Roy Lichtenstein au Centre Pompidou – Beaubourg

Pour vous préparer à la visite de l’exposition qui se tient à Beaubourg :
du 3 juillet 2013 au 4 novembre 2013, de 11h00 à 21h00

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“We Rose Up Slowly…

As if we didn’t belong to the outside world any longer…

like swimmers in a shadowy dream…

who didn’t need to breathe…”

J’aime beaucoup la peinture de Roy Lichtenstein. Avant de lui consacrer un texte plus global, qui parcourrait son oeuvre, je souhaitais faire un zoom, sur un de ses tableaux.

C’est un tableau, que j’avais rangé soigneusement dans un coin de mes pensées, avant de réaliser, par accident, ce matin, en voyant poindre des boutons rouges sur ma peau, que ce tableau irait parfaitement dans mon espace d’écriture, au coeur de “Swimming in The Space”, qui, finalement, aurait pu tout aussi bien s’appeler : “Swimming in a Dream”.

Ce tableau peint en 1964, se situe au Musée d’Art moderne de Frankfurt.

Ce tableau m’aura fait rêver, m’aura transportée, grâce je crois à cette association unique de ce texte fluide comme la pensée, comme un rêve, une avalanche de bonheurs, et l’image de ces deux êtres en extase.

Il est tout à fait représentatif et classique de la période la plus “romance” et “comic strip” de R.Lichtenstein, avec toute la thématique qu’elle porte :

– la femme telle une icône aux cheveux blonds (celle ci ne pleure pas),

– l’homme,  une icône lui aussi,

– le thème du baiser, du désir,  si présent dans les peintures de ce cycle,

– la présence du texte associé à l’image, comme dans une bande dessinée,

– ce mouvement, cette force tourbillonnante, comme si les deux amants aux yeux fermés, aux corps dénudés, étaient en train de se renverser, vivaient un rêve.

*****

J’ai inclus ci dessous, un zoom de ce tableau qui montre parfaitement les “dots”, tous ces points rouges qui forment le visage de la femme mais aussi, celui de l’homme.

Zoom du tableau : “we rose up slowly…”

Roy Lichtenstein :

“[The kind of girls I painted were] really made up of black lines and red dots. I see it that abstractly, that it’s very hard to fall for one of these creatures, to me, because they’re not really reality to me. However, that doesn’t mean that I don’t have a clichéd ideal, a fantasy ideal, of a woman that I would be interested in. But I think I have in mind what they should look like for other people.”

Dans cette peinture, R.Lichtenstein se focalise sur ces points rouges. Ces points rouges qui forment, de loin, la peau de cette femme. Ce zoom montre le caractère très précis, de sa peinture faite de “dots”, de traits noirs, de couleurs flamboyantes.

Une vidéo : http://www.charlierose.com/view/interview/2743 montre l’artiste réaliser ce genre de tableau, avec une méticulosité impressionnante.

*****

Enfin, je voulais avoir une pensée, pour Léo Castelli, qui m’a reçue plusieurs après-midi, dans sa galerie de West Broadway, lors de mon année passée à New York en 86-87. Je me souviens parfaitement de ces moments privilégiés, passés en sa compagnie, où le temps ne comptait pas, tant il était heureux de me faire découvrir dans sa réserve les tableaux qu’il appréciait tout spécialement et de me parler de ses artistes, dont Roy Lichtenstein a fait partie.

 

Le prix du désamour – 3

Ils s’étaient tous retrouvés, en ce 8 octobre, au cimetière du Montparnasse, à l’occasion des funérailles de leur ami commun. Paradoxalement, si la disparition d’A.Bozorgmehr, avait surpris Léa, elle ne lui avait pas causé de chagrin. Cette mort si brusque, accidentelle, sans souffrance, n’est-elle pas idéale pour quitter cette réalité ?

Chacun, dans ce groupe d’amis, menait sa vie de son côté. Les couples tenaient souvent grâce aux enfants. Elle était la seule à avoir choisi de tracer ses pas seule, dans un espace de liberté absolue.

Cela avait un prix.

Les hommes que Léa fréquentait ne lui donnait pas d’amour. Jamais elle n’avait prononcé  “je t’aime”. De même, aucun homme ne lui avait dit “je t’aime”. Jamais, elle n’avait ressenti d’amour pour l’un d’entre eux. Elle ressentait uniquement de l’attirance, du rêve.

Elle n’était attirée que par les hommes qui avaient signé un contrat de mariage. C’était la garantie pour elle de ne pas devoir “vivre ensemble”. Cela lui était impossible. Leur vie et la sienne devaient être étanches, comme des murailles de chine.

Sa mère lui disait enfant qu’elle n’avait pas de coeur, mais une pierre à la place du coeur.

Oui, son monde était minéral, froid, aride.

Elle savait le rendre chaleureux avec parcimonie, avec économie.

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Elle avait eu l’impression d’être pour A.Bozorgmehr une respiration, un refuge secret, qui l’éloignait de son quotidien fade, fait de repères rassurants.

Elle partageait ces instants de respiration. Ils étaient alors, deux êtres, nageant sous l’eau, en s’insufflant, tour à tour, l’air nécessaire à la survie, à l’ivresse des profondeurs, dans le sombre, là où personne ne peut voir, entre deux eaux. Ils nageaient dans cet espace intime, ce no man’s land.

We rose up slowly, …, Roy Lichtenstein – 1964, Musée d’Art moderne de Frankfurt

Cela correspondait bien au caractère de Léa. Elle vivait ainsi dans l’ombre, dans un entre-deux temps. Ils ne vivaient pas dans le quotidien, mais l’exceptionnel.

Peu importe de vivre dans l’indéterminé, si ce dernier est intense, pointu comme une lame. Au moins, la sensation de bonheur est démultipliée et la séparation indolore.  Non, la séparation n’est pas indolore, n’avait pas été indolore lorsqu’il l’avait quittée, ce dernier jour de septembre, l’année dernière.

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Dans la chambre de ses lundis, M.A. ne cessait de répéter à Léa, qu’elle fuyait la réalité, qu’elle devait accepter des hommes normaux (comme lui?). L’exceptionnel est trop rare et elle n’avait cessé de payer le prix fort pour son plaisir, ces instants volés au temps et plantés dans la géographie.

Le point de Bozorgmehr était, selon M.A, le miroir du plaisir si fort, et si fugace de Léa, c’est-à-dire le sommet de son désamour, qui s’inscrivait dans la durée.

La disparition tragique du point de Bozorgmehr, qui se décomposait littéralement, devait représenter pour Léa, une véritable opportunité, pour enterrer cet amour perdu, éperdu – perdu deux fois, dans un certain sens.

Textes protégés par Copyright : 2010-2011 © Swimming in the Space

Roy Lichtenstein – “We Rose Up Slowly…”

“We Rose Up Slowly…

As if we didn’t belong to the outside world any longer…

like swimmers in a shadowy dream…

who didn’t need to breathe…”

J’aime beaucoup la peinture de Roy Lichtenstein. Avant de lui consacrer un texte plus global, qui parcourrait son oeuvre, je souhaitais faire un zoom, sur un de ses tableaux.

C’est un tableau, que j’avais rangé soigneusement dans un coin de mes pensées, avant de réaliser, par accident, ce matin, en voyant poindre des boutons rouges sur ma peau, que ce tableau irait parfaitement dans mon espace d’écriture, au coeur de “Swimming in The Space”, qui, finalement, aurait pu tout aussi bien s’appeler : “Swimming in a Dream”.

Ce tableau peint en 1964, se situe au Musée d’Art moderne de Frankfurt.

Ce tableau m’aura fait rêver, m’aura transportée, grâce je crois à cette association unique de ce texte fluide comme la pensée, comme un rêve, une avalanche de bonheurs, et l’image de ces deux êtres en extase.

Il est tout à fait représentatif et classique de la période la plus “romance” et “comic strip” de R.Lichtenstein, avec toute la thématique qu’elle porte :

– la femme telle une icône aux cheveux blonds (celle ci ne pleure pas),

– l’homme,  une icône lui aussi,

– le thème du baiser, du désir,  si présent dans les peintures de ce cycle,

– la présence du texte associé à l’image, comme dans une bande dessinée,

– ce mouvement, cette force tourbillonnante, comme si les deux amants aux yeux fermés, aux corps dénudés, étaient en train de se renverser, vivaient un rêve.

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J’ai inclus ci dessous, un zoom de ce tableau qui montre parfaitement les “dots”, tous ces points rouges qui forment le visage de la femme mais aussi, celui de l’homme.

Zoom du tableau : "we rose up slowly..."

Roy Lichtenstein :

“[The kind of girls I painted were] really made up of black lines and red dots. I see it that abstractly, that it’s very hard to fall for one of these creatures, to me, because they’re not really reality to me. However, that doesn’t mean that I don’t have a clichéd ideal, a fantasy ideal, of a woman that I would be interested in. But I think I have in mind what they should look like for other people.”

Dans cette peinture, R.Lichtenstein se focalise sur ces points rouges. Ces points rouges qui forment, de loin, la peau de cette femme. Ce zoom montre le caractère très précis, de sa peinture faite de “dots”, de traits noirs, de couleurs flamboyantes.

Une vidéo : http://www.charlierose.com/view/interview/2743 montre l’artiste réaliser ce genre de tableau, avec une méticulosité impressionnante.

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Enfin, je voulais avoir une pensée, pour Léo Castelli, qui m’a reçue plusieurs après-midi, dans sa galerie de West Broadway, lors de mon année passée à New York en 86-87. Je me souviens parfaitement de ces moments privilégiés, passés en sa compagnie, où le temps ne comptait pas, tant il était heureux de me faire découvrir dans sa réserve les tableaux qu’il appréciait tout spécialement et de me parler de ses artistes, dont Roy Lichtenstein a fait partie.

Textes protégés par Copyright : 2010-2011 © Swimming in the Space