POÉSIES HIÉMALES

Terre de naissance

Terre du ciel
Éperdue
Ravinée par la
Rivière
Esseulée

Dessine le berceau
Étoilé du

Nouveau né
Affamé
Il
Saisit le
Sein ou le sillon
Amène de la
Nourrice
Champ de vie
Éternel

*****

Musée Eugène Delacroix,
Un chat oriental se prélasse au soleil dans la glycine
Son maître l’appelle,
Le chat bondit sur le mur et disparaît
On entend la clochette de son collier tinter

*****

Un bouquet de fleur séché est posé
Dans la niche de l’escalier
Pas un grain de poussière n’est visible
Cela sent bon le propre et la cire.

© Carole Darchy 2010 – 2021

L’opium du peuple

Nota : Ce texte ne cherche qu’à faire réfléchir et ne vise en rien à trouver des solutions.

Je fuis les media, les esprits moutonniers, les cadres imposés, les tentatives de diversion pour tenter de m’orienter vers un chemin qui ne mêne qu’à l’endormissement de l’esprit.

L’intégration des différences sont mises en avant à notre époque. Un groupe, un pays qui n’intègre pas est taxé de discrimination, de racisme, …:

“Mais non, vous n’êtes pas différents. Nous respectons votre religion, votre orientation sexuelle, votre handicap, votre origine, votre couleur de peau, votre culture quels qu’ils soient – et d’ailleurs nous vous accueillons, nous vous soignons, nous vous logeons, nous vous employons et c’est une fierté pour nous. Rejoignez nous, nous vous intégrons avec vos différences.

Oui, c’est vrai, dans un certain sens, mais pourquoi le crier si fort ? Et puis intégrer, c’est faire adhérer à un schéma de pensées, à un cadre. Cette démarche rend paradoxalement les personnes uniformes pour effacer ces particularités (ou en tentant de le faire croire). Ceux qui sont intégrés se montrent rétifs car justement ils refusent le cadre. Pire, certains usent de cette différence pour crier à la discrimination dès qu’un reproche leur est fait.

Je m’inquiète de cette uniformité car elle tire vers le bas l’acquisition des connaissances, la culture, la réflexion, l’esprit critique et encourage l’adoption de “valeurs” à la mode : Massacrer la langue française, vivre dans un monde virtuel à mille à l’heure, chercher la provocation avec des vêtements excentriques apparaissent des comportement normaux. Ils mènent malheureusement à une civilisation en pleine dislocation où les images, la vitesse, l’instantanéité, l’oral seront rois …

*****

Il y a quelques semaines, un ami m’a invitée dans son nouvel appartement, rue Jacob. Je savais grâce au numéro de l’immeuble que j’irais dans le lieu où a été tourné le “feu follet”. Je marchais avec nonchalance, comme Jeanne Moreau, mais sans Maurice Ronet, dans cette cour et cet immense jardin du Bois Visconti, en plein Paris.

Jeanne Moreau et Maurice Ronet dans le Feu Follet – film de Louis Malle (1963) adapté du livre de Pierre Drieu la Rochelle (1931)

Lorsque la porte de l’appartement s’est ouverte, je n’ai pas compris ce que Philippe me disait ! Il parlait en fait au téléphone, sans téléphone, avec des oreillettes (“un meeting imprévu et important”). J’ai donc déambulé dans cet appartement somme toute élégant, grâce à la vue sur le jardin, au joli parquet, aux hauts plafonds décorés de fresques délicates, à sa luminosité naturelle. Cela aurait pu constituer un paradis pour un écrivain… Malheureusement, je n’ai pas vu un seul livre et l’électronique était omniprésente : Un énorme écran faisait dérouler des images d’une chaîne d’information continue. Le sujet à la UNE était bien sûr le COVID et visiblement un débat entre experts se tenait. Quelle ne fut pas ma surprise en entendant Philippe parler pour que son poste de télévision s’éteigne. Et il s’est éteint. Il a même oublié de me saluer, ou voulait il peut-être respecter la “distanciation sociale” ? Oui, il m’a d’ailleurs invité à mettre du gel pour désinfecter mes mains. Le téléphone émettait des petites sonneries : Excuse moi, un message… 2 minutes, je dois répondre. Tu veux de la musique ? Jazz, rock, rap, hip hop, métal, classique ? Je n’ai même pas eu le temps de répondre qu’il parlait aux enceintes pour faire défiler quelques secondes de musique de chaque style…. Alors que veux-tu écouter ? Le silence ai-je répondu pour marquer l’agacement qui commençait à poindre.

Alors ? me demanda-t-il ? Je répondis : “ton appartement est vraiment superbe”. Je n’ai pas eu le temps de dire que je me croyais à la campagne. Philippe m’interrompit : “Mais non, je te parle du COVID !!!! La situation empire, plus de 120 nouveaux cas et 16 morts hier à Paris ! Mais enfin, tu ne paniques pas avec ces chiffres et ton trajet en RER via Châtelet ?

Je ne comprends pas ce que tu veux dire …. Moins de 35 000 morts en France, moins d’1 million dans le monde … En France, plus de 70% des décès concernent les plus de 75 ans. Les personnes avec des maladies chroniques sont plus touchées également …. Bien sûr, c’est triste et regrettable, mais de là à stopper la planète pendant 3 mois, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond !

Ils ne savent rien de ce virus venu de Chine qui ne cesse de muter, se manifeste avec des symptômes multiples : est-ce un accident de laboratoire, un virus fabriqué de toute pièce ? Tu vois bien que trop de communication tue la communication. Aucun message n’est clair.

Alors, pourquoi ne pas tout arrêter à cause des 800 000 suicides par an dans le monde, des 50 000 enfants-adolescents français victimes de violences physiques, sexuelles et psychiques, des 300 000 enfants-soldats, des 600 000 personnes âgées en France qui sont victimes chaque année de maltraitante, des 200 000 femmes et 80 000 hommes qui sont soumis à des violences de la part de leur conjoint, des 450 millions de diabétiques dans le monde, des 20 millions de décès dus aux maladies cardio-vasculaires, des 8 millions de morts liés au tabac, des 20 000 morts de la grippe saisonnière, des 10 millions de décès lié à un cancer. Pourquoi ne pas arrêter la planète pour éviter la disparition de milliers d’espèces animales ou végétales ?

Avec la crise économique due à cet arrêt, combien de chômeurs désespérés vont se suicider, combien de foyers vont tomber dans la précarité, voire sous le seuil de pauvreté. Tu vois tout de même bien la crise économique Philippe, même si les gouvernements ont ouvert les vannes et arrosent les pays de liquidités ? En revanche, il y a des personnes têtues qui tiennent à mener à bien leur réforme des retraites par orgueil, pour faire des économies de bouts de chandelles par rapport aux flots d’argent déversés en France !

La France a affaibli durant des années son système de santé pour faire des économies. Les hôpitaux ont été vite débordés, … pas en Allemagne. D’autres pays avaient des tests et des masques : pas la France ! Alors, ils ont fait de la communication : dire tout et son contraire, se contredire, faire parler et se battre les scientifiques pour occuper le terrain…

Pour remercier les professionnels de santé, le gouvernement a fait passer la patrouille de France le 14 juillet au dessus des hôpitaux parisiens ! C’est sûr qu’avec des actes aussi forts, les hôpitaux vont recevoir davantage de moyens.

Tous les politiques (quel que soit leur bord), craignent pour leur réélection ou alors redoutent les poursuites judiciaires (le syndrome Fabiusien du sang contaminé …), mais ils sont payés pour être aux responsabilités ! Il faut savoir prendre de bonnes décisions et ne pas prendre les gens pour des idiots !

Je suis restée chez moi pendant le confinement et j’ai travaillé. J’ai sans doute eu la grippe ou une forme bénigne du COVID. De toutes les façons, je sors peu et je me dis que le masque me protège de la pollution. Cette crise m’a fait redoubler de frugalité. Je ne consommais pas beaucoup mais là, j’ai supprimé toutes les dépenses non essentielles. A situation exceptionnelle, mesures radicales ! Et j’ai décidé de ne plus voyager, enfin de ne plus prendre l’avion, sauf peut-être pour me rendre en Italie. Je pourrais certes y aller en train. Le confinement a eu le mérite de ralentir le temps, de supprimer la pollution à Paris, d’être bénéfique pour la planète, de prendre du recul. Mais, d’ici quelques mois ou années, tout recommencera comme avant et c’est terrifiant ! L’humanité n’est pas prête de changer.

Finalement, je suis comme Malaparte, je déteste les êtres humains et préfèrent de loin les animaux.