L’effet aquatique

L’effet aquatique (the together project) est le dernier film de Solveig Anspach, malheureusement disparue en 2015. L’effet aquatique est une comédie romantique empreinte de légèreté et de fraicheur. Ce film est pure poésie. Le bleu piscine du bassin de Montreuil,  les paysages fabuleux de l’islande sont le théâtre des aventures de Samir, grutier à Montreuil, qui tombe follement amoureux d’Agathe, maitre nageuse…

Effet-Aquatique

 

Bleu Piscine : le plongeoir

Alors que le soleil était à son zénith, que la chaleur culminait, je marchais d’un pas ferme rue de Sèvres et rentrais en collision avec le présentoir du …. « Plongeoir ». La tête dans les étoiles, je lis bien PLONGEOIR…

C’est l’appel de l’eau, de la fraîcheur …qui me fait entrer au plongeoir. Je découvre alors ébahie un lieu, dont je n’avais pas soupçonné l’existence ni le caractère magique. Jamais je n’avais eu l’idée ou la curiosité de rentrer chez Hermés rue de Sèvres.

hermes-piscine-plongeoir-lutetia-swimminginthespace

L’endroit est divin, aéré, apaisant, frais, … Je descends lentement l’escalier central pour rejoindre le bassin de l’ancienne piscine du Lutétia. Je fais quelques longueurs.

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Les carrelages et mosaïques d’origine ont été conservées à certains endroits; Je ramasse mon drap de bains et remonte au Plongeoir. Peu convaincue par la carte, je retourne dans le bassin et trouve un canapé en cuir d’où je peux contempler l’architecture art déco splendide du lieu;

boutique hermes piscine lutetia rue de sevres -swimminginthespace

La boutique a ouvert en 2010 ou 2011…. Je ne le savais pas … Néanmoins, je trouve qu’Hermés a sû inventer un lieu unique, original, qui se démarque de la boutique emblématique de la rue du faubourg saint honoré, où tout est fouillis, un peu ancien;

Le plongeoir et cette boutique offrent l’espace idéal pour contempler les différents rayons nichés sous des espaces en bois qui fusent vers le plafond. Plus qu’une boutique, il s’agit presque d’un musée où les animaux en cuir, grandeur nature, vous transporteront dans un monde imaginaire, un monde pour les enfants.

J’aimerais m’y promener la nuit, nager dans cette piscine, en compagnie des jouets éveillés, de l’autre côté du miroir.

Bleu Piscine : Du Lotus Bleu au petit Livre Rouge

Comment ai-je connecté ces « dots », ces points qui auraient pu être des étoiles dans le ciel et représenter non pas le grand chariot ou la croix du Sud, mais mon dernier rêve qui m’a conduite en Chine. Je suis dans les étoiles.

Shanghai, midi.

Avec dans la main gauche mon Moleskine rouge, je sors du 88 Xintiandi, marche d’un pas soutenu vers la piscine de l’hôtel. J’ai besoin de me délasser. Seule dans la piscine, j’enchaîne les longueurs.

Langham - 88 Xintiandi swimmingpool
Langham – 88 Xintiandi swimmingpool

Allongée sur le transat, à moitié endormie, je me demande ce que vont donner ces retrouvailles avec Chang. Je revis la scène si étrange de l’hôtel Mandarin à Paris, où un messager est venu m’apporter l’invitation de Chang.  Et puis ces pensées s’envolent et j’aperçois le fantôme de Mao de l’autre côté de la piscine : Il me salue …

Mao Ze Dong

Mao Zedong

Je me frotte les yeux … c’est bien Mao Zedong ! Il plonge dans la piscine. Après tout, je ne rêvais peut-être pas : Mao adorait nager, au point de se faire construire une piscine intérieure, au sein de la cité interdite, et puis une également dans sa résidence près de Wuhan ! Il ne manquait pas de se faire photographier dans le Yang Tse (comme en 1966)

Le bleu de la piscine est alors, à mes yeux, aussi pur que celui de la couverture du Lotus Bleu.

La terre n’est-elle pas bleue comme une orange ?

Tintin-le-lotus-bleu

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J’ai diné hier au soir avec Chang. Parce que je lui avais sauvé la vie, dans une vie antérieure, Chang m’a offert un exemplaire de l’édition originale du Lotus Bleu. J’ai été saisie par cette coïncidence, comme si Chang avait pu lire mes pensées, rapprocher le bleu piscine de la couleur rouge, typiquement chinoise.

« Chang, je ne ressemble pourtant pas à Tintin… Et je ne t’ai pas sauvé de la noyade ».

Tintin sauve Tchang de la noyade - Yang tse

Tintin sauve Chang de la noyade – Yang Tse

Chang était ainsi : fidèle en amitié, depuis plus de trente ans. Alors que Cheng avait choisi des Dim Sum, je dégustais une poêlée d’endives à la Xiantiandi.

Je voyais Chang préoccupé et tentai de le distraire : « Je déteste l’amertume, sauf celle des endives ! ». Il esquissa un sourire avec sa bouche toute fine.

Tous les secrets qu’il a partagés avec moi, dont il s’est délivrés lors de ce dîner, sont lourds à porter. Je n’ai pu fermer l’oeil de la nuit. Je comprenais alors l’insistance de Chang pour que je le rencontre. Seule moi, pouvais comprendre la situation.

Délesté de ses maux, Chang me quitta vers 2h du matin, avec cette boutade : Tu as ton petit livre rouge avec toi ! Bienvenue en Chine !

« Oui, oui, merci encore pour le Lotus bleu, Chang !

« Non, je parlais de ton moleskine ! « . La porte de l’ascenseur se ferma à ce moment là.

Moleskine - Carnet- Couleur Rouge

Moleskine – Carnet- Couleur Rouge

Allongée sur le transat, à moitié endormie, je repense à la boutade de Chang, en me quittant. Et je décide de m’acheter le petit livre rouge de Mao, pour compléter le triptyque.

1964-Petit Livre Rouge - Mao Zedong

1964-Petit Livre Rouge – Mao Zedong

Bleu méditerranée : de l’Italie au Liban

Ce qui se dessine au fil de ce mois d’août, de ce mois de vacances, est le thème de la longueur.

La mer ondule, passe du bleu turquoise, au bleu nuit et déroule toute une palette de couleurs pour rejoindre le vert, l’espoir ou l’espérance. Le vis à vis n’existe pas : face à moi, le panorama s’étire sans obstacle.

riviera amalfitaine

Punta Tragara

Le ciel se fond bien dans la mer, sur la riviera amalfitaine, alors que le ciel et la mer sont dissociés à Jbeil.

Jbeil

Les jours défilent comme la bobine d’un film cinématographique, au ralenti. L’air iodé du bord de mer anéantit mes allergies. Mes larmes sont stoppées net.

Ce qui relie ces deux quinzaines, ces deux pays, pour en faire le trait d’union, est le front – celui de la mer. Le bien-être italien suite aux longues baignades quotidiennes dans la grande bleue m’aura-t-il réconciliée avec cet élément qui m’effrayait et converti aux longueurs, à la natation ?

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Et oui, alors que j’avais rêvé de marcher dans la vallée de la Qadisha, en allant de monastère en ermitage, je décidai, comme l’avion du 15 août, de changer d’itinéraire, à la dernière minute. Non, je n’irais pas à Damas, mais je demandais à Marwan, mon chauffeur que je retrouvais à l’aéroport de Beyrouth en ce 16 août, de stopper sa route à Jbeil, et d’abandonner la route vers le nord et la Qadisha. J’étais captivée, non pas par la longue route côtière, avec son paysage urbain invariablement laid, sale et bruyant mais attirée comme un aimant vers la mer. Il y a deux ans, je n’avais fait qu’une courte halte à Byblos. Je souhaitais revoir les ruines, le port, la citadelle.

Je ne marcherais donc pas, peut-être parce que je ne voulais plus de marche ou plutôt des marches. Les interminables escaliers italiens ont permis d’entretenir la forme.

Les longueurs dans la mer me manquaient.

Mais si je devais rester à Byblos, ce serait uniquement au BSM. Lors de mon passage il y a deux ans, l’hôtel était en rénovation complète. Il était totalement repensé. Il ne fut pas difficile de trouver une chambre dans la ville désertée. Ma chambre porte exactement le même numéro que celle de la chambre italienne. Le numéro 110 marquerait la continuité du bonheur, du bien-être.

Dès l’aube, que ce soit en Italie, ou au Liban, je partais nager, effectuer ces longueurs. Après 9 heures, le soleil était trop fort, éclatant. Ses rayons anéantissaient les couleurs. Une brume doucement envahissait le paysage, les montagnes, la mer. La mer blanchissait.

Je reprenais la natation en fin de journée, une fois que la couleur commençait à exister de nouveau, une fois que le disque solaire étirait au maximum l’ombre du parasol sur le sol.

Je suis dans la mer comme dans une matrice. Les muscles se dénouent au contact de l’eau. Bras, jambes, dos s’activent et fendent l’eau qui masse mon corps, le dénoue. Les tensions disparaissent. Mon corps s’assouplit au fil des mètres, des vagues, des aller et retour.

 

Bleu Piscine : Hôtel Saint James Albany, Paris

N’est-ce-pas merveilleux de sortir de chez le médecin avec une prescription, non pas de médicament, mais de natation ? En quittant l’immeuble cossu de l’avenue Paul Doumer, je relis doucement l’ordonnance : « Natation sur le dos, quarante cinq minutes, trois fois par semaine. »

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Après avoir plié l’ordonnance dans la poche de ma veste, je traverse à la hâte l’avenue, pour rejoindre la station Vélib, non loin. Le froid est tel que j’ai du mal à décrocher le vélo, à mouvoir mes mains. La bise souffle. Je pédale avec fougue tout le long du parcours : Trocadéro, avenue du Président Wilson, avenue Montaigne, Matignon, rue du Faubourg Saint Honoré pour prendre la rue d’Anjou. Je passe devant le 1728, pour rejoindre  la station en face chez moi. J’étais concentrée, lors de ce trajet nocturne, sur la circulation :  les voitures font des queues de poissons, déboitent, les portes des automobiles stationnées s’ouvrent sans me voir arriver en trombe…

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C’est en attendant l’ascenseur, en dépliant à nouveau ce papier blanc, recouvert d’une seule ligne,  en lisant cette écriture fine et inclinée d’une couleur bleue nuit que l’inquiétude m’envahit ! Et oui, c’est bien joli de devoir nager, mais pour cela il me faut une piscine. Certes, je pourrais m’allonger sur le dos dans ma baignoire, mais est-ce de la natation ? Je revois alors Jean Bouise, dans le film « Le Grand Bleu » s’exercer à la plongée dans sa baignoire. Je tiens une ordonnance entre mes mains, pas un ticket de cinéma. Il me faut  une vraie piscine, et aussi me trouver le temps. Comment par ce froid, faire du vélo avec les cheveux trempés ? Je regarde sur internet, et trouve vite les trente huit piscines à Paris. Aucune ne se trouve près de chez moi.

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Et puis, c’est l’éclair. Et oui, je pense à Claudine, cette amie de classe préparatoire, que j’ai retrouvée après trente ans, par hasard, en achetant un samedi de décembre, des Macarons, chez Pierre Hermé. Nos retrouvailles ont été « naturelles », comme si nous nous étions quittées au lycée Carnot, la veille, à la sortie du cours de Philosophie, de Sylviane Agacinski. Nous voyions de temps à autre, Jacques Derrida, son compagnon d’alors, venir la chercher à la fin des cours. J’avais même réussi à obtenir un autographe de lui. Il m’avait signé et apposé un gentil mot sur mon exemplaire de « la vérité en peinture ». « L’art » était le thème de cette année de prépa. Claudine n’avait pas changé, si ce n’est de nom, puisqu’elle est mariée. Elle habite à quelques encablures de chez moi, rue de l’Echelle. Perfect time, c’était l’heure du thé. Elle m’avait invitée à venir chez elle pour fêter ces retrouvailles. Son mari était en déplacement en Nouvelle Calédonie. Son fils avait intégré l’X l’année dernière et elle l’avait fiancé, lors d’une somptueuse réception à l’Hôtel Saint James et Albany, rue de Rivoli, l’été dernier.

– Le lieu est fabuleux, m’exclamai-je, en regardant les photos des fiançailles.

– Oui, cet hôtel a quelque chose de magique. Impossible de croire à une telle quiétude quand tu vois la façade rue de Rivoli, impossible de soupçonner ces jardins, ces cours intérieures, l’hôtel particulier du XVII ème siècle, impossible de penser à cette immense piscine qui se trouve au sous-sol. Elle n’a rien à envier à celle du Ritz.

Hôtel Saint James Albany – sur la gauche, hôtel du XVIIème, cour intérieure

Je voyais bien qu’elle trouvait son immense appartement un peu vide. Autour d’un café pour elle, d’un thé vert japonais pour moi, et de macarons, Claudine m’avait raconté les trente ans qui nous séparaient. J’avais fait de même, très rapidement. Claudine pensait que j’avais épousé Pierre, l’artiste peintre que je fréquentais alors. Elle ne pouvait imaginer le vide de ma vie.

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Les paroles de Claudine refaisaient surface et germa en moi, l’idée d’aller nager à l’hôtel St James. Je me souviens alors de la piscine fabuleuse du Park Hyatt à Tokyo. Située au 47ème étage, je l’avais eu pour moi seule, à chacun de mes séjours. En nageant sur le dos, j’admirais la voûte céleste et puis, allongée sur un transat, en prenant un thé, mes yeux se perdaient dans les couleurs bleues et vertes de la nuit tokyoïte. La ville s’étirait à perte de vue. En hiver, je pouvais clairement distinguer le mont FUJI.
Le désir de posséder la piscine du St James Albany monta en moi. Samedi, j’y fis un saut vers 17H30 : la visite de la piscine, la salle de repos, confortèrent le rêve qui se dessinait.

Piscine, Hôtel Saint James Albany,  202 rue de Rivoli, Paris, 75001

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Dimanche matin, j’ai franchi la discrète entrée de l’hôtel, rue du 29 Juillet. J’ai vite retrouvé mes repères et me suis présentée au SPA, pour accéder à la piscine.

L’endroit était désert. Seul, le bruit de l’eau rompait le silence. L’ombre règne autour de la piscine. Une atmosphère nocturne se dégage de l’espace, renforcée par le plafond bas suffisamment brillant pour refléter la clarté du bassin et les irisations venant des jets qui renouvellent l’eau.

Elle était d’une taille généreuse, pour une personne seule :15 mètres sur quatre. Un peu plus petite que celle du Park Hyatt de Tokyo.

 Je descends l’échelle et rentre doucement dans l’eau. La température est idéale, juste assez froide pour me donner envie de m’activer. J’avais l’impression d’être dans le film, Trois couleurs, Bleu, où Juliette Binoche a la Piscine de Pontoise pour elle seule, la nuit.

Je faisais mes longueurs, avec application, n’oubliant pas l’ordonnance du médecin. J’ai vite pris mes repères sur les murs, afin de ne pas cogner ma tête contre les deux bords. Une pendule m’indiquait l’heure. Au bout de trois quart d’heure, l’odeur du chlore commença à m’incommoder. Je me rappelai alors qu’on inspire dix fois plus d’air que la normale, lorsqu’on fait du sport. Malgré cela, je décidai de nager encore un quart d’heure.

J’imaginais évoluer dans le lac Vostok, cette étendue d’eau douce vierge, découverte il y a quelques jours, par les Russes en Antarctique.

Une piscine à 4000 mètres sous la calotte polaire, d’une superficie de la moitié de la Suisse ! Je commençais à délirer et surtout à avoir froid, signe de fatigue.

A 12H45, j’ai rejoint la salle de repos, me suis réchauffée avec des abricots secs et du thé vert. J’étais assoiffée. Je me suis sentie, délassée. Je commençais à mesurer les bénéfices de ce massage aquatique et me suis assoupie sur un transat. J’étais reposée, relaxée. Mes traits et mes muscles étaient détendus. Je me suis réveillée une heure plus tard. Le vestiaire était propre et garni d’une multitude de petits accessoires. Et des draps de bains tout chauds n’attendaient que moi. Je repérais aussi ce séchoir à cheveux qui me permettrait d’éviter d’attraper froid, en retournant chez moi, à bicyclette.

*****

Clairement, il me serait impossible de venir nager le matin de bonne heure, tant l’eau, la natation me délassent. Mais y retourner le soir serait une excellente idée. La piscine ferme à 22 heures.

A 14H30, en quittant les lieux, le soleil avait disparu. Le ciel était envahi de nuages pommelés. J’ai regagné mon domicile et suis littéralement tombée de sommeil pour me réveiller à plus de 18 heures : Quel divin massage !

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