Sans mur : Place de la Concorde

Je scrute la ligne d’horizon et j’abats tous les murs.

Je ne veux plus me cogner la tête contre les murs, ou aller droit au mur.

Les murs envahissent notre vie, notre univers. Ils ne sont qu’enfermement !

Du mur de Berlin, à Wall Street, en passant par les murs de la ville, ces murs taggés  ou bien ceux du monde virtuel.

Tags sur un mur à Beyrouth – Août 2011

Le monde d’internet nous offre ces faux-semblants, ces illusions :

– Ecrire sur son mur : n’est ce pas ainsi que Facebook appelle le lieu où les gens écrivent?

– Echanger avec les autres et se perdre dans les labyrinthes des forums, ces murs du virtuel (littéralement inversés). Et oui, à force de tisser ces « threads », on perd le fil d’Ariane. Au forum, je préfère l’Agora qui me semble offrir un horizon plus dégagé, ou alors le « speakers corner » à Londres, à l’extérieur !

Emmurée dans mes schémas mentaux, je cherche à tout détruire, murs et toitures, à tout renverser, à changer de cap.

Comment changer de vie, comment être aimée ?

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Ce soir, j’ai compris à quel point la place de la Concorde me transportait.

L’absence de murs qui offre un horizon dégagé et la verticalité de ses colonnes, de ses monuments (obélisque, Tour Eiffel) permettent d’élever mes pensées, de rêver, de voyager.

Au petit matin, elle me ravit, me rappelant les scènes du film Diva. Dès la nuit tombée je suis retournée, renversée devant le spectacle qu’elle me procure. Des rais de lumières balaient la voûte céleste,  les lampadaires illuminent l’espace, cette place.

Plantée en plein milieu, l’obélisque de Luxor, m’émeut en particulier la nuit, car elle sait faire oublier sa tête recouverte à l’or fin qui devient noire, comme l’ébène. La tête est tranchée nette, se fond dans la nuit, comme si elle avait été guillotinée.

Le contraste est saisissant avec l’image qu’elle laisse transparaître le jour, où cette pointe dorée attire l’astre solaire, brille de milles feux.

Il faudra que j’en parle à M.A. dans la chambre de mes lundis, lorsqu’il reviendra. Depuis deux semaines, je trouve sur la porte d’entrée un message grave, indiquant son absence. Une angoisse me saisit alors. Comment me délivrer de  mon flot de mots, me libérer de maux ? Comment m’apaiser ? Où trouver un réconfort?

Il ne me reste que l’écriture.

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