Gravity : Face au vide

J’avais envie de nager dans l’espace, d’y danser… En regardant le film d’Alfonso Cuarón, en 3D, j’ai davantage été secouée, chahutée par les vents spatiaux, et les débris satellitaires.

Les effets spéciaux sont certes étonnants. Je n’avais vu rien de tel avant. Le rendu des images est tel qu’on croirait qu’Alfonso Cuarón a filmé depuis l’espace, a ramené les images de l’espace. C’est sûrement une belle prouesse technologique et esthétique. Les personnages en apesanteur, les images de la terre, sont étonnantes. Si les images de notre planète sont belles, de nuit, de jour, il est vraiment dommage de ne pouvoir reconnaître les formes des pays, des villes.. Je ne pouvais m’empêcher de chercher un contour familier… mais non, impossible d’en trouver avec assurance.

Heureusement que le film est rondement mené, et que les rebondissements s’enchaînent.

Il faut tout de même être extrêmement bon public, pour rentrer un tant soit peu dans l’histoire qui ne tient pas debout. Le scénario est littéralement en apesanteur, face au vide, mais aussi empreint de gravité, et donc, n’a ni queue ni tête.

Que dire des acteurs ? Là aussi quelle vacuité ….  Georges Clooney aime les « flat jokes ». Sandra Bullock, a un rôle à peine plus consistant, mais il dure un peu plus longtemps.

J’aurai navigué, été propulsée de station spatiale en station spatiale : Américaine, Russe et Chinoise…, j’aurais pris le chemin des écoliers pour regagner notre planète, tomber dans l’eau, en sortir pour enfin marcher sur la terre ferme. N’est-ce pas un peu léger pour de la gravité en apesanteur ?

Le film n’a aucune profondeur, si ce n’est de rendre celle de l’espace, grâce aux lunettes 3D. Alfonso Cuarón retranscrit parfaitement l’époque à laquelle nous vivons, une civilisation où l’image est reine, un monde où la superficialité règne. Mais où sont la matière et la pensée ?

Pour combler ce vide, je vais de ce pas, regarder à nouveau, 2001 l’Odyssée de l’espace.

2001-l'odyssée de l'espace - S.Kubrick

2001-l’odyssée de l’espace – S.Kubrick