The Third Murder – Hirokazu Kore-Eda

Avant de démarrer mon article, je voulais mettre un lien vers un blog dédié au cinéma dont la qualité m’a éblouie : Strum

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The Third Murder – Sandome no satsujin

J’ai un peu abandonné mes 2 séances de cinéma hebdomadaires depuis quelques temps, me consacrant davantage à la lecture de livres de Curzio Malaparte qu’au cinéma.

Cependant, j’apprécie vraiment beaucoup le réalisateur japonais, Hirokazu Kore-Eda, même si j’ai été un petit peu déçue par ses deux derniers films (Après la tempête et Notre petite soeur). A mes yeux, le trio de tête est :  Nobody knows, puis Still Walking et un peu plus loin : Tel père, Tel fils.

Donc, je suis allée voir The Third Murder avec une petite appréhension … : Mais j’en sors tout juste ce soir et …. j’ai été complètement renversée par ce film … Et donc mon trio de tête est bouleversé : The Third Murder est proche du summum qu’est  Nobody Knows.

Ce film n’a rien d’un film policier à mon sens, tel qu’il est présenté en France. C’est avant tout un film psychologique, qui restitue toute la complexité de la culture nipponne. Et sincèrement, je pense que je n’aurais pas saisi le film ou qu’il ne m’aurait pas autant touchée, si je n’étais pas allée si souvent au Japon, si je n’avais pas côtoyé de manière intime ou intimiste la culture japonaise et toute la complexité de ce pays !

L’intrigue policière n’est à mes yeux qu’un prétexte pour aborder et traiter les liens psychologiques entre les différents personnages. J’ai retrouvé évidemment les thèmes si chers à Hirokazu Kore-Eda notamment les liens filiaux et familiaux, les enfants au coeur de ses films, mais aussi la manière dont Kore-Eda restitue l’âme japonaise : le sentiment de culpabilité, le déni, la sauvegarde de la réputation, le sacrifice, l’honneur, mais aussi la célébration de la nature (paysages d’Hokkaido, animaux (ces canaris), les arbres, le vent, …). J’ai ressenti par moment la nature littéralement envahir cette minuscule salle de cinéma. La nature est adoration au Japon. En aparté, si les japonais habitent principalement dans des mégalopoles, sur la côte, la quasi totalité du Japon est difficile d’accès et est très préservée : montagnes, volcans, tremblements de terre…. Donc, le japonais, malgré son manque d’espace trouve toujours de petits endroits pour célébrer la nature : un tout petit jardin, des plantes, des animaux ….

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Copyright Carole Darchy – Gestion de l’espace d’une machiya – KYOTO novembre 2004

Les intérieurs japonais sont restitués à merveille. Kore-Eda joue également avec l’ombre et la lumière en “éblouissant” et magnifiant l’ombre japonaise ! Il faut lire ou relire l’éloge de l’ombre, de Junichiro Tanizaki,  connaître l’attrait des japonais pour les intérieurs sombres pour pouvoir capturer l’immense travail fait dans le film. Toujours en aparté, les lieux les plus prisés au Japon, sont les pièces du rez-de-chaussée qui donnent sur les jardins japonais. Les japonais se protègent volontairement de la lumière pour faire ressortir l’ombre grâce à de nombreux subterfuges : bassesse des plafonds, mais aussi “shojis” (panneaux en papiers blancs), et de nombreux stores en bambou. Alors qu’en occident nous recherchons la clarté, le soleil !

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Copyright Carole Darchy – Suite SAKAE du Ryokan Tawaraya – KYOTO – juillet 2005

L’histoire, l’intrigue policière apparaîtra peut-être bancale à certains, mais le fil du film n’est pas selon moi, le crime. Et puis, il y a tant de mensonges, de non dits, de suggestions, que la vérité est sans importance, sans aucune importance. Il faut davantage réfléchir sur la recherche de la vérité que sur la vérité elle même, réfléchir également  sur l’acceptation ou le refus et le déni … et les raisons à tout cela…

En revanche, Hirokazu Kore-Eda présente une vision intéressante de l’institution judiciaire au Japon. La peine de mort existe toujours bien au Japon. Mais il faut savoir et ceci n’est pas mentionné dans le film, qu’un condamné à mort au Japon ne sait pas quand il va mourir : on vient le chercher le matin de son exécution, sans le prévenir, et il peut attendre seulement quelques jours ou de nombreuses années. Ceci sous-tend une certaine cruauté dans la mesure où aucune préparation n’est possible, ni pour le condamné, ni pour la famille. De toutes les façons, notre présumé coupable prend ses distances avec la vie, donc la mort de manière assez singulière…

Les personnages sont tous justes, merveilleux :

  • le présumé coupable avec son incapacité à tenir un discours cohérent, ses mensonges maladroits, sa peur de dire la vérité, sa solitude, sa rébellion soudaine, l’acceptation de son sort, son sourire, la poésie qui se dégage de sa personne, …
  • la fille de la victime – cet enfant handicapée au coeur du film qui vit un vrai dilemme : sauvegarder l’honneur de sa mère, sauver le coupable en culpabilisant son père, en songeant à inventer l’horreur pour préserver la réputation de l’entreprise paternelle.  Elle pourrait faire tout basculer,
  • mais aussi l’avocat qui se laisse “capturer”, envouter par le présumé coupable, sans oublier le père de l’avocat ainsi que sa fille.

Le lien qui se tisse entre le présumé coupable et l’avocat est traité de manière grandiose : les mains de ces deux hommes, leurs rencontres au parloir, ces jeux de vitres, les visages qui s’entremêlent. Et une nouvelle fois, le crime n’est qu’un prétexte et peu importe la réponse à cette énigme; car il n’y en a pas et la réponse serait de toute façon  complètement secondaire…

Le présumé coupable a par moments des regards merveilleux vers le ciel, …. J’ai gravé dans ma mémoire, son regard au parloir où il lève les yeux en implorant qu’on le croît … J’ai aussi gravé cet instant de pure poésie où il essaie d’attirer à lui un oiseau (symbole de liberté) depuis sa cage à lui, sa cellule …

Je pense que mon prochain voyage au Japon sera pour me rendre dans l’île d’Hokkaido afin d’aller au coeur de la nature japonaise. Le présumé coupable est originaire d’Hokkaido et finalement même  si le spectateur n’en voit que très peu dans le film, si ce n’est la neige, Hirokazu Kore-Eda m’a fait rêver à Hokkaido. Ce film est une coïncidence, en plus d’autres croisées cette année : je sais désormais que je suis prête pour aborder cette île septentrionale.

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Textes et images protégés par Copyright : 2010-2018 © Carole Darchy

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Samedi 17 février 2018 :

16H. En sortant de chez moi, en tirant et enjambant cette lourde porte cochère bleu nuit, je suis tombée sur HANS. J’ai croisé son regard l’instant d’une seconde, mais que cette seconde a été intense et belle ! Je suis restée en arrêt. Surprise, saisie par ce moment idéal, ma bouche s’est ouverte pour faire un “Ah”, mais aucun son n’est sorti, et je suis restée muette.

HANS a remarqué ma surprise. M’a-t-il reconnue ? Cela va faire plus de 20 ans que je l’ai vu pour la dernière fois, lors d’une soirée inoubliable à son domicile où je me rendais souvent avec M., son ami qui partageait ma vie à l’époque.

Non, je n’ai pas pu lui parler. Je n’ai pas su exprimer mon émotion avec des paroles. Le féliciter pour la splendeur de ses travaux et son succès mondial était bien trop banal et fade à mes yeux. Cet inattendu m’a littéralement désarmée, rendue timide, inexistante.

Alors, après quelques foulées, je me suis arrêtée et je me suis retournée. Je n’ai pu que le contempler s’éloigner tout doucement de moi, puisque nous n’allions pas dans le même sens. Il devait penser et prenait tout son temps. Je regardais ce long manteau noir et cette écharpe s’amenuiser progressivement le long de la rue Malaparte. La silhouette s’estompait, est devenue une lettre L, une lettre I, puis un point et a finalement disparu.

Les traits si fins de son visage se sont marqués. Son corps s’est épaissi. Jadis, il était si fluet que son ombre ne semblait pas exister. Sa silhouette spectrale tranchait avec son caractère tyrannique et obsessionnel. L’intelligence d’HANS était telle qu’il donnait l’impression de se tenir en fragile équilibre, sur cette fine ligne, entre génie et folie ! Son regard a conservé toute sa délicatesse mais j’ai pu y lire son tourment, demeuré intact. J’entends encore le son de sa voix rauque et son léger accent levantin, unique, adorable qui me ravissaient, comme si c’était hier.

Je me suis donc conduite en japonaise et ai attendu qu’il disparaisse de mon champ de vision, pour reprendre mon chemin. J’ai couru à perdre haleine pour ne pas arriver en retard à ma séance de cinéma.

Bouleversée par cette rencontre inopinée, je ne pensais qu’à HANS. J’étais tellement envahie, que les dix premières minutes du film m’ont totalement échappé. Et puis, le personnage joué par Daniel Day-Lewis a réussi à m’envoûter car sa folie douce ressemblait un peu à celle de HANS, dans un autre univers artistique et intellectuel.

Je dois donc revoir “Phantom Thread”, cette fois-ci dans son entièreté mais aussi pour  faire renaître ce fil qui me liait à HANS.

Vendredi 17 février 2018:

Je passe mes nuits à lire des livres de Malaparte et sur Malaparte. J’en lis au moins 5 en parallèle.

Après m’être replongée dans la biographie de Maurizio Serra, je lis Malaparte m’écrivait de René Novella, son traducteur. Malaparte à contre-jour d’Orféo Tamburi, son illustrateur est presque fini mais j’ai aussi découvert cet inédit de Malaparte,  Febo, cane metafisico, et enfin je lis avec attention cette psychanalyse de lui-même Une femme comme moi. De fil en aiguille, m’est venue l’idée d’écrire un texte sur son bestiaire. Chiens, chevaux, mais aussi rats, poissons, rennes, oiseaux, insectes sont partout dans son oeuvre…. Je vais m’atteler à écrire ce texte dont le titre sera : Le bestiaire de Malaparte.

Que j’aurais voulu rencontrer ce personnage extraordinaire, un peu dérangé tout de même qu’est Curzio Malaparte.

Son amour pour les chiens – dont le célèbre Febo à qui il écrivait des cartes postales : Febo Malaparte, Capri –  me désarçonne un petit peu. De surcroît Malaparte aboyait, adorait aboyer ! Bien sûr, cela fait partie de son personnage fantasque.  Mais les pages des différents chapitres d’une femme comme moi sont vraiment troublantes et ajoutent une couche de complexité au personnage déjà difficile à cerner. Quel narcissisme ! Déjà Malaparte appelait sa maison “casa come me”. Dans ce livre, tout y passe : une femme comme moi, un chien comme moiun jour comme moiune ville comme moiune terre comme moi, un saint comme moi (saint de Prato), sans oublier un texte sur son père, dépeignant son attrait pour Goethe, sa qualité hors-pair de tireur de pistolet, sa dualité : douceur italienne, colère allemande. Il semble fasciné par sa virilité, son amour de la terre.

Dimanche 18 février 2018

Cet après-midi, au jardin du Luxembourg, j’ouvre au soleil avec délice l’exemplaire N°9, sur vélin pur fil Lafuma Navarre du livre de Malaparte “il y a quelque chose de pourri” trouvé par chance et pur hasard à moins de 5€. Ce livre sous-estimé, comme le dit si bien Maurizio Serra, est un excellent complément à Une femme comme moi car il contient entre autres deux chapitres, qui se révèlent être, dans un certain sens, une  psychanalyse complémentaire de l’écrivain :

  • un texte sur sa mère : Une mère pourrie
  • et un traitant de l’homosexualité dans  Sexe et liberté.

Mais les horribles perruches si bruyantes qui envahissent le jardin du Luxembourg, depuis deux à trois ans, ont détourné mon attention.

J’ai alors regardé un instant le ciel, et j’ai rêvé :  je me remémorais la dédicace si belle de G.Bataille sur l’exemplaire du Bleu du ciel que j’avais trouvé et qui représentait pour moi l’exemplaire parfait que je voulais intégrer dans ma bibliothèque !

Je voyais dans ce ciel, la couverture du Bleu du ciel, et ce livre idéal, envolé, bien rangé dans la bibliothèque du libraire qui ne voulait plus le vendre !  :  Le ciel vers 15H, avait étonnamment, exactement la couleur bleue de la couverture, et quelques nuages pommelés y étaient semés, comme sur le livre !

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Le bleu du ciel, 15H, Jardin du Luxembourg, dimanche 18 février 2018

Vendredi 22 février 2018

Encore au travail à 20H30. Je reçois une petite tape sur mon épaule. C’est Jean qui me propose du Whisky japonais, pour célébrer l’arrivée de ce week-end tant mérité.  La bouteille qu’il me montre est de la marque “NIKKA”.

La coïncidence est troublante.

Mardi, le libraire qui ne voulait plus me vendre le Bleu du ciel m’a envoyé un très joli message qui a éclairé ma journée. Il m’a offert le plus beau des cadeaux en se ravisant et me réservant son exemplaire. Dans son petit texte, il me relate que curieusement, pendant de longs mois, il fut sur les écrans de TV japonais à vanter les mérites du whisky Nikka !

Je n’aime vraiment pas le whisky mais n’ai pu m’empêcher d’en boire une gorgée !

Je découvre ce week-end, dans le catalogue de sa librairie un nombre impressionnant de  livres de photos sur le Japon, pays que j’adore …

Dimanche 25 février 2018

Pauline a 18 ans ! Ma filleule porte à merveille son prénom.

Indomptable,  pleine d’espoir, elle a la beauté, le port fier, la sensibilité, la fidélité de Pauline de Théus, personnage du Hussard sur le toit de Giono.

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Le ryokan Tawaraya à Kyoto

Pour terminer mon séjour printanier au Japon, j’ai décidé de retourner passer deux jours dans le ryokan TAWARAYA, un endroit exceptionnel où il faut absolument se rendre au moins une fois dans sa vie. Pour ne pas perdre une minute de mon séjour, j’arrive pile à 15h, heure à partir de laquelle les chambres sont accessibles.

Les couloirs sont  toujours aussi sombres et vides. Ils sont éclairés par des lampes basses disposées devant des paravents. Je ne croise aucun hôte.

Lorsque je suis rentrée dans ma chambre, j’ai eu le sentiment que le temps était suspendu. Le jardin japonais semblait figé hors du temps. La mousse vert macha magnifie le jardin.

Photo Carole DARCHY- Mars 2017 - Jardin de la suite SAKAE - Ryokan TAWARAYA - KYOTO JAPON - Reproduction interdite

Photo Carole DARCHY- Mars 2017 – Jardin de la suite SAKAE – Ryokan TAWARAYA – KYOTO JAPON – Reproduction interdite

Chaque brin  d’herbe semble avoir été taillé à bon escient. Rien ne semble laissé au hasard, même cet oiseau qui vient boire à la fontaine.

Le dépouillement de ma chambre magnifie la tranquillité et conduit à la sérénité. Un rouleau de calligraphie et un minuscule vase avec une fleur de camélia sont disposés dans le tokonoma, petite alcôve.

L’heure du bain japonais arrive vite. Une spacieuse baignoire en cyprès remplie à ras bord m’attend. Des couvercles en bois sont disposés dessus, afin de conserver la chaleur de l’eau. Je me délasse dans l’eau et profite de ce moment privilégié.

Le diner est servi à 18h, dans ma chambre. Il s’agit d’un kaiseki, succession de 6 à 8 petits plats à la décoration exquise.  La disposition des mets est tout aussi importante que le goût des aliments précieux. KAZU, ma fidèle femme de chambre qui me sert mon diner m’explique en détail la composition de chaque plat. Le kaiseki se termine par du riz, au cas où l’hôte aurait encore faim.

Peu après le diner terminé, KAZU prépare mon futon. Demain, la journée me permettra de voir les premiers cerisiers en fleurs, et célébrer le renouveau du printemps.

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Le meilleur du Japon à Paris – 6ème arrt

Nota : La photo en bandeau de cet article m’appartient : il s’agit de l’entrée du Ryokan TAWARAYA, à Kyoto, Japon – Photo de février 2005 – Reproduction interdite

Un paradoxe que de retrouver le Japon, du côté de chez Proust, près de la rue Malaparte. Oui, car le meilleur du Japon à Paris, a la réputation d’être ancré, davantage de l’autre côté de la Seine, non loin du côté de chez Swann, près du Palais Royal.

Les endroits ou instants japonais que j’élis dans le 6ème sont des lieux où j’aurais retrouvé le japon que j’aime.

Les massages de chez ASSA, dans la jolie rue Christine : 

Institut ASSA, Rue Chistine

ASSA, 8 Rue Christine

Un lieu secret, que le passant ne remarquera pas. Il faut vagabonder pour dénicher ASSA. En sonnant et poussant la porte, dès le premier coup d’oeil dans l’espace d’accueil, j’ai été conquise par l’espace épuré, la sobriété du lieu, les petits détails qui font retrouver le Japon :

– un petit tas de sel est disposé près de la porte, au sol.

– Masa prend soin des chaussures, comme de vos pieds. Des chaussons vous sont remis à votre arrivée, les chaussures sont alors rangées… Lorsque vous ressortez du SPA, vos chaussures, bien rangées, vous attendent avec une tasse d’Hojicha, disposée sur un plateau avec une théière…

– Les massages de Shiatsu sont prodigués exactement comme au japon. Le contact direct du masseur  avec votre peau est limité au minimum. Votre corps, est recouvert, non seulement par un kimono en lin et coton, mais aussi de draps et serviettes. La presso thérapie n’est nullement altérée. Les gestes précis, la pression idéale sur les points, l’ambiance zen  font que vous ressortez délié, reposé, …. 45 minutes, à une heure de bonheur et un vrai voyage au coeur du japon.

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Tzukizi : A prononcer le nom, j’entends le bruit des couteaux du chef, derrière le “bar” à Sushis, qui sont en train d’être acérés avant de trancher saumons, dorades, thons, seiches…. Regarder le chef au travail est un régal, … manger le sashimi qui vous est amené promptement, également.

Tzukizi, 2 bis rue des ciseaux

Tzukizi, 2 bis rue des ciseaux

L’endroit est minuscule dans la non moins étroite, rue des ciseaux. Un lieu plein de lames donc !

Et il est bien difficile d’avoir une place, tant l’endroit est fréquenté, par des japonais, les habitués du quartier …

Un seul bémol, … les poissons dans les formules du déjeuner sont certes excellents mais n’ont rien d’exceptionnels. Pour un poisson plein de goût, il faut prendre les plats à la carte.

Jugetsudo : Boutique de thé japonais

Jugetsudo, 95 rue de Seine

Jugetsudo, 95 rue de Seine

A l’angle de la Rue de Seine et des quatre vents,… Là aussi, il faut sonner pour entrer… mais vous découvrirez un espace de sérénité et pourrez déguster quelques petites tasses de thé. Ambiance japonaise garantie. De merveilleux services à thé sont disposés sur les étagères.

A noter un excellent thé en sachet  : le Mecha…. étonnant même. Puisqu’un peu de poudre de Matcha a été ajoutée aux feuilles classiques de thé vert.

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Goûtez également les petits sablés au gingembre, parfaits pour accompagner un matcha ou koicha.

Le moins : prix élevé, choix de thé restreint.

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Muji : les deux boutiques de la rue Saint Sulpice

Muji …. Déjà le MU est une synthèse de l’esprit japonais : Comment représenter le vide (puisque Mu signifie vide, rien….) avec un des signes les plus compliqués en japonais !!!

Muji, 27 et 30 rue Saint Sulpice

Muji, 27 et 30 rue Saint Sulpice

Et puis, les objets qu’on y trouve sont vraiment TOTALEMENT japonais…. comme :

– l’indispensable papier matifiant : 150 fines feuilles de papier pour absorber l’excès de sébum sur le nez. Vous en trouvez partout au japon ….

– le bonnet anti pluie (qui ressemble à un bonnet de douches qu’on trouve dans les chambres d’hôtel) pour protéger votre casquette de la pluie….

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– la paire de gants “tactiles” pour taper des SMS sur votre iphone lorsqu’il fait trop froid ….

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Tanakaya, estampes japonaises, 4 rue Saint Sulpice

Le lieu était fermé dimanche, quand je l’ai découvert … Ecrin dans une boutique minuscule, avec principalement des estampes mais aussi des bibelots japonais.

Tanakaya, 1à rue Saint-Sulpice

Tanakaya, 10 rue Saint-Sulpice

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AOKI, Patisserie japonaise, 35 rue de Vaugirard

Les japonais ne sont pas doués pour la patisserie…. L’endroit se veut sobre et design… bien placé près du jardin du Luxembourg. Mais les produits (notamment les macarons…) manquent d’imagination et ne sont pas bons…. L’accueil n’a pas été terrible et cela est bien étonnant pour une boutique japonaise. Je n’ai peut-être pas eu de chance ….

Quatre japonaises rue Malaparte

En sortant de chez moi, en ouvrant la lourde porte cochère alors qu’il était à peine 8h30, je suis tombée sur 4 japonaises.

Un voyage dans l’espace et le temps s’offrait à moi.

Elles avaient leurs habits d’apparat, et semblaient être en mission diplomatique. De larges obi dans les plus belles soies venaient ceindre leur taille et habiller leur fin kimono d’été. Elles peinaient à se mouvoir avec leurs “geta” en bois. Des tabis blancs enveloppaient leurs pieds. Les cheveux, coiffés en chignon de “Geisha” étaient tenus avec moult épingles et peignes. Malgré cette difficulté à bouger, les bouches étaient déliées et la conversation vive. Elles semblaient perdues, lost in translation. Un plan en main, elles cherchaient à s’orienter, désespéraient de trouver un repère, tournaient sur elles mêmes, comme les aiguilles d’une pendule et faisaient du “sur place”, devant mon porche.

Malgré tout le travail qui m’attendait, je proposais mon assistance aux jeunes nippones. Pierre Hermé, … Voilà ce qu’elles cherchaient, découvris je très vite.

Je fus surprise de constater, à quel point, le désir de quelques macarons français, était intense, à son summum, pour susciter un tel déplacement, un tel engouement ! Evidemment je me suis bien gardée de leur dire ce que je pensais des macarons de Pierre Hermé. J’aurais tant voulu qu’elles apprécient ceux de chez Mulot, ou mieux encore, les macarons oubliés de la petite station balnéaire, nichée au fond du Cotentin !

La boutique est au coin de la rue. Elles sont tout près du but,… Je leur indique le chemin à suivre, les cinquante mètres à faire pour atteindre leur paradis artificiel.

Mon imagination me les fait voir, comme quatre alpinistes, à cent mètres du sommet de l’Everest, avec des bouteilles à oxygène presque vides.

Je me transforme en sherpa et prends la tête de ce convoi insolite, place Saint Sulpice. Elles m’insufflent de la bonne humeur, en me répondant qu’elles viennent du Japon…. Où au Japon ? Kyoto.

Je les abandonne devant la fameuse boutique qui ouvre à 10h00. Une heure et demi encore à attendre pour les quatre kyotoïtes….

Textes protégés et images protégées par Copyright : 2010-2018 © Swimming in the Space