1728 – Hôtel Mazin – Lafayette

Je suis tout de suite tombée sous le charme du 1728, de l’Hôtel Mazin Lafayette. En me promenant dans mon nouveau quartier, j’ai été attirée par une façade altière d’une petite rue peu fréquentée. Etait-ce un appartement privé, un café, un restaurant ? J’avais franchi la lourde porte cochère ; l’entrée du 1728 se faisait sur la gauche, sous le porche. De lourds rideaux semblaient intimer : défense d’entrer. Je me suis dirigée dans la large cour pavée avec  d’un côté, la façade de l’hôtel particulier, de l’autre, les écuries. Le lieu dégageait une élégance naturelle, non surfaite. De la cour, je pouvais distinguer les trois salons du 1728 : j’apercevais les boiseries, les hauts plafonds, les lustres, les miroirs. Tout cela attisait ma curiosité.

Sur un panneau, près de la porte d’entrée, était indiqué que le lieu était un restaurant, une galerie d’art, un bar, un salon de thé, un cabinet de curiosités ! Cela me convenait parfaitement. C’était exactement ce qu’il me fallait, ce dont j’avais besoin !

J’ai ouvert la porte, grimpé l’escalier intérieur pour arriver dans la salle d’armes où j’ai été accueillie par Yang Lining. Oui, il était possible de prendre un thé. Je fus conduite dans le Salon de musique.

J’ai pris tout mon temps pour choisir ma table, ce serait la N°3. Elle offrait un panorama complet sur tout le salon et j’avais tout loisir d’en observer les hôtes silencieux.

J’ai élu ce lieu idéal pour mes pages d’écriture. J’avais tout simplement l’impression d’être chez moi, d’habiter ce lieu, exactement comme j’habite les hôtels que j’aime, l’Hôtel Villa Cimbrone à Ravello, le Punta Tragara à Capri, le Palmyra de Baalbeck, le Park Hyatt Tokyo, le Ryokan Tawaraya de Kyoto.

Il se dégage du lieu : calme, intimisme, chaleur, malgré la taille généreuse de ce salon, presque 50 m2 et près de 5 mètres de hauteur sous plafond.

Les boiseries, le parquet, les bougeoirs allumés sur la cheminée, les décors 18ème, dans leur jus, les toiles XVII et XVIII sur les murs y sont sûrement pour quelque chose et confèrent à l’endroit une atmosphère magique.

Je m’attendais à voir apparaître dans ce salon de musique, le chevalier de Balibari,

ou bien Lady Lyndon :

Indéniablement, l’endroit aurait pu être parfait pour le tournage des scènes du film de Kubrick : Barry Lyndon.

J’aurai écrit, déliré pendant trois heures dans ce décor de rêve, qui me transportait mais où j’étais bien réellement.  J’ai dégusté ce thé vert au parfum si subtil, tout à la fois puissant et délicat avec une part de tarte à l’orange amère. Le tout fut un délice.

Je suis partie à regret, de cet endroit si délicat, rare et fragile. Mais je sais que j’y élirai domicile les samedis après midi de la fin d’automne et que que j’y retournerai seule, pour écrire et rêver, à défaut de me retourner avec un homme.

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