Casa Malaparte – Point virgule

 

Je viens de découvrir l’affiche officielle du 69ème anniversaire du festival de Cannes. Cette affiche, toute dorée célèbre le film de JL Godard.  Je veux y voir au coeur de l’affiche  la Casa Malaparte.

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Sa maison me fait rêver, sa vie me fascine, ses livres dépeignant la cruauté de la guerre me bouleversent, son écriture me renverse.

Comment Curzio Malaparte est-il venu se planter dans ma tête ? Il est rivé à ma personne, tel un clou, comme un point d’ancrage.

Je ne peux arriver à exprimer clairement ce qui m’attire autant chez Curzio Malaparte : sa vie extraordinaire, sa personnalité un peu folle, son oeuvre, ses voyages, les épreuves qu’il a traversées. Malaparte me transporte, me fait rêver ! Il est une source d’inspiration intarissable. Me voilà désormais habitant sa rue, sa maison à Paris.

Je ferme les yeux, et monte l’escalier lentement, en prenant mon temps pour admirer le paysage.

 

Me voilà sur le toit terrasse, cachée derrière cette ponctuation, cette virgule, cette respiration, que forme le mur du solarium.

 

Ce qui aura manqué à ma vie, est de visiter l’intérieur de sa Casa  à Capri. Car sa maison est bien un des paradoxes de Malaparte : un extérieur au design épuré, des marches, des escaliers à perte de vue. L’escalier montant au toit terrasse est inspiré de celui de l’église d’Annunziata à Lipari. D’autres marches déroulent un tapis et forment un escalier privé qui serpente vers la mer.

L’extérieur est parfait, splendide à mes yeux. Cela pourrait être un lieu de sacrifice, d’abandon, face à l’immensité de la mer, à l’infini de la voute céleste. La verdure environnante accrochée à la roche gris claire se marie à la couleur rose brique de la Casa.

 

Les fonds marins déclinent une palette idéale couvrant l’intégralité du spectre des bleus et des verts.

 

L’intérieur est d’une rare austérité, totalement dépouillé et donne une impression glaciale.

Etait-ce cela la face cachée de Malaparte, un homme avec une pierre à la place du coeur ? un homme uniquement capable d’aimer lui même et ses chiens, dont le célèbre Febo ?

C’est peut-être cela qui m’attire autant chez Malaparte : l’esthétique, l’aridité, une douleur sourde que je devine au fin fond de son âme, au travers des pages folles de violence et de souffrance dans La Peau ou Kaputt.

Malaparte est une idée fixe, un désir à atteindre, un rêve inaccessible.

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