car le format fétiche de Diane Arbus est le carré.

*****

J’ai déambulé sans but, en partant de la fin de l’exposition, puisqu’il n’y avait pas de sens, ni de sens interdit. A chacun de se faire sa propre opinion. Et puis, j’ai voulu suivre à la lettre la phrase de Diane Arbus :

“A photograph is a secret about a secret. The more it tells you the less you know.” Diane Arbus

Ce qui m’a émue est la force des clichés des gens ordinaires, ces new-yorkais photographiés dans les années 60. Ils sont anonymes, mais montrent un sacré caractère :

Comme ces deux new-yorkaises par exemple, dont les images, les traits, sont géniaux !

Femme au chapeau de roses et aux lunettes papillon – New-York

New-yorkaise au chapeau et perles – 1967

Seul un photographe talentueux pouvait réaliser de tels portraits.

Mais j’ai été également fascinée par l’intemporalité de certaines de ses photos, qui auraient pu être prises en 2011 :

Jeune homme à Central Park

*****

Bien sûr, on retrouve les photos connues de Diane Arbus dont la terrible “enfant à la grenade, prise dans un parc à New York, tout comme les séries sur tous ces marginaux, qui vivent dans la marge, hors norme : travestis, hommes et femmes du monde du cirque ou du Barnum.

jeunes filles trisomiques – handicapées

En cela, Diane Arbus a fait preuve de courage pour nous montrer ce que nous refusons d’accepter, surtout dans les années soixante. Je renvoie à mon article qui traite plus particulièrement des photos prises de marginaux : Photographes Américaines : Diane Arbus

*****

Mais je pense que ce que j’aurais voulu emporter, ce que je voudrais posséder est l’édition spéciale “Arbus’s Box of Ten Photographs”, conçue avec Marvin Israel qui regroupait une sélection de 10 photos prises entre 1963 et 1970.  Diane Arbus en a vendu de son vivant, seulement 4 sets sur les 50 : deux à Richard Avedon, un à Jasper Johns et un à Bea Feitler, qui travaillait pour Harpers Bazaars, Vanity Fair. Donc trois personnes qui ont su être en avance sur leur temps !

Set box of 10 photographs – Diane Arbus

Textes protégés par Copyright : 2010-2011 © Swimming in the Space

Musée du Jeu de Paume : Claude Cahun

Alors que je sortais de ma torpeur, que je réussissais enfin à quitter cette chambre sombre, l’idée d’aller au jardin des Tuileries a traversé mon esprit.

Le temps maussade m’a incitée à me replier sur le Jeu de Paume. Je ne connaissais rien de Claude Cahun, à qui le musée dédie une exposition.

Je me suis aussitôt posée la question : Est ce un homme ? une femme ?

L’ambiguité du prénom renforce l’interrogation, le doute.

Très sincèrement, lorsque j’ai fait un tour à la librairie du musée (ce qui est une sorte de rituel pour moi), en promenant mes yeux sur les images des catalogues, des cartes postales, des affiches, j’avoue que j’étais persuadée qu’il s’agissait d’un homme.

Les quelques photos survolées m’ont laissé une impression d’ambivalence, de malaise, liés à l’ego sur-dimensionné de cette artiste.

*****

L’exposition est majoritairement une mise en scène de l’artiste, par le biais d’autoportraits. Il y a bien quelques photos de ses amis, de son amante, mais l’essentiel est focalisé sur sa personne.

En se mettant en scène ci-dessus, à travers des jeux de miroirs, ou des montages, Claude Cahun cherche très certainement à exprimer l’angoisse et l’horreur des camps de concentration.

Certes…

*****

La focalisation des clichés sur sa personne m’a vite ennuyée. Qu’est ce que l’oeuvre de Claude Cahun : sa différence, sa personne et sa personnalité, certes en avance sur son époque, ou bien ses photos ?

J’ai trouvé qu’en tant que photographe, elle est une artiste mineure. La proximité du mouvement surréaliste et de ses grands photographes ne jouent pas en la faveur de la pérennité de son oeuvre.

Son oeuvre n’a rien à voir également, avec celle d’autres photographes femmes, ayant vécu à la même époque.
Lisette Model, par exemple, a un vrai talent, une curiosité, un “ailleurs” à nous transmettre, à travers son regard sur ses contemporains.

Le nombrilisme, l’egocentrisme de Claude Cahun sautent aux yeux et m’a mise mal à l’aise, au point de survoler l’exposition tant celle-ci devenait ennuyeuse. Je me suis surprise à prendre un appel téléphonique de ma nièce durant la projection du film qui lui est consacré et à quitter l’exposition en marchant d’un pas rapide dans la dernière salle.

*****

Impossible donc de me concentrer sur cette exposition. Je ne sais si cela est du à la fatigue extrême, à la tristesse intense qui m’imprègnent, ou à autre chose. Impossible d’adhérer aux photos présentées. Les clichés sont minuscules, les salles sombres, exactement à l’opposé de ce que j’avais adoré dans ce lieu, où j’avais admiré les immenses photos et la lumière zénithale, idéale pour l’exposition en hommage à l’oeuvre de Richard Avedon.

De cette exposition, je retiendrai peut-être une ou deux photos de “mains” :

Les mains photographiées ici manquent de naturel, de douceur. Elles sont excentriques, à l’image de la photographe.

Les mains me fascinent toujours autant mais je préfère tellement plus, celles inventées par Louise Bourgeois, ces Welcoming hands, qui viennent à moi, avec douceur et discrétion, lorsque je les regarde, à chacun de mes passages, dans ce parc en plein coeur de Paris.

Textes protégés par Copyright : 2010-2011 © Swimming in the Space