Côte Amalfitaine – Ravello – Terrasse de l’infini

Il y a peu d’endroits au monde – ils se comptent sur les doigts d’une main- où mourir ne me ferait pas peur, où même, j’aimerais quitter cette terre à cet endroit précis, tant la beauté du paysage m’envoûte et tant l’homme qui m’y accompagne me fait rêver.

La terrasse de l’Infini, qui se situe à Ravello, petit village dans les montagnes de la côte amalfitaine fait partie de ces endroits.

Le village de Ravello est hors du temps, semble suspendu, en apesanteur. Le temps n’y est plus chronologique ; il semble arrêté.

Parsemé de venelles et de rues étroites où se mêlent les odeurs de jasmin, citronniers, potagers, cyprès, pins parasols…, ce fut au XIXème et XXème siècle, un refuge, un paradis pour les artistes.

Logée au rebord d’un promontoire, la terrasse de l’Infini est à flanc de falaise. Elle donne dans le vide. Le temps y est littéralement arrêté. Avec cet accident du temps, et de la géographie, devant cette éternité que nous vivions, tout semblait possible. Qu’importe, ce qui pouvait arriver.

Et, comme si nous avions pensé la même chose, il avait pris ma main, et m’avait soufflé dans l’oreille, qu’il avait envie que nous nous jetions dans le vide, pour plonger dans le bleu de la méditerranée. Je lui suggérais que nous nous statufions et que nos deux bustes reposent au bord du vide pour l’éternité. Il avait choisi cela.


Située au fond d’un parc de l’hôtel “Villa Cimbrone”, la terrasse peut se visiter facilement, en journée, mais il sera difficile de l’avoir pour vous tout seul.

Pour l’avoir à soi, pour qu’elle soit toute à vous, unique, magique, il faut arriver à 8H30, au portail de l’hôtel. Dites que vous souhaitez prendre un petit déjeuner.

Vous pourrez alors déguster un délicieux petit déjeuner copieux dans un cadre idyllique, et de surcroît, avoir le parc pour vous.

Mais rejoignons la terrasse de l’infini, pour l’avoir encore, une éternité pour nous.

J’y suis retournée éternellement, tous les ans. Le retour y est éternel. L’éternité y est tellement prégnante.

A chaque fois que je me promène sur cette terrasse, je reconnais son buste, son visage qui lui ressemble si parfaitement et je médite sur la découpe sublime que fait son ombre sur le sol de la terrasse.

Exactement comme pour le plongeoir des piscines de David Hockney, ou bien la découpe de l’escalier de la Villa Malaparte, je ne me lasse pas de regarder évoluer cette ombre, sa découpe parfaite, tout au long de la journée !

Lui seul savait et comprenait à quel point les escaliers de la Villa Malaparte, les statues de la terrasse de l’infini, l’ombre des plongeoirs des piscines de David Hockney me transportent, me font rêver, nourrissent à l’infini, comme une boucle,  mon imaginaire érotique ;

car devant tant de beauté, l’espace temps est aboli, en ce point.

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