Le Mépris – Casa Malaparte

« Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs. »

Cette citation en épigraphe du film ne viendrait pas d’André Bazin comme l’indique le cinéaste, mais d’un article de Michel Mourlet intitulé « Sur un art ignoré » paru dans les Cahiers du cinéma en 1959.

La citation exacte est :

« Le cinéma est un regard qui se substitue au nôtre pour nous donner un monde accordé à nos désirs, »

Ci-dessous, un court extrait du Mépris de Jean-Luc Godard (1963).

Extrait du Mépris (source Flickr)

J’y ai retrouvé ce  moment magique, où après la conversation entre Fritz Lang et Michel Piccoli sur les sentiers derrière la Casa, la musique se transforme soudainement.  La caméra change radicalement d’angle et se détourne, se retourne rapidement  pour nous révéler la Casa Malaparte, avec l’air “Camille” de Georges Delerue pour accompagner ce mouvement.

Godard fixe alors intensément la Casa Malaparte et semble littéralement hypnotisé !

JL Godard nous permet par ailleurs de contempler les paysages environnants, que Malaparte dit avoir dessinés !

«Et lui montrant d’un geste lent et large, la paroi à pic de Matromania, les trois gigantesques rochers des Fariglioni, la péninsule de Sorrente, les îles des Sirènes, le bleu, le vert et le pourpre de la côte d’Amalfi, et là-bas, au loin, l’éclat doré du rivage de Paestum, je lui dis :

– Moi, je n’ai dessiné que le paysage. »

La Peau, Editions Denoël 1949, Traduction René Novella

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