Yma Sumac : Ataypura

Il est parfois des noms qui vous envoûtent. En ne trouvant pas le sommeil, en contemplant la lumière de la pleine lune envahir l’espace de vie, en prenant ce petit déjeuner nocturne, décalé, une voix plus qu’un air attira mon attention.

Progressivement, mais sûrement elle passait du plus grave au plus aigu. La musique lancinante s’est ainsi gravée dans ma tête. La mélodie était désuète.

Yma Sumac

Mon oreille se tendit à la fin de la chanson. L’émission diffusée sur France Culture reprit. Je ne garde aucun souvenir des échanges, du thème de celle-ci. J’ai seulement réussi à capturer quelques mots : une diva péruvienne, connue dans les années 50 et qui fit carrière aux Etats Unis. Elle se disait descendante du dernier empereur inca, assassiné par les conquistadors au XVIème siècle. Une histoire qui ne pouvait que me transporter.

J’ai rêvé les yeux grand ouverts, au Pérou, au Machu Picchu où j’ai toujours rêver d’aller; Je me voyais assister à un sacrifice, à une cérémonie en honneur de la plus belle éclipse du siècle. J’ai aimé ces quelques minutes. Mes pensées se sont envolées, ont fait le tour de la terre pour aller au bout du monde.

Il n’y avait pas que la géographie mais aussi l’histoire, la découverte du nouveau monde, les conquistadors. Les deux films d’Herzog ont refait surface. Bien sûr, je pense tout d’abord à Aguirre ou la colère de Dieu, avec Klaus Kinski qui sombre dans la folie au Pérou. C’est peut-être lui qui a tué l’aïeul d’Yma Sumac.

Klaus Kinski – Aguirre ou la colère de Dieu – W.Herzog – 1972

Les images de Fitzcarraldo, l’opéra en pleine amazonie, Klaus Kinski, se présentent ensuite à moi. Yma Sumac y aurait été épatante en tête d’affiche.