En route pour le Népal

avec Solidarité Enfance Asie !

J’ai été moins présente sur cet espace d’écriture en mars et avril.  J’ai disposé de moins de temps car je travaille à un projet épatant. Hier, j’ai activé le blog de l’association qui a eu la gentillesse de m’inviter à la rejoindre : Solidarité Enfance Asie

Qui aurait dit, que je me retrouverais membre d’une association, moi qui suis si peu altruiste, qui vis dans un cocon privilégié, même s’il est empreint de souffrance ?

Aider les autres c’est exister, d’une certaine manière, exister dans les yeux d’autrui.  Ainsi, depuis un mois, ai-je découvert, comme l’a si bien dit, Marcel Proust, que :

Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.

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Le Népal est un pays que je ne connais pas mais qui m’a toujours fait rêver.  Ce pays m’inspire  :

  • l’aventure, la littérature, le voyage :

Je pense bien sûr aux écrits  d’Alexandra David-Neel, Ella Maillart, Henri Michaux …

  • L’altitude, grâce à la chaîne de l’Himalaya : Huit des quatorze sommets de plus de huit milles mètres se trouvent au Népal :
    • l’Everest
    • le Kangchenjunga
    • le Lhotse
    • le Makalu
    • le Cho Oyu
    • le Dhaulagiri
    • le Manaslu
    • l’Annapurna
  • Des paysages à couper le souffle,  

  • La chaîne des Himalayas, et ce ciel si pur en hiver
  • Le thé au beurre de yak,
  • les stupas qui s’égrènent le long du paysage, de la ligne d’horizon
  • Les « sâdhu »,
  • Les sherpas ; je pense tout particulièrement à Tenzing Norgay, qui avec Sir Edmund Hillary, a gravi l’Everest pour la première fois en 1953,
 
  • Kathmandu, et ses hippies 
  • sans oublier le yéti, cet abominable homme des neiges, ce grand préhominien aux allures de chaînon manquant si fascinant,

    *****

Le Népal est un des pays les plus défavorisés de la Planète : Quelques chiffres ….

Superficie :  147 181 km² (1/4 de celle de la France)
Point culminant : l’Everest 8848 m

Carte du Népal


Population 

Population :   23,4 millions d’habitants
Densité :  153 habitants / km²
Espérance de vie :  57 ans (France : bien supérieure à 80 ans)
Mortalité infantile : 9,9% (France : 0,7%)

39% de la population a moins de 14 ans ; une femme népalaise a en moyenne 5 à 6 enfants.

Religion

L’hindouisme pratiqué par 86% de la population est la religion officielle du Népal.
Le bouddhisme  est pratiqué par 8 % de la population.
L’islam représente  3% de la population et est pratiqué principalement dans l’ouest. 


Santé

1 médecin pour 16 830 habitants
(En France, nous avons la chance d’avoir un médecin pour  350 habitants)

Inde : 1 pour 2 460 habitants

4700 lits d’hôpitaux pour l’ensemble du pays

7% des femmes meurent des suites d’une grossesse
7% des enfants souffrent de malnutrition

Éducation

Analphabétisme : 60% de la population
1 enseignant pour 88 enfants scolarisés
De nombreux enfants travaillent aux champs
Langues : 70 dialectes + Népali (58% population)

Économie

Un des pays les plus pauvres du monde
Népal : PIB / habitant = 240 USD
France : PIB / habitant = 24 500 USD
42% des habitants sous le seuil de pauvreté
90% des népalais sont paysans

65% ressources du Népal proviennent de l’aide internationale !

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L’association Solidarité Enfance Asie a été fondée par une de mes voisines, avec qui j’ai fait connaissance cet hiver en rentrant sous la pluie.

Nous avons décidé de déjeuner ensemble, après ma varicelle et de manière fortuite, MH Duprat m’a parlé du Népal et de SEA.

J’ai été émue devant tant d’énergie, d’empathie et la volonté concrète d’aider des enfants qui ont vécu le pire, la maltraitance, l’abandon.

Les actions de Solidarité Enfance Asie m’ont sincèrement convaincu car elles sont focalisées sur l’aide concrète à 19 enfants du Népal, qui sont accompagnés dans la durée.

SEA sponsors nineteen children at the moment. It gives them one safe and comfortable house to live in, caring and guidance.

Most importantly, SEA has a commitment to bringing these children to the maximum of their potential through EDUCATION.

La possibilité d’aller à l’école, de donner le meilleur de soi, leur est offerte comme une seconde chance. Par ailleurs, SEA est à taille humaine, quasiment familiale. Ainsi, la totalité de l’argent que je verse, va-t-elle à mes filleuls.  Tous les membres de l’association sont bénévoles et paient personnellement leurs frais de voyage et séjour au Népal.

Plusieurs de ses membres se rendent régulièrement au Népal et en Inde pour superviser l’association, entreprendre de nouveaux projets, tenter d’aider à sortir, quelques enfants, de la détresse, de la rue.

Cela peut paraître une action vaine, microscopique, mais c’est une action vraie, concrète. C’est cela qui m’importe.

Actuellement la présidente de l’association est au Népal, pour aider de nouveaux enfants et développer l’association tout en préservant son caractère « familial ».

Merci par avance à vous tous, qui aurez la gentillesse de nous apporter des dons, ou bien, tout simplement, de parler de Solidarité Enfance Asie à votre entourage, à vos amis, ou encore, de mettre le lien de l’association sur votre blog !!!

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Vertiges

Je ne sais comment exprimer cette distance que je prends vis à vis de ma vie, cette distance qui semble devenir un gouffre.

Tout me semble vague et diffus. Ma mémoire s’efface, ma souffrance devient moins rugueuse. Je suis à l’orée de la dernière phase de ma vie. L’angle de ce second versant s’accentue, accélérant le pas, puis la chute.

Mes rêves et cauchemars se répètent et enchevêtrent les histoires où je tourne en rond, je cherche en vain mon chemin. Les scènes anxiogènes vont et viennent. Je butte contre le mur de l’absurde. Je n’arrive pas à trouver le passage. Je tourne en rond sur la Place de l’Etoile, sur les rocades de Hong Kong et me retrouve sur le rouge Golden Gate.

La structure métallique, la hauteur, la brume, le flux des voitures me donnent le vertige. Je déploie d’immenses efforts pour tracer ma route.

Je suis perdue, égarée.

Me voilà pour finir dans un asile de fous, emprisonnée à jamais.

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Oeufs de Pâques

Qui avait jeté sur la table, près de la porte d’entrée, deux livres de Michel Onfray : la sculpture de soi et la puissance d’exister ? Ils étaient abandonnés, sans un mot.

A défaut de chocolat, ces deux livres représentaient les oeufs de Pâques, venus de nulle part, et non tombés du ciel. Je les ai adoptés. Quelle idée d’être sortie marcher dans les jardins du Palais Royal ? J’y ai trouvé un calme olympien après le brouhaha de la foule parisienne dans les rues jouxtant le jardin. Les feuilles vert tendre des tilleuls coloraient l’espace. Le pollen en suspension a irrité mes yeux, mon système respiratoire, à un point tel, que j’ai failli étouffer. Un cafetier compatissant m’a offert de l’eau. Je suis rentrée chez moi, à la hâte.

Je tournais en rond, comme un poisson dans un bocal, n’osant plus sortir de chez moi, à cause du pollen, de ces allergies, qui cette année, en particulier, n’ont jamais été aussi prégnantes.

Je n’ai pas touché un seul instant aux deux livres abandonnés. Je les regardais de loin. ils représentaient à mes yeux une provocation. C’est que je suis persuadée de mon inexistence, de mon inconsistance. Alors que dire de la puissance d’exister ? Cela me dépassait puisque j’en suis au point où j’inspire un minimum d’air et tente d’expulser toute ma douleur.

Quant à la sculpture de moi, je n’arrive pas à me la représenter si ce n’est par deux formes antithétiques : un monstre de graisse ou un fil inconsistant. Où est la vérité ? Personne n’est là pour me le dire. Je ne vois plus les autres. Personne ne me parle. En plein délire, mes yeux déforment mon corps dans le miroir, les vitres. Je ne peux plus les regarder, je ne veux plus les regarder. J’ai décidé d’abolir les miroirs, de les éviter.

Le désir d’écrire se fait rare, est quasiment absent, signe sans doute du vide au dessus duquel je me situe, de mon inconsistance.

Il aura fallu cette insomnie, pour que je pose ces quelques mots qui courent sur le papier.

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Côte Amalfitaine – Ravello – Terrasse de l’infini

Il y a peu d’endroits au monde – ils se comptent sur les doigts d’une main- où mourir ne me ferait pas peur, où même, j’aimerais quitter cette terre à cet endroit précis, tant la beauté du paysage m’envoûte et tant l’homme qui m’y accompagne me fait rêver.

La terrasse de l’Infini, qui se situe à Ravello, petit village dans les montagnes de la côte amalfitaine fait partie de ces endroits.

Le village de Ravello est hors du temps, semble suspendu, en apesanteur. Le temps n’y est plus chronologique ; il semble arrêté.

Parsemé de venelles et de rues étroites où se mêlent les odeurs de jasmin, citronniers, potagers, cyprès, pins parasols…, ce fut au XIXème et XXème siècle, un refuge, un paradis pour les artistes.

Logée au rebord d’un promontoire, la terrasse de l’Infini est à flanc de falaise. Elle donne dans le vide. Le temps y est littéralement arrêté. Avec cet accident du temps, et de la géographie, devant cette éternité que nous vivions, tout semblait possible. Qu’importe, ce qui pouvait arriver.

Et, comme si nous avions pensé la même chose, il avait pris ma main, et m’avait soufflé dans l’oreille, qu’il avait envie que nous nous jetions dans le vide, pour plonger dans le bleu de la méditerranée. Je lui suggérais que nous nous statufions et que nos deux bustes reposent au bord du vide pour l’éternité. Il avait choisi cela.


Située au fond d’un parc de l’hôtel “Villa Cimbrone”, la terrasse peut se visiter facilement, en journée, mais il sera difficile de l’avoir pour vous tout seul.

Pour l’avoir à soi, pour qu’elle soit toute à vous, unique, magique, il faut arriver à 8H30, au portail de l’hôtel. Dites que vous souhaitez prendre un petit déjeuner.

Vous pourrez alors déguster un délicieux petit déjeuner copieux dans un cadre idyllique, et de surcroît, avoir le parc pour vous.

Mais rejoignons la terrasse de l’infini, pour l’avoir encore, une éternité pour nous.

J’y suis retournée éternellement, tous les ans. Le retour y est éternel. L’éternité y est tellement prégnante.

A chaque fois que je me promène sur cette terrasse, je reconnais son buste, son visage qui lui ressemble si parfaitement et je médite sur la découpe sublime que fait son ombre sur le sol de la terrasse.

Exactement comme pour le plongeoir des piscines de David Hockney, ou bien la découpe de l’escalier de la Villa Malaparte, je ne me lasse pas de regarder évoluer cette ombre, sa découpe parfaite, tout au long de la journée !

Lui seul savait et comprenait à quel point les escaliers de la Villa Malaparte, les statues de la terrasse de l’infini, l’ombre des plongeoirs des piscines de David Hockney me transportent, me font rêver, nourrissent à l’infini, comme une boucle,  mon imaginaire érotique ;

car devant tant de beauté, l’espace temps est aboli, en ce point.

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Désamour

Souffrance silencieuse.

Je ne suis rien, ne mérite rien.

Mon inexistence est totale.

Pourquoi continuer à crier en silence ? Je suis condamnée à l’errance, à la malédiction, au désamour.

Dado – Le boucher de St Nicolas – 1981

M.A. sait qu’il ne m’est pas d’une grande aide. Mon mal est trop profondément ancré dans ma personne. Ma douleur est telle, que je ne connaîtrai jamais le bonheur. La joie, la lumière font partie du pays où je n’arriverai jamais. Ce désarroi provient de la lucidité, de l’échec de ma vie et de l’absence d’amour dont j’ai souffert. Je suis au rebut, perdue dans les contrées désolées de l’univers.

Je vais tout arrêter.

M.A. me parle d’espoir alors que lui ne peut prétendre qu’à l’espérance. Je n’espère rien, je n’attends rien.

Je voudrais avoir le courage d’attraper ce cutter posé sur mon bureau, trancher mes veines et d’écrire le mot fin avec mon sang. Qu’il serve au moins à quelque chose. Je suis d’une inutilité totale. Jamais je n’ai existé pour autrui.

L’envie, le désir, l’enthousiasme m’ont quittés. Je me sens descendre encore un peu plus profondément en enfer, dans cette zone qui est glaciale et non dans la fournaise. Je glace tout le monde et ne suis chaleureuse pour personne.

Personne ne m’aura tendu la main, n’aura pris ma main durant ces quarante huit années. Abjecte, je suis pire que la vermine.

Je ne vois pas de solution, si ce n’est l’exil et la disparition.

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