Le ryokan Tawaraya à Kyoto

Pour terminer mon séjour printanier au Japon, j’ai décidé de retourner passer deux jours dans le ryokan TAWARAYA, un endroit exceptionnel où il faut absolument se rendre au moins une fois dans sa vie. Pour ne pas perdre une minute de mon séjour, j’arrive pile à 15h, heure à partir de laquelle les chambres sont accessibles.

Les couloirs sont  toujours aussi sombres et vides. Ils sont éclairés par des lampes basses disposées devant des paravents. Je ne croise aucun hôte.

Lorsque je suis rentrée dans ma chambre, j’ai eu le sentiment que le temps était suspendu. Le jardin japonais semblait figé hors du temps. La mousse vert macha magnifie le jardin.

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Chaque brin  d’herbe semble avoir été taillé à bon escient. Rien ne semble laissé au hasard, même cet oiseau qui vient boire à la fontaine.

Le dépouillement de ma chambre magnifie la tranquillité et conduit à la sérénité. Un rouleau de calligraphie et un minuscule vase avec une fleur de camélia sont disposés dans le tokonoma, petite alcôve.

L’heure du bain japonais arrive vite. Une spacieuse baignoire en cyprès remplie à ras bord m’attend. Des couvercles en bois sont disposés dessus, afin de conserver la chaleur de l’eau. Je me délasse dans l’eau et profite de ce moment privilégié.

Le diner est servi à 18h, dans ma chambre. Il s’agit d’un kaiseki, succession de 6 à 8 petits plats à la décoration exquise.  La disposition des mets est tout aussi importante que le goût des aliments précieux. KAZU, ma fidèle femme de chambre qui me sert mon diner m’explique en détail la composition de chaque plat. Le kaiseki se termine par du riz, au cas où l’hôte aurait encore faim.

Peu après le diner terminé, KAZU prépare mon futon. Demain, la journée me permettra de voir les premiers cerisiers en fleurs, et célébrer le renouveau du printemps.

Aurelie Nemours : Eloge du rouge

Epure, aridité, simplicité, géométrie m’attirent dans la peinture d’Aurélie Nemours.

Aurélie Nemours

Aurélie Nemours (1910 -2005)

Absorbée au début par ses tableaux en noir et blanc, ses oeuvres, « rythme du millimètre », sur les « nombres et le hasard », me transportent dans l’abstraction et la pensée pure.

J’ai découvert par la suite ses vitraux monochromes qu’elle a réalisés pour le prieuré Notre dame de Salagon.

Eglise de Salagon

Prieuré de Notre Dame de Salagon

Du rouge pourpre, une couleur intense, chaude, profonde, intimiste, improbable dans un lieu religieux.

Vitraux de Salagon - A.Nemours

Vitraux de Salagon – A.Nemours

Quelle différence avec les vitraux de Conques réalisés par Soulages !

J’aime la verticalité de ceux d’Aurélie Nemours ; Ceux de Soulages ont certes une couleur plus froide, mais m’inspirent des mouvements hésitants.

Les traits bien droits, austères, noirs épais confèrent au rouge pourpre, solennité, recueillement, silence. Il en ressort une proximité étonnante avec le monde spirituel.

Vitraux de Salagon - Aurélie Nemours

Vitraux du prieuré de Salagon – Aurélie Nemours

L’intérieur de l’abbaye de Conques appelle un dénuement profond, une ascèse totale. La lumière du noir de Soulages donne indubitablement au lieu une magie forte. Je ne veux pas comparer l’oeuvre de Soulages et celles d’A.Nemours.

Je me limite à l’émotion que dégagent leurs vitraux dans deux lieux sacrés. Les deux oeuvres sont différentes mais à mes yeux autant réussies l’une que l’autre.

Il me semble néanmoins que Soulages a davantage de tribunes qu’Aurélie Nemours. C’est pourquoi je veux célébrer cette artiste disparue et faire l’éloge de son rouge.