Désamour

Souffrance silencieuse.

Je ne suis rien, ne mérite rien.

Mon inexistence est totale.

Pourquoi continuer à crier en silence ? Je suis condamnée à l’errance, à la malédiction, au désamour.

Dado – Le boucher de St Nicolas – 1981

M.A. sait qu’il ne m’est pas d’une grande aide. Mon mal est trop profondément ancré dans ma personne. Ma douleur est telle, que je ne connaîtrai jamais le bonheur. La joie, la lumière font partie du pays où je n’arriverai jamais. Ce désarroi provient de la lucidité, de l’échec de ma vie et de l’absence d’amour dont j’ai souffert. Je suis au rebut, perdue dans les contrées désolées de l’univers.

Je vais tout arrêter.

M.A. me parle d’espoir alors que lui ne peut prétendre qu’à l’espérance. Je n’espère rien, je n’attends rien.

Je voudrais avoir le courage d’attraper ce cutter posé sur mon bureau, trancher mes veines et d’écrire le mot fin avec mon sang. Qu’il serve au moins à quelque chose. Je suis d’une inutilité totale. Jamais je n’ai existé pour autrui.

L’envie, le désir, l’enthousiasme m’ont quittés. Je me sens descendre encore un peu plus profondément en enfer, dans cette zone qui est glaciale et non dans la fournaise. Je glace tout le monde et ne suis chaleureuse pour personne.

Personne ne m’aura tendu la main, n’aura pris ma main durant ces quarante huit années. Abjecte, je suis pire que la vermine.

Je ne vois pas de solution, si ce n’est l’exil et la disparition.

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