Impressions d’octobre

Alors que le soleil frappait les vitres de cette pièce, et que la chaleur était telle qu’elle devenait littéralement insupportable, j’ai senti mes jambes vaciller, ma tête sur le point d’imploser. Pour capturer un peu d’air frais qui me soulagerait, j’ai ouvert la fenêtre, qui donne sur ce cimetière immense, puis en second plan, sur des immeubles de banlieue, vers Nanterre et Puteaux. Certains immeubles ont des fenêtres en forme de larmes. Face à ce paysage de désolation, mon ouïe est alors attirée par des sons étranges.

Je me suis retrouvée projetée au Moyen Orient. Je pouvais entendre très distinctement les appels à la prière du muezzin. Pourtant je ne pouvais discerner aucune mosquée. Quelques instants plus tard, une voiture est passée à toute allure, le moteur vrombissait si fort, que je m’imaginais le conducteur appuyer à fond sur l’accélérateur, comme le faisait mon chauffeur Abdou en Syrie. Les vitres devaient être toutes ouvertes pour laisser échapper cette musique arabe qui hurlait. Le voisinage dormait pour l’éternité.

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