Envol pour New York

Ce fut la bonne nouvelle de ce début d’année : m’envoler trois jours vers le nouveau monde, à New York.

J’ai pu éviter de me retrouver à l’hôtel qui se situe près du bureau. Kris, alors à Londres, m’a prêté son appartement. J’adore le bas de l’Upper East Side. Je me sens chez moi dans ce vaste trois pièces. J’y ai mes habitudes, dans ma solitude. Je m’épargne ainsi les soirées ennuyeuses avec les collègues.

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Le sombre devient noir. Je ne vois plus la lumière.

J’ai cette impression de vide, de lisse : tout glisse sur moi, rien n’adhère à ma peau. Allongée sur la glace, je descends, glisse à toute vitesse sur les pentes les plus raides  pour atteindre l’abîme.

En pleine chute libre ?  Non justement, elle n’est pas libre et je ne peux la maîtriser.

Je me suis réveillée en plein vol. Le désir de rejoindre New York avait disparu puisque ce voyage était entamé. Le but était à portée de main, donc sans intérêt. 

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Durant ces trois nuits new yorkaises, mes cauchemars récurrents sont revenus me hanter.

En pleine situation chaotique, en état de guerre, je tente d’échapper à mes poursuivants : qui sont-ils ? je ne le sais. Je ne les vois pas. Terrorisée, je cours dans les sous-bois à toute allure, et je sais qu’ils sont là, derrière moi, prêts à me tuer.

J’arrive dans une clairière, qui est un champ de bataille où gisent des cadavres. La seule solution que je trouve pour échapper à la mort est de la simuler : je me terre parmi les cadavres. J’entends mes poursuivants arriver. Je ne bouge pas, retiens ma respiration. Je les entends transpercer de leurs armes blanches chaque corps présent sur ce champ de bataille ; Vais je finir comme mon grand père, dans une fosse commune, nulle part ?

Je me réveille alors que la lame acérée est sur le point de pénétrer mon flanc.

Sont-ce mes passages au 1728, à l’hôtel particulier de La Fayette qui a déclenché le retour de ce cauchemar ?

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J’aurai sauté de mon bureau à cet appartement matin et soir ; je serai restée cloîtrée dans ma bulle désespérée. Et déjà il me faut regagner Paris.

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