De la vie, de l’infini …

– Et oui, quand on a la varicelle, quelle idée de faire de la bicyclette. Vous me ferez le plaisir de rentrer en bus ou en taxi. Et pourquoi ne dormez vous pas ? Vous avez l’air épuisée.

Le médecin arrêta de me tancer en découvrant mon allergie à cette poudre qui était censée calmer ma peau.

– Pourquoi ne pas avoir appelé plus tôt ?

– C’est ce que j’ai fait, mais votre secrétaire a dit qu’il était normal d’avoir des démangeaisons lorsqu’on a la varicelle.

Après avoir appliqué une lotion apaisante sur mon corps, je me suis retrouvée enrubannée, comme une momie, de la tête au pied. Le médecin ajouta en souriant, vous ne ferez plus de vélo ainsi ! Allez, rentrez chez vous, reposez vous, cela va s’arranger, un peu de patience !

*****

Lorsque je suis montée dans le bus, trois personnes m’ont offert leur siège. Vêtue de noir, les pansements blancs se voyaient encore davantage.

Homme blanc, Jérôme Mesnager

Oh regarde la dame, on dirait une momie !,  s’est exclamée la fillette de 5 ans environ à sa camarade. Sa mère était un peu plus loin, avec un bébé dans les bras. Maman, Maman t’as vu la dame ? Regarde, c’est eccepp ecceptionnel, très très rare et vieux comme un dinosaure

J’étais assise près d’elles. La petite s’est alors lancée dans un monologue, digne d’un cours de philosophie.

La vie c’est infini, cela recommence tout le temps. Même quand tu es mort, tu es vivant, au paradis. C’est bien, parce que tu es bien installée dans un petit lit en pierres. Tout le monde vient t’apporter des fleurs, de toutes les couleurs. Et l’univers, les étoiles, le paradis, c’est infini, il n’y a pas de fin, même si toi aussi, tu vas mourir. On va tous mourir, mais cela recommence, la vie. Et les nuages, le ciel, c’est infini, cela continue toujours, toujours. Il n’y a pas de fin. C’est  çà la vie….

*****

Mon arrêt arrivait déjà, et je quittais à regret cet enfant au discours plein de fraîcheur, de spontanéité. J’avais oublié mes maux, mes pansements et je souriais. Les pensées de l’enfant défilaient et me procuraient une cure de jouvence.

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