Librairies Parisiennes : La Procure

Je suis une patiente certainement désespérante, qui vide mon vide.

Avec ce vide, j’emplis la chambre de mes lundis. Avec rien, un souffle, j’expulse cette matière négative qui m’habite.

M.A., dans son malheur, me parle des mystiques et jésuites qu’il découvre et où il trouve l’espérance pour atteindre un jour peut-être l’espoir. Ainsi, par curiosité, ai je pris la route de la rive gauche, vers la Place Saint Sulpice.

Je n’avais jamais franchi les portes de la Procure, la cantonnant, à tort, dans la littérature bigotte, religieuse. Certes, un rayon bien achalandé est dédié à la liturgie, la bible, la religion chrétienne, l’église, mais la majorité des pans de murs propose une variété exceptionnelle et de qualité, de livres en tout genre.

« L’humble Présence » de Maurice Zundel,  que m’a recommandé M.A. était posé sur une table, bien mis en évidence. A ma grande surprise, je n’ai pas eu à beaucoup chercher pour trouver  » Syrie, un état barbare », réédition d’écrits de Michel Seurat. J’ai eu également le plaisir de découvrir l’autre facette de Paco Ignacio Taibo II, cet écrivain mexicain, dont j’appréciais les romans policiers.  Oui, c’était également un excellent historien, comme allait me le prouver son dernier livre : « Archanges : Douze histoires de révolutionnaires sans révolution possible ».

Ai passé un long et bon moment à flâner, quittant le lieu à regret.

En sortant, j’ai profité de ce quartier cossu, privilégié. Je m’y sentais bien, portée par un bien être, le calme, l’harmonie.

J’ai rejoint sans m’en rendre compte, la rue Mabillon, puis la rue de Seine et la boulangerie-patisserie de Gérard Mulot. Sans doute avais je faim et il me fallait bien remplir mon frigo vide. Ce fut chose faite.  Le clafoutis aux griottes est somptueux, tout autant que la tarte Bourdaloue. 

Le marché Saint Germain m’a permis d’équilibrer mes repas du week end avec du poisson et des légumes.

*****

Ce matin, mes fenêtres sont grandes ouvertes vers ce ciel gris. Le paysage est si dégagé, que j’embrasse un espace maximum. Le sommet dentelé de l’Arc de Triomphe se dessine au dessus des toits.

La musique militaire ainsi que la Marseillaise jouées pour les cérémonies du 8 mai, parviennent à moi et réveillent mes deux chats.

Textes protégés par Copyright : 2010-2012 © Swimming in the Space