La Villa Malaparte fait son cinéma

 

 

La Villa Malaparte s’invite au Festival de Cannes. L’affiche officielle du 69ème anniversaire du festival de Cannes nous offre une montée des marches extraordinaire.

L’escalier à la découpe parfaite raffle la vedette aux marches de Cannes.

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Le temple de l’amitié

Je déchire l’enveloppe où sont posés avec une écriture en forme de pattes de mouches, mon nom et mon adresse. Aucun doute, c’est  bien à mon attention. Le carton d’invitation me convie à une soirée, à la lecture de deux textes, dans un bois privé en plein Paris. Les portes seront fermées à 21h. Une fine bordure noire confère à ce carton un air étrange, comme si c’était un faire part, une cérémonie, un événement à part, un rituel digne d’une initiation. Mais non, ce n’est pas une secte. Il s’agit de célébrer l’amitié, et de sceller un pacte en son honneur.

Antoine me tient la main. Je franchis le porche tout simple du 20 rue Jacob. Exactement comme dans le film de Louis Malle, le feu follet, nous déambulons tout doucement dans la cour pour rejoindre le pavillon, le jardin, et un peu derrière, atteindre le Temple de l’Amitié.

Un immense miroir se dresse non loin, contre le mur jouxtant la propriété voisine. Nous gravissons les marches. Un valet est là pour nous accueillir et me demande le mot de passe. Je lui montre le carton. Mais non, il a besoin du mot de passe.

Antoine me dit alors au revoir.

ruevisconti.com-templeamitié et miroir

ruevisconti.com – temple de l’amitié et miroir

A ce moment précis, des miaulements me réveillent ; Je dévale l’escalier. Mon chat semble calme. De quoi a-t-elle besoin ? Je l’aide à boire. Je passe le reste de la nuit allongée sur le canapé, près d’elle. Je regarde le jour se lever.

Le temple de l’Amitié restera un lieu désiré, relevant de l’inaccessible et du rêve.

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Il serait vain pour moi de vous raconter l’histoire du Temple de l’Amitié et celle du Bois Visconti. Je ne peux que mettre le lien du blog où vous découvrirez tout cela et qui saura satisfaire votre curiosité :

Ruevisconti.com

Je mets également le lien du blog Paris-Bise-Art, dont les jolies photos du Temple de l’Amitié sont sur cette page.

Toutes les photos sur ce post proviennent soit du site Ruevisconti.com, soit de celui de Paris-Bise-Art, dont les liens sont ci-dessus. 

Nouvelle Vague – Citroën : ID ou DS

ou le début du marketing, en pleine nouvelle vague

En parallèle à la DS, il y a eu l’ID. Pour être passée de l’ID à la DS…, l’enfant que j’étais n’a pas senti une grande différence…

Citroën ID

Citroën - DS

Après être amarinée, il ne restait plus qu’à naviguer, voguer : les pays d’Europe du sud ont succédé à ceux de la Scandinavie. Même en roulant vite, les paysages défilaient lentement, en toute quiétude et confort.

Mais c’est vrai, si j’entendais les gens dire, « c’est une DS !», jamais je ne les ai entendus dire : « c’est une ID !».

Pourtant, ces deux lettres « ID » sont sympathiques,…, certes, sans doute, mais pas assez sophistiquées.

Avec l’ID, Citroën vendait une voiture confortable, intelligente, à la pointe de la technologie, innovante ; avec la DS, il a vendu davantage, du rêve, de l’érotisme, l’inaccessible, la quête de la beauté parfaite et du pays où l’on n’arrive jamais.

Textes protégés par Copyright : 2010-2011 © Swimming in the Space

Nouvelle Vague – cinéma

ou les 3 films que je retiens de la Nouvelle Vague

Ce « vent de signes » synthétise pour moi l’esprit d’aventure, un état d’esprit créatif, véritable tournant, révolution qui vient à bout du conventionnel. L’imaginaire est en pleine expansion, se démultiplie.

« L’air du temps », parfum révolutionnaire, mythique, pensé pour séduire, se démarque des autres & demeure indémodable. Il imprime sa marque, sa senteur unique sur la peau, reconnaissable les yeux fermés parmi tous les autres.
La DS ou en parallèle, l’ID de désir, de séduction sont si prégnantes. Cette idée si forte, ce tour de force qui met entre les mains des hommes, l’inaccessible.
La conquête spatiale, cette nouvelle frontière, et au bout, en suspension, « one small step for man, one giant leap for mankind ».

Et puis bien sûr, la nouvelle vague est surtout celle du cinéma !

Dans ce creux de la vague, Truffaut « retourne » le cinéma avec « la nuit américaine », avec Jacqueline Bisset et JP Léaud

Et aussi je revois Jean Seberg, cette icône, scandant « New York Herald Tribune » sur les Champs Elysées, dans « A bout de souffle ».

Godard  refait son cinéma avec « le Mépris »  (avec Fritz Lang !) dans cette fabuleuse Villa Malaparte, et nous montre une des plus belles scènes érotiques du cinéma, avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli.

Ce vent furieux, du bout du monde qui vient à bout du cinéma conventionnel, qui insuffle ce re-nouveau au cinéma. Le cinéma, enfin, sort de sa boîte, de son studio… pour conquérir l’extérieur.

Une vague aussi forte que le vent participe à la ré-écriture du processus du désir, au renouveau d’un monde où le rêve devient accessible, à portée de main.

Paradoxalement, si la nouvelle vague concerne le cinéma français, ces trois films ont une note, une pointe d’accent étranger !

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Nouvelle Vague – La Villa Malaparte – (1)

De mon hôtel à flanc de falaise, sur la côte italienne où je grille, le soleil m’a mise Kaputt et je relis à l’ombre la Peau …. plonge, retourne dans la nouvelle vague, ne peux quitter des yeux La Villa dont les traits, la découpe idéale de l’escalier m’enchantent, me comblent.

L’extrait du « Mépris » montre l’architecture parfaite de cette villa.

Je suppose que Godard pensait aussi à l’architecture du corps de Bardot.

Quoi qu’il en soit, vous verrez cet escalier à la découpe superbe, qui monte sur le toit, ainsi que l’intérieur, avec ses baies immenses, ouvrant sur un paysage idyllique.

La villa semble être un plongeoir et la méditerranée est comme une piscine bleue de David Hockney.

Je ne peux m’empêcher de rapporter cette anecdote délicieuse que mentionne Malaparte dans La Peau. Cela en dit long sur la complexité et l’originalité de l’écrivain.

Extrait de La Peau de Curzio Malaparte (pages 247 – 248), Editions Denoël :

« Un jour, à Capri, ma fidèle « House-keeper », Maria, vint m’annoncer qu’un général allemand, accompagné de son aide de camp, était dans le hall, et désirait visiter la maison. …

J’allai donc au-devant du général allemand et je le fis entrer dans ma bibliothèque. C’était le maréchal Rommel. …

Je l’accompagnai d’une pièce à l’autre dans toute la maison, de la bibliothèque à la cave, et lorsque nous revînmes dans l’immense hall aux grandes baies ouvertes sur le plus beau et le plus pur paysage du monde, je lui offris un verre de vin du Vésuve, provenant des vignobles de Pompéi. …

Il but d’un trait, puis, avant de s’en aller, me demanda si j’avais acheté la maison toute faite, ou si je l’avais construite moi-même. Je lui répondis – et ce n’était pas vrai- que j’avais acheté la maison toute faite. Et lui montrant d’un geste lent et large, la paroi à pic de Matromania, les trois gigantesques rochers des Fariglioni, la péninsule de Sorrente, les îles des Sirènes, le bleu, le vert et le pourpre de la côte d’Amalfi, et là-bas, au loin, l’éclat doré du rivage de Paestum, je lui dis :

– Moi, je n’ai dessiné que le paysage. »

Voilà pour une entrée en matière ou le menu de la semaine.

J’étais à l’Hôtel Punta Tragara dont Le Corbusier a conçu la partie la plus ancienne.

Me nourrissant du plat du jour, un carpaccio et de 3 côtes, tombent en cascade, se croisent, le boeuf, la côte, la caverne, la grotte, Lascaux, la matière, le trait, le fil, le motif, la répétition, le plan…

Ils me mènent illico presto, au « Boeuf », à ce premier tableau acheté il y a 20 ans à ce peintre qui faisait (& fait toujours) ses tableaux au hasard des rues de Paris ou des chemins de campagne.

La peinture figurative, ou abstraite, pour moi, se lit comme un livre, avec sa matière, son plan, la composition, l’impression, son exposition. Le cadre délimite le sujet, même si à mon goût, le tableau se prolonge hors du cadre.

Exactement comme un livre, un tableau se lit, laisse une empreinte différente à chaque lecture. Ce sont des espaces ouvrant sur l’imaginaire, des miroirs de la pensée de chacun, auteur, lecteur, spectateur, acteur, autre.

Comme menu pour la rentrée, pour suivre l’ombre du dernier écrivain, après la côte, figure imposée, ne faudrait-il pas idéalement, pourquoi pas, entamer, partager avec lui, une langue de boeuf ?

Figure libre ou de style, …. la langue n’est-elle pas un des plus beaux matériaux du livre ?

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