Monumenta 2012 – Buren : De Palais en Palais

Alors que je songeais devant ce paysage qui s’étend à perte de vue, j’ai noté que le drapeau français, ce splendide triptyque ne flottait plus sur la cime du Grand Palais, mais qu’il avait été remplacé par le drapeau bleu de BUREN. C’était le signe que l’exposition Monumenta 2012 était ouverte. Buren s’était installé au Grand Palais et le faisait savoir par ce signe. Cet hiver, j’avais traversé les jardins du Palais Royal, de nuit, et j’ai été agréablement surprise par la rénovation des « colonnes de Buren » sises dans la Cour d’Honneur.

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En ce samedi matin, les nuages pommelés se promenaient dans le ciel ensoleillé. Il n’y avait pas grand monde pour l’achat des billets. J’aime le concept unique de cet événement, comme présenté sur le site de l’exposition :

A unique concept of universal appeal MONUMENTA is an ambitious artistic encounter unmatched anywhere in the world, organized by the French Ministry of Culture and Communication. Each year MONUMENTA invites an internationally renowned contemporary artist to appropriate the 13,500 m² of the Grand Palais Nave with an artwork specially created for the event. Contemporary art accessible to all A new kind of artistic performance, MONUMENTA is open to all, a way of discovering a unique event in which great French and foreign artists succeed each other each year. After the success of the first three MONUMENTA events entrusted to German painter Anselm Kiefer in 2007, to American sculptor Richard Serra in 2008, to French artist Christian Boltanski in 2010, each drawing close to 150,000 visitors in five weeks, then the British Indian-born artist Anish Kapoor whose work in 2011 attracted over 270,000 visitors in six and half weeks, it is Daniel Buren- one of the most highly recognized and honoured artists, by both his peers and the public – who will take up the challenge in May and June 2012.

L’entrée de l’exposition « Excentrique(s), travail in-situ » se fait par un passage secondaire, avenue du Général Eisenhover. Une fois la porte franchie, je n’ai pas ressenti d’émotions fortes, comme pour l’exposition de Christian Boltanski en 2010 et surtout comme le fabuleux Monumenta 2011 d’Anish Kapoor  : Le visiteur est invité (mais il n’a pas le choix) à traverser un paysage coloré pour rejoindre le coeur du Grand palais et la sortie située à l’autre extrémité. Je me trouve donc devant une forêt dominée par quatre couleurs : jaune, orange, bleu et vert. Les troncs, ces colonnes, ont le motif noir et blanc cher à l’artiste. 

Photo prise de la galerie.

D’une hauteur de trois mètres environ, presqu’à ras le sol, par rapport à la hauteur de la verrière du Grand Palais, elle s’étale sur toute la surface de cet immense espace. La lumière, les rayons du soleil projette sur le sol l’ombre colorée de chacun des « disques » ou « arbres ». Ce qui marque instantanément est une certaine légèreté et gaité à déambuler sous ces parasols, ces tonnelles. Cette exposition dégage de la normalité, de l’humain. Les enfants se sentent tout de suite à l’aise, dans cet environnement joyeux. Ils jouent. J’en vois un faire de la bicyclette ! Le coeur du Grand Palais, sous la nef, se présente comme une clairière, ou la Place d’un village. Des miroirs ronds, ronds comme ces disques sont posés à même le sol.

Je redeviens une enfant, et ne peux m’empêcher de marcher dessus pour jauger l’effet de plus de quarante mètres de hauteur et également de profondeur rendus par ces miroirs. Ces disques ont un caractère ludique, et je pense que tous les visiteurs auront été tentés, comme moi de les arpenter.
De l’eau est arrivée je ne sais comment sur l’un d’eux. Elle déforme à merveille la nef qui se reflète et ressemble à la cible d’un jeu de fléchettes.
Cet espace central est bien l’attraction, le point culminant de l’exposition.
Des médiateurs, étudiants à l’université de dauphine, vont et viennent en renseignant les badauds. Plusieurs personnes se font photographier, allongées sur ces miroirs, contemplant la nef.
Je quitte ce terre plein central pour rejoindre cette forêt, et me diriger vers la sortie.
Finalement, je trouve que cette exposition ressemble à la vie, notre lot à tous. La première partie est une découverte. Le temps passe lentement. Le point culminant apparaît être le plus beau. La seconde partie, ce versant vertigineux sur lequel tout s’accélère et où il est impossible de freiner nous conduit à notre disparition.
Certes, cette promenade n’est pas désagréable, mais Buren n’a pas réussi, à mon avis, à trouver un thème fort, à déployer la créativité nécessaire pour marquer mon esprit, ou ma sensibilité. De ce Monumenta se dégage une atmosphère de légèreté, de l’ordinaire, qui vire à la fadeur. Le cru 2012 est le moins bon de ces cinq éditions !   Aucune majesté, peu de caractère, rien de monumental…
C’est vrai qu’il n’était pas facile de passer après Anish Kapoor !
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