Bicyclette danoise : Pedersen

Concorde – Rue Malaparte en Pedersen Il fallait bien que je célèbre en ce 2 février l’anniversaire de ma grand-mère. Elle aurait eu 109 ans. Pour penser à elle, j’ai traversé Paris et “déménager” la bicyclette qu’elle a eue pour ses 20 ans. Pedersen Bicycle on the Concorde Bridge La mienne, enfin la sienne, celle qu’elle m’a offerte est aussi gracile, aérienne, minimaliste, épurée, presque “caldérienne” que celle photographiée en plein été sur le pont de la Concorde. Est-ce une bicyclette ou une sculpture, une oeuvre d’art aux lignes intemporelles ? J’ai filé sur les pavés, les nids de poule de la place de la Concorde. Les conducteurs de voitures s’inclinaient devant la majestueuse Pedersen. Heureusement car elle est totalement dépourvue de freins. J’avais le champ libre.

Pedersen

Pedersen restaurée

La suspension idéale, la souplesse de la machine m’ont donné de la fougue, de l’entrain. J’ai vite atteint le boulevard Saint Germain : une voie royale. La Perdersen a été la vedette du trajet. Enfants, touristes, automobilistes, badauds se retournaient sur son passage étonnés devant une telle antiquité et tant d’élégance. La Pedersen était applaudie ! Le design scandinave de la Pedersen offre un confort étonnant. Je suis presque debout,  ne ressens aucune tension dans les bras. Les courbes du guidon sont féminines. Le design confère au cycliste une élégance sans égale ! En posant la Pedersen dans la cour de mon immeuble, rue malaparte, j’ai littéralement atterri. Mais je n’ai eu qu’à rejoindre l’escalier, monter lentement cet escalier, pour atteindre la terrasse du désir.

Lost in Translation

Lost in Translation in Paris

vendredi soir, 21h, la rue royale est déserte. Je vois sur le trottoir une japonaise arrêtée, regardant désespérément son iphone. Elle semblait perdue, lost in translation. Sa  valise rouge et brillante était si haute, qu’elle arrivait presqu’à mi-hauteur de sa personne.

Me rappelant la gentillesse des japonais, lors de mes nombreux séjours au pays du soleil levant, je lui demande si je peux lui venir en aide :

“je cherche la place de la Concorde” me dit-elle comme si j’arrivais là pour la sauver.

Je lui indique le bout de la rue. Puis, elle ajoute :

“Savez vous comment je peux aller à l’hôtel, à l’hôtel … ” Elle penchait sa tête sur son Iphone en cherchant à prononcer le nom de l’hôtel.

Je lui dis : “l’hôtel Crillon” me disant qu’il n’y avait qu’un hôtel Place de la Concorde, mais j’étais néanmoins un peu dubitative tant le décalage entre le luxe ostentatoire du Crillon et la simplicité de la petite japonaise me semblait immense.

Et pourtant, c’est bien l’hôtel Crillon qu’elle cherchait. Je précise donc la direction à prendre. J’hésite à lui conseiller de prendre un taxi, malgré la proximité du lieu. Je me ravise. Je quitte la japonaise rassurée et regagne mon domicile.

Je renvoie à deux articles rédigés sur le Japon :

Bleu Piscine : Du Park Hyatt à la rocade des hommes boîte

52 semaines de déambulation : Pli 2

52 semaines de déambulation : Pli 3

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Sans mur : Place de la Concorde

Je scrute la ligne d’horizon et j’abats tous les murs.

Je ne veux plus me cogner la tête contre les murs, ou aller droit au mur.

Les murs envahissent notre vie, notre univers. Ils ne sont qu’enfermement !

Du mur de Berlin, à Wall Street, en passant par les murs de la ville, ces murs taggés  ou bien ceux du monde virtuel.

Tags sur un mur à Beyrouth – Août 2011

Le monde d’internet nous offre ces faux-semblants, ces illusions :

– Ecrire sur son mur : n’est ce pas ainsi que Facebook appelle le lieu où les gens écrivent?

– Echanger avec les autres et se perdre dans les labyrinthes des forums, ces murs du virtuel (littéralement inversés). Et oui, à force de tisser ces “threads”, on perd le fil d’Ariane. Au forum, je préfère l’Agora qui me semble offrir un horizon plus dégagé, ou alors le “speakers corner” à Londres, à l’extérieur !

Emmurée dans mes schémas mentaux, je cherche à tout détruire, murs et toitures, à tout renverser, à changer de cap.

Comment changer de vie, comment être aimée ?

*****

Ce soir, j’ai compris à quel point la place de la Concorde me transportait.

L’absence de murs qui offre un horizon dégagé et la verticalité de ses colonnes, de ses monuments (obélisque, Tour Eiffel) permettent d’élever mes pensées, de rêver, de voyager.

Au petit matin, elle me ravit, me rappelant les scènes du film Diva. Dès la nuit tombée je suis retournée, renversée devant le spectacle qu’elle me procure. Des rais de lumières balaient la voûte céleste,  les lampadaires illuminent l’espace, cette place.

Plantée en plein milieu, l’obélisque de Luxor, m’émeut en particulier la nuit, car elle sait faire oublier sa tête recouverte à l’or fin qui devient noire, comme l’ébène. La tête est tranchée nette, se fond dans la nuit, comme si elle avait été guillotinée.

Le contraste est saisissant avec l’image qu’elle laisse transparaître le jour, où cette pointe dorée attire l’astre solaire, brille de milles feux.

Il faudra que j’en parle à M.A. dans la chambre de mes lundis, lorsqu’il reviendra. Depuis deux semaines, je trouve sur la porte d’entrée un message grave, indiquant son absence. Une angoisse me saisit alors. Comment me délivrer de  mon flot de mots, me libérer de maux ? Comment m’apaiser ? Où trouver un réconfort?

Il ne me reste que l’écriture.

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