Le ryokan Tawaraya à Kyoto

Pour terminer mon séjour printanier au Japon, j’ai décidé de retourner passer deux jours dans le ryokan TAWARAYA, un endroit exceptionnel où il faut absolument se rendre au moins une fois dans sa vie. Pour ne pas perdre une minute de mon séjour, j’arrive pile à 15h, heure à partir de laquelle les chambres sont accessibles.

Les couloirs sont  toujours aussi sombres et vides. Ils sont éclairés par des lampes basses disposées devant des paravents. Je ne croise aucun hôte.

Lorsque je suis rentrée dans ma chambre, j’ai eu le sentiment que le temps était suspendu. Le jardin japonais semblait figé hors du temps. La mousse vert macha magnifie le jardin.

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Chaque brin  d’herbe semble avoir été taillé à bon escient. Rien ne semble laissé au hasard, même cet oiseau qui vient boire à la fontaine.

Le dépouillement de ma chambre magnifie la tranquillité et conduit à la sérénité. Un rouleau de calligraphie et un minuscule vase avec une fleur de camélia sont disposés dans le tokonoma, petite alcôve.

L’heure du bain japonais arrive vite. Une spacieuse baignoire en cyprès remplie à ras bord m’attend. Des couvercles en bois sont disposés dessus, afin de conserver la chaleur de l’eau. Je me délasse dans l’eau et profite de ce moment privilégié.

Le diner est servi à 18h, dans ma chambre. Il s’agit d’un kaiseki, succession de 6 à 8 petits plats à la décoration exquise.  La disposition des mets est tout aussi importante que le goût des aliments précieux. KAZU, ma fidèle femme de chambre qui me sert mon diner m’explique en détail la composition de chaque plat. Le kaiseki se termine par du riz, au cas où l’hôte aurait encore faim.

Peu après le diner terminé, KAZU prépare mon futon. Demain, la journée me permettra de voir les premiers cerisiers en fleurs, et célébrer le renouveau du printemps.

Jardins japonais – Kyoto

Ou les 4 jardins japonais que j’élis !

Sans aucune hésitation, indéniablement, mon jardin préféré est celui du temple de Shisendo, au nord est de Kyoto. Il se situe à la campagne. C’est sans doute, un des premiers signes de sérénité, de calme, reçu par une carte postale, qui m’a donné envie d’aller au Japon.

Shisendo est mon jardin préféré en automne : le rouge parfait des érables renvoie à ce tapis rouge, situé dans le petit temple qui domine ce jardin, fait de sable. De délicates formes : Cercles, lignes droites y sont dessinées au râteau, et apparaissent telles de fines stries.

Ce temple est un pur chef d’oeuvre de sérénité et de calme. Seul le silence est rompu, depuis des siècles, par le battement régulier du « shishi odoshi » : tube en bambou qui se remplissant d’eau, vient frapper une pierre en granit, émettant un bruit pour éloigner les daims !

shishi odoshi

Lors de ma première visite dans ce petit temple, j’avais eu la chance d’assister à une exposition d’arrangement floral (ikebana) et d’être conviée à partager le thé (matcha).

A ma deuxième visite, à un concert de koto et de shamisen :

Joueuse de koto

Le deuxième jardin n’est pas très éloigné de celui de Shisendo : le jardin du temple de Ginkaku-Ji avec son cône de sable blanc taillé au cordeau, parfait, si simple, si fragile, si dépouillé ; avec les sols de sable blanc qui permettent de magnifier la lumière du jour et celle de la pleine lune est mon jardin d’hiver préféré : une vraie splendeur de nuit !

J’avais apprécié ces enfilades de Bambous qui semblaient déboucher sur le mont Fuji !

Le troisième jardin que je retiens est celui du temple Ryôan-ji, situé au nord ouest de Kyoto. Ce jardin est intemporel. Je l’apprécie toute l’année.

Ce jardin, entouré d’un mur tel un champ, une pièce, est fait de petits cailloux et de 15 pierres date du XVème siècle. D’où que l’on soit, le visiteur voit toujours ces 15 pierres déposées mystérieusement dans ce champ de cailloux soigneusement ratissé.

Le caractère très minéral de ce jardin rompt avec toute la verdure qui l’entoure, et se présente comme un havre de paix, un havre pour se purifier, pour nettoyer son esprit de toute mauvaise pensée.

Enfin, le quatrième jardin que j’élis, est mon jardin privé, en plein coeur de Kyoto, mon jardin de verdure, en face de ma suite « sakae » de l’auberge TAWARAYA :

J’adore m’asseoir dans cette pièce sombre sur le tatami, et contempler ce jardin ensoleillé, avec sa lanterne, ses érables, sa fontaine. J’adore voir le jardin doucement évoluer, le long de la journée ; ce qui le rend unique à chaque moment de la journée, chaque fois un peu le même et à la fois si différent.

Deux oiseaux (toujours les mêmes), viennent boire en toute confiance ; cela en dit long sur la quiétude du lieu.

Tout est en ordre, tout est en paix, tout est en place.

Chaque brin d’herbe a sa place, ne semble pas être là par hasard.

Même leur longueur semble avoir été étudiée.

Tous les matins, et tous les soirs, un jardinier vient en prendre soin, comme si un plan de ce jardin avait été dessiné avec toutes les indications et renseignements sur chaque brin d’herbe, ses cailloux, l’eau de la fontaine,  jusqu’à la présence de ces deux oiseaux, qui viennent m’enchanter !

Contempler ces jardins me délasse, me met dans un état proche de l’extase, m’offre un courant « juste » et parfait, propice à la circulation de « pensées idéales », à un état d’esprit créatif optimal.

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