Restauration : rue Malaparte

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Les travaux de la rue Malaparte relèvent-ils de la déconstruction ? Je ne sais. Je dirais plutôt de la reconstitution, de la restauration. Oui, j’ai abandonné les livres que je dévorais, vraie nourriture terrestre, pour me plonger dans ce projet.

Déshéritée, délaissée, abandonnée, je me serai donc construite seule. Cet appartement, ce bien, nourrissent mon esprit. Sa réhabilitation fait partie d’un processus qui concerne également, en quelque sorte, la mienne.

Je regarde le tableau de Delacroix, “la lutte avec l’ange” …

Si j’ai lutté toute la nuit, toute ma vie, je n’ai pas vu Dieu, et je lutte encore, sans gage d’être sauvée.

La rue Malaparte, royaume des escaliers et des clochers est toute proche du ciel. Toutes ces marches, cette démarche vont-elles me rapprocher du paradis ?

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Comment donner la ligne directrice, dessiner l’esquisse, en moins de trois lignes ?

Il me fallait la distribution géométrique de Descartes pour la quantité pure de l’espace mais aussi les équations de la chaleur pour les options.

Ce fut Pascal qui est venu compléter le tout en m’offrant son théorème pour l’alignement.

A cela j’ajoutais le dépouillement japonais, la ponctuation de la Villa Malaparte, et la porte qui ouvre sur la mer à Tyr.

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J’avais revisité en feuilletant mes carnets de voyages les hôtels que j’avais aimés, et les chambres que j’avais habitées. Les chiffres défilaient dans ma tête, …14, 30, 101, 110, 502, 2901, 5006.

J’ai entrepris un vrai voyage. Je pense et dessine le paysage et rêve ce lieu.

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Comme Curzio Malaparte, je laisse le soin à l’architecte de penser la demeure ; moi, j’invente le paysage : les clochers de Saint Sulpice, la fontaine de la Place, la frondaison du jardin du Luxembourg.

Le gris des toitures de la rue Madame est tel une ardoise où je dessine une cheminée à la craie. Les rires des enfants jouant dans la cour de l’école transforment le gris du ciel en un bleu profond, horizon, sans un nuage pour l’instant, et je pense au bleu du ciel de Bataille !

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