Una certa idea di mondo/31: La pelle di Curzio Malaparte

Zanzibar 2011-2013

La Repubblica 24 giugno 2012

Una certa idea di mondo

I migliori cinquanta libri che ho letto negli ultimi dici anni

La pelle di Curzio Malaparte

“Il racconto di Malaparte dissolve l’idea di vero È una visione barocca, mi verrebbe da dire”

(Io degli editori ancora mi fido. Se Adelphi decide che bisogna leggere Malaparte, provo a ubbidire)

Alessandro Baricco

. . .

Per molti anni non ho nemmeno preso in esame l’e­ventualità di leggere Malaparte: era fascista. Lo di­co senza particolare fierezza, ma anche senza al­cun complesso di colpa. L’antifascismo è un modo di stare al mondo che val bene il prezzo di certi sva­rioni. Il privilegio di aver ereditato la capacità di ri­conoscere i fascismi e l’istinto a combatterli vale largamente qualche scaffale vuoto, e un po’ di bel­lezza o intelligenza persa per strada. Detto questo, ci si ammorbidisce col tempo, e quando Adelphi ha deciso di sdoganare…

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A la conquête de la Villa Malaparte

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Due to repetitive, massive thefts, misuse, improper appropriation of my pictures of Casa Malaparte, I unfortunately had no choice but to make the radical decision to spoil my pictures. 

If you want an access to my original pictures, please, contact me for a formal authorization request at carole.darchy@gmail.com. I will study the requests on a case-by-case basis but I will be highly selective

I may approve requests coming from sites of first order, enhancing the aesthetic and beauty of Casa Malaparte or coming from private people, enraptured, fascinated by Curzio Malaparte’s work and Villa. 

Requests to publish on any social media will be rejected. 

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A la conquête de la Villa Malaparte

En cette mi-août italienne, au petit matin, installée sur la Terrasse de l’Infini de la Villa Cimbrone, alors que les ombres des statues n’existaient pas encore, je feuilletais les pages blanches de mon almanach amoureux.

Pour combler ce vide, ce tonneau des Danaïdes, cette absence, ces pertes, mon inexistence, il me fallait lier deux points, relier dans la solitude, les deux plus beaux endroits au monde, à mes yeux, en vivant mon rêve, en dérobant au temps ma vie rêvée : Voler depuis la Terrasse de l’Infini et rejoindre la Villa Malaparte.

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Afin d’avoir ces deux endroits magiques, désirés, pour moi seule,

  • puisqu’aucun homme ne souhaitait me suivre dans ma folie douce et si belle,
  • puisqu’aucun n’avait l’intelligence de me comprendre, de me prendre, de venir à ma rencontre,

il me fallait m’y télé transporter.

L’hélicoptère, seul, avec ses pales aiguisées, saurait trancher, fendre l’air, pour dessiner ce sentier aérien, que je désirais, dont je rêvais et lui seul m’offrirait ce vol stationnaire pour embrasser, contempler la Villa Malaparte et le paysage conçu par cet écrivain.
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La mort s’était répandue autour de moi, cette année, envahissant ma vie comme une nappe de pétrole. Désormais, la mort ne me suivait plus, mais était bien là, face à moi, et je l’apercevais au loin qui, doucement, me guettait, et venait déjà à ma rencontre, en me tendant la main.

Pour ralentir le temps, l’abolir, suspendre ma chute vertigineuse, il me fallait m’envoler, sans attendre, dès cet été.

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J’avais choisi le petit matin. Il était la garantie de ma solitude, qui me comblerait, me ferait atteindre ce sommet du désir, qui me taraudait depuis plusieurs années.

A 6H50, au moment précis où le soleil frappait les statues et leur donnait vie en projetant leur ombre sur le sol, j’étais allée jauger l’horizon depuis la Terrasse de l’Infini.

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Le bleu du ciel se noyait dans le bleu de la mer. L’horizon était aboli.

La journée s’annonçait belle.

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J’ai vite interrompu le pilote qui commençait à me faire voir sur la carte, le trajet touristique qu’il me proposait.

Non, je ne voulais surtout pas entendre parler :

– d’Amalfi et de ses croûtes artistiques,

– de Positano célèbre pour sa dentelle crochetée, représentant tout le mauvais goût de l’Italie,

– du tour de Capri dont l’intérêt était nul à mes yeux, hormis la divine Villa Malaparte et son paysage

Comment lui expliquer que mon vol ne relevait en rien du tourisme, mais d’un voyage que j’écrivais, d’une quête, d’un désir ancré au plus profond de ma personne, d’une petite mort ?

Comment lui expliquer la beauté des pages de Malaparte qui décrivent le paysage ? Comment lui expliquer que je passais mes journées et mes nuits à scruter les ombres sur la Terrasse de l’Infini, à me perdre dans la découpe parfaite de l’escalier de la Villa Malaparte ? Comment lui expliquer l’idée de relier ces deux points ?

Comment lui expliquer l’inexplicable ?

J’ai du adopter un phrasé directif et un ton déterminé. Par inquiétude, il aura fallu que je m’y prenne à plusieurs reprises, que je me répète pour qu’il comprenne ma demande déroutante : relier ces deux points que sont la Terrasse de l’Infini et la Villa Malaparte.

Seuls les deux points magiques – la terrasse de l’Infini et la villa Malaparte – et le tracé le plus direct, le plus intense possible, entre eux deux, m’importaient.  

Nous avons pu décoller, lorsque j’eus acquis la certitude qu’il avait compris ma demande, qu’il la respecterait et que toute inquiétude, toute mauvaise tension avaient quitté mon corps et mon esprit.

*****

L’air du film de Godard, « le mépris », trottait dans ma tête ;

Enfin, je flottais devant cette Terrasse de l’Infini, fermée au public à cette heure.

Je voyais le côté face de cette terrasse, avec les bustes qui étaient prêts à se jeter dans le vide. Le temps n’existait plus. J’étais en pleine extase devant tant de beauté, en nageant littéralement, dans l’espace.

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J’étais stationnée, en plein vide, admirant cette falaise vertigineuse dont la fragilité, le silence, me renversaient littéralement. Après dix minutes, nous avons filé pour Capri.

Je connaissais chaque coin, recoin de cette côte que nous longions ; très vite, nous avons vu Capri et les splendides rochers des Faraglioni. De très loin, le point rouge intense de la Villa Malaparte était visible.

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Ce fil se déroulait, s’écrivait, se lisait. Je me répétais à l’infini les phrases de Malaparte, écrites dans “la Peau”, et qui relatent la visite de sa maison par le maréchal Rommel :

« Un jour, à Capri, ma fidèle « House-keeper », Maria, vint m’annoncer qu’un général allemand, accompagné de son aide de camp, était dans le hall, et désirait visiter la maison. …

J’allai donc au-devant du général allemand et je le fis entrer dans ma bibliothèque. C’était le maréchal Rommel. …

Je l’accompagnai d’une pièce à l’autre dans toute la maison, de la bibliothèque à la cave, et lorsque nous revînmes dans l’immense hall aux grandes baies ouvertes sur le plus beau et le plus pur paysage du monde, je lui offris un verre de vin du Vésuve, provenant des vignobles de Pompéi. …

Il but d’un trait, puis, avant de s’en aller, me demanda si j’avais acheté la maison toute faite, ou si je l’avais construite moi-même. Je lui répondis – et ce n’était pas vrai- que j’avais acheté la maison toute faite.

Et lui montrant d’un geste lent et large, la paroi à pic de Matromania, les trois gigantesques rochers des Fariglioni,

la péninsule de Sorrente, les îles des Sirènes, le bleu, le vert et le pourpre de la côte d’Amalfi, et là-bas, au loin, l’éclat doré du rivage de Paestum, je lui dis :

– Moi, je n’ai dessiné que le paysage. »

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Une chaise longue plantée, seule, au bord du toit terrasse, semblait m’attendre. Les couleurs des fonds marins, bleus verts tranchaient avec la couleur rose sienne des murs de la Villa.

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J’ai pu contempler les vastes baies vitrées, l’escalier qui descend à la mer, la virgule plantée sur le toit, l’escalier à la découpe extraordinaire, que je n’avais jamais vu dans son entièreté.

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La villa était ouverte et quelques hôtes, sans doute des étudiants en cinéma ou architecture, y demeuraient, le temps de ce mois d’août.

Pourquoi, oui pourquoi, ne pas avoir embrassé l’une de ces deux voies pour y séjourner ?

Car mon désir d’avoir survolé au plus près, la divine villa et les paysages malapartiens, étant assouvi, il me faudrait l’approcher encore plus près, l’atteindre, la toucher, y fouler mon pied, pour la posséder, la faire mienne, quelques instants hors du temps.

Durant le vol retour, j’ai pu admirer les courbes du Vésuve. Le pilote m’a proposé de survoler Pompéi. L’idée était bonne, mais ce serait pour une autre fois. Il m’est impossible de mélanger des rêves.

Il fallait terminer de tracer ce rêve et regagner cette place forte, telle une ville médiévale, qu’est l’Hôtel Villa Cimbrone.

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J’avais enfin écrit, ce trait d’union, entre les deux plus beaux endroits au monde, entre ces deux merveilles architecturales, improbables, érotiques, littéraires, cinématographiques, entre l’infini et le désir, deux mots qui s’accouplent de manière sublime.

La Terrasse de l’Infini commençait à être envahie. Nous étions revenus à temps pour échapper au flot touristique et rejoindre ma chambre 14 et sa terrasse, dont la forme avait été dessinée pour ressembler, au plus près, à celle de la Terrasse de l’Infini.

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# THE FUNAMBULIST PAPERS 01 /// Cinematic Catalysts: Contempt + Casa Malaparte by Danielle Willems

Un article intéressant trouvé sur le blog du funambulist, animé par Léopold Lambert

 

The Funambulist

Today starts a new episode of The Funambulist. From now on, if everything goes well, you should be able to read every week a 1500 words essay by a guest writer I have been asking to write exclusively for the blog.

The first author to achieve this assignment is Danielle Willems, who is a designer and producer currently living, working and teaching Architecture in New York. Her practice and academic works continuously test the thresholds between the moving image and architecture.
Her essay explores via the specific examples of the Casa Malaparte and Jean-Luc Godard‘s movie Le mépris(Contempt), the perception of architecture through the cinematographic lens: (more documents in the video at the end of the text)

The Funambulist Papers 01 /// Cinematic Catalysts: Contempt + Casa Malaparte

by Danielle Willems

There is no question that at this point in time the method in which we view…

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Bleu Piscine : David Hockney au centre Pompidou

ou les 4 piscines que je retiens de D.HOCKNEY

Devant cette page blanche,  depuis mon bureau, ma table d’écriture, lorsque je lève doucement les yeux, je plonge dans la petite estampe de D.Hockney, dans la piscine, dans ma piscine,  pour me perdre, puiser mon encre.

Je l’avais achetée il y a quelques années.

La piscine était un thème récurrent dans l’oeuvre de D.Hockney. A la fois, peintre, dessinateur, photographe,  D.Hockney déclinent ses piscines, les répètent  en variant à chaque fois.

Le plus souvent le plongeoir était présent, prédominant. En regardant ce plongeoir, je m’imaginais en train d’avancer sur cet étroit espace rectangulaire, placer mes pieds délicatement au bord, plier mes pieds nus contre l’arête de cette planche. Mes pieds sont joints. Les muscles de mes jambes se contractent, mon ventre se creuse par la tension des abdominaux. Je courbe doucement mon dos.

Je secoue mes bras puis les lèvent à hauteur de ma tête.

Je vois se refléter dans l’eau la maison, un bout du jardin, le ciel tout bleu. Le soleil a légèrement bruni ma peau.

J’imagine un instant d’immobilité, de concentration, avant de plonger, de faire le grand saut.

J’entends le splash de mon corps au contact de l’eau, de mon corps qui se glisse, se faufile dans l’eau.

La machine se met en marche.

J’entends ma respiration. Je n’aime pas ce bruit lorsque mes oreilles sont plongées dans l’eau. Le photo montage ci-dessous de D.Hockney reflète je pense assez bien mon aspect lorsque je suis dans l’eau.

Mes jambes font des losanges; mes bras se plient et se déplient. Je nage si mal, que je dois apparaître telle une grenouille affolée. Je me retourne alors sur le dos, et je me calme.

Quand je suis ainsi, sur le dos, dans une piscine, je ne pense à rien, j’oublie tout.

Je sors de l’eau, toujours frigorifiée, j’attrape une grande serviette, le soleil est là pour que mon corps se dore, sèche, se réchauffe.

Sur le transat, mes yeux cachés derrière mes grandes lunettes de soleil en écaille, examinent  la géographie de la piscine :

Bien sûr sa forme, rectangulaire si possible, ses proportions, ses différentes profondeurs, le plan d’eau ou la surface qui peut s’iriser avec un souffle de vent. Le plan se froisse. Les plis apparaissent.

J’aime par dessus tout explorer le plongeoir, et surtout son ombre, qui évolue selon la position du soleil, sa rotation. Le plongeoir prend la forme d’un escalier puis se découpe parfaitement en une marche.

Les piscines de D.Hockney que j’ai retenues n’ont pas de nageur. Je trouve que cela leur confère une intemporalité, une immobilité, propice à libérer la pensée, ma pensée.

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Le Centre Pompidou en collaboration avec la Tate Britain de Londres et le Metropolitan Museum de New York présente la plus complète exposition rétrospective consacrée à l’œuvre de David Hockney du 21 juin 2017 – 23 octobre 2017.

Le ryokan Tawaraya à Kyoto

Pour terminer mon séjour printanier au Japon, j’ai décidé de retourner passer deux jours dans le ryokan TAWARAYA, un endroit exceptionnel où il faut absolument se rendre au moins une fois dans sa vie. Pour ne pas perdre une minute de mon séjour, j’arrive pile à 15h, heure à partir de laquelle les chambres sont accessibles.

Les couloirs sont  toujours aussi sombres et vides. Ils sont éclairés par des lampes basses disposées devant des paravents. Je ne croise aucun hôte.

Lorsque je suis rentrée dans ma chambre, j’ai eu le sentiment que le temps était suspendu. Le jardin japonais semblait figé hors du temps. La mousse vert macha magnifie le jardin.

Photo Carole DARCHY- Mars 2017 - Jardin de la suite SAKAE - Ryokan TAWARAYA - KYOTO JAPON - Reproduction interdite

Photo Carole DARCHY- Mars 2017 – Jardin de la suite SAKAE – Ryokan TAWARAYA – KYOTO JAPON – Reproduction interdite

Chaque brin  d’herbe semble avoir été taillé à bon escient. Rien ne semble laissé au hasard, même cet oiseau qui vient boire à la fontaine.

Le dépouillement de ma chambre magnifie la tranquillité et conduit à la sérénité. Un rouleau de calligraphie et un minuscule vase avec une fleur de camélia sont disposés dans le tokonoma, petite alcôve.

L’heure du bain japonais arrive vite. Une spacieuse baignoire en cyprès remplie à ras bord m’attend. Des couvercles en bois sont disposés dessus, afin de conserver la chaleur de l’eau. Je me délasse dans l’eau et profite de ce moment privilégié.

Le diner est servi à 18h, dans ma chambre. Il s’agit d’un kaiseki, succession de 6 à 8 petits plats à la décoration exquise.  La disposition des mets est tout aussi importante que le goût des aliments précieux. KAZU, ma fidèle femme de chambre qui me sert mon diner m’explique en détail la composition de chaque plat. Le kaiseki se termine par du riz, au cas où l’hôte aurait encore faim.

Peu après le diner terminé, KAZU prépare mon futon. Demain, la journée me permettra de voir les premiers cerisiers en fleurs, et célébrer le renouveau du printemps.