Bleu Piscine : le plongeoir

Alors que le soleil était à son zénith, que la chaleur culminait, je marchais d’un pas ferme rue de Sèvres et rentrais en collision avec le présentoir du …. « Plongeoir ». La tête dans les étoiles, je lis bien PLONGEOIR…

C’est l’appel de l’eau, de la fraîcheur …qui me fait entrer au plongeoir. Je découvre alors ébahie un lieu, dont je n’avais pas soupçonné l’existence ni le caractère magique. Jamais je n’avais eu l’idée ou la curiosité de rentrer chez Hermés rue de Sèvres.

hermes-piscine-plongeoir-lutetia-swimminginthespace

L’endroit est divin, aéré, apaisant, frais, … Je descends lentement l’escalier central pour rejoindre le bassin de l’ancienne piscine du Lutétia. Je fais quelques longueurs.

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Les carrelages et mosaïques d’origine ont été conservées à certains endroits; Je ramasse mon drap de bains et remonte au Plongeoir. Peu convaincue par la carte, je retourne dans le bassin et trouve un canapé en cuir d’où je peux contempler l’architecture art déco splendide du lieu;

boutique hermes piscine lutetia rue de sevres -swimminginthespace

La boutique a ouvert en 2010 ou 2011…. Je ne le savais pas … Néanmoins, je trouve qu’Hermés a sû inventer un lieu unique, original, qui se démarque de la boutique emblématique de la rue du faubourg saint honoré, où tout est fouillis, un peu ancien;

Le plongeoir et cette boutique offrent l’espace idéal pour contempler les différents rayons nichés sous des espaces en bois qui fusent vers le plafond. Plus qu’une boutique, il s’agit presque d’un musée où les animaux en cuir, grandeur nature, vous transporteront dans un monde imaginaire, un monde pour les enfants.

J’aimerais m’y promener la nuit, nager dans cette piscine, en compagnie des jouets éveillés, de l’autre côté du miroir.

Le meilleur du Japon à Paris – 6ème arrt

Un paradoxe que de retrouver le Japon, du côté de chez Proust, près de la rue Malaparte. Oui, car le meilleur du Japon à Paris, a la réputation d’être ancré, davantage de l’autre côté de la Seine, non loin du côté de chez Swann, près du Palais Royal.

Les endroits ou instants japonais que j’élis dans le 6ème sont des lieux où j’aurais retrouvé le japon que j’aime.

Les massages de chez ASSA, dans la jolie rue Christine : 

Institut ASSA, Rue Chistine

ASSA, 8 Rue Christine

Un lieu secret, que le passant ne remarquera pas. Il faut vagabonder pour dénicher ASSA. En sonnant et poussant la porte, dès le premier coup d’oeil dans l’espace d’accueil, j’ai été conquise par l’espace épuré, la sobriété du lieu, les petits détails qui font retrouver le Japon :

– un petit tas de sel est disposé près de la porte, au sol.

– Masa prend soin des chaussures, comme de vos pieds. Des chaussons vous sont remis à votre arrivée, les chaussures sont alors rangées… Lorsque vous ressortez du SPA, vos chaussures, bien rangées, vous attendent avec une tasse d’Hojicha, disposée sur un plateau avec une théière…

– Les massages de Shiatsu sont prodigués exactement comme au japon. Le contact direct du masseur  avec votre peau est limité au minimum. Votre corps, est recouvert, non seulement par un kimono en lin et coton, mais aussi de draps et serviettes. La presso thérapie n’est nullement altérée. Les gestes précis, la pression idéale sur les points, l’ambiance zen  font que vous ressortez délié, reposé, …. 45 minutes, à une heure de bonheur et un vrai voyage au coeur du japon.

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Tzukizi : A prononcer le nom, j’entends le bruit des couteaux du chef, derrière le « bar » à Sushis, qui sont en train d’être acérés avant de trancher saumons, dorades, thons, seiches…. Regarder le chef au travail est un régal, … manger le sashimi qui vous est amené promptement, également.

Tzukizi, 2 bis rue des ciseaux

Tzukizi, 2 bis rue des ciseaux

L’endroit est minuscule dans la non moins étroite, rue des ciseaux. Un lieu plein de lames donc !

Et il est bien difficile d’avoir une place, tant l’endroit est fréquenté, par des japonais, les habitués du quartier …

Un seul bémol, … les poissons dans les formules du déjeuner sont certes excellents mais n’ont rien d’exceptionnels. Pour un poisson plein de goût, il faut prendre les plats à la carte.

Jugetsudo : Boutique de thé japonais

Jugetsudo, 95 rue de Seine

Jugetsudo, 95 rue de Seine

A l’angle de la Rue de Seine et des quatre vents,… Là aussi, il faut sonner pour entrer… mais vous découvrirez un espace de sérénité et pourrez déguster quelques petites tasses de thé. Ambiance japonaise garantie. De merveilleux services à temps sont disposés sur les étagères.

A noter un excellent thé en sachet  : le Mecha…. étonnant même. Puisqu’un peu de poudre de Matcha a été ajoutée aux feuilles classiques de thé vert.

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Goûtez également les petits sablés au gingembre, parfaits pour accompagner un matcha ou koicha.

Le moins : prix élevé, choix de thé restreint.

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Muji : les deux boutiques de la rue Saint Sulpice

Muji …. Déjà le MU est une synthèse de l’esprit japonais : Comment représenter le vide (puisque Mu signifie vide, rien….) avec un des signes les plus compliqués en japonais !!!

Muji, 27 et 30 rue Saint Sulpice

Muji, 27 et 30 rue Saint Sulpice

Et puis, les objets qu’on y trouve sont vraiment TOTALEMENT japonais…. comme :

– l’indispensable papier matifiant : 150 fines feuilles de papier pour absorber l’excès de sébum sur le nez. Vous en trouvez partout au japon ….

– le bonnet anti pluie (qui ressemble à un bonnet de douches qu’on trouve dans les chambres d’hôtel) pour protéger votre casquette de la pluie….

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– la paire de gants « tactiles » pour taper des SMS sur votre iphone lorsqu’il fait trop froid ….

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Tanakaya, estampes japonaises, 4 rue Saint Sulpice

Le lieu était fermé dimanche, quand je l’ai découvert … Ecrin dans une boutique minuscule, avec principalement des estampes mais aussi des bibelots japonais.

Tanakaya, 1à rue Saint-Sulpice

Tanakaya, 10 rue Saint-Sulpice

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AOKI, Patisserie japonaise, 35 rue de Vaugirard

Les japonais ne sont pas doués pour la patisserie…. L’endroit se veut sobre et design… bien placé près du jardin du Luxembourg. Mais les produits (notamment les macarons…) manquent d’imagination et ne sont pas bons…. L’accueil n’a pas été terrible et cela est bien étonnant pour une boutique japonaise. Je n’ai peut-être pas eu de chance ….

Roy Lichtenstein au Centre Pompidou – Beaubourg

Pour vous préparer à la visite de l’exposition qui se tient à Beaubourg :
du 3 juillet 2013 au 4 novembre 2013, de 11h00 à 21h00

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“We Rose Up Slowly…

As if we didn’t belong to the outside world any longer…

like swimmers in a shadowy dream…

who didn’t need to breathe…”

J’aime beaucoup la peinture de Roy Lichtenstein. Avant de lui consacrer un texte plus global, qui parcourrait son oeuvre, je souhaitais faire un zoom, sur un de ses tableaux.

C’est un tableau, que j’avais rangé soigneusement dans un coin de mes pensées, avant de réaliser, par accident, ce matin, en voyant poindre des boutons rouges sur ma peau, que ce tableau irait parfaitement dans mon espace d’écriture, au coeur de « Swimming in The Space », qui, finalement, aurait pu tout aussi bien s’appeler : « Swimming in a Dream ».

Ce tableau peint en 1964, se situe au Musée d’Art moderne de Frankfurt.

Ce tableau m’aura fait rêver, m’aura transportée, grâce je crois à cette association unique de ce texte fluide comme la pensée, comme un rêve, une avalanche de bonheurs, et l’image de ces deux êtres en extase.

Il est tout à fait représentatif et classique de la période la plus « romance » et « comic strip » de R.Lichtenstein, avec toute la thématique qu’elle porte :

– la femme telle une icône aux cheveux blonds (celle ci ne pleure pas),

– l’homme,  une icône lui aussi,

– le thème du baiser, du désir,  si présent dans les peintures de ce cycle,

– la présence du texte associé à l’image, comme dans une bande dessinée,

– ce mouvement, cette force tourbillonnante, comme si les deux amants aux yeux fermés, aux corps dénudés, étaient en train de se renverser, vivaient un rêve.

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J’ai inclus ci dessous, un zoom de ce tableau qui montre parfaitement les « dots », tous ces points rouges qui forment le visage de la femme mais aussi, celui de l’homme.

Zoom du tableau : « we rose up slowly… »

Roy Lichtenstein :

« [The kind of girls I painted were] really made up of black lines and red dots. I see it that abstractly, that it’s very hard to fall for one of these creatures, to me, because they’re not really reality to me. However, that doesn’t mean that I don’t have a clichéd ideal, a fantasy ideal, of a woman that I would be interested in. But I think I have in mind what they should look like for other people. »

Dans cette peinture, R.Lichtenstein se focalise sur ces points rouges. Ces points rouges qui forment, de loin, la peau de cette femme. Ce zoom montre le caractère très précis, de sa peinture faite de « dots », de traits noirs, de couleurs flamboyantes.

Une vidéo : http://www.charlierose.com/view/interview/2743 montre l’artiste réaliser ce genre de tableau, avec une méticulosité impressionnante.

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Enfin, je voulais avoir une pensée, pour Léo Castelli, qui m’a reçue plusieurs après-midi, dans sa galerie de West Broadway, lors de mon année passée à New York en 86-87. Je me souviens parfaitement de ces moments privilégiés, passés en sa compagnie, où le temps ne comptait pas, tant il était heureux de me faire découvrir dans sa réserve les tableaux qu’il appréciait tout spécialement et de me parler de ses artistes, dont Roy Lichtenstein a fait partie.