Brumes

Je regarde ce présent, comme je pourrais regarder un tableau, une peinture.

La brume, le brouillard sont entrés dans mon monde depuis longtemps. Je ne discerne rien. La confusion règne dans mon esprit, qui n’est plus que chaos.

Dans l’incapacité de trouver le répit, de clarifier mes pensées, je me perds en considérations sans objet. Je perds mon temps, je cours après le temps, sans rien en faire. Mon esprit est comme assommé par une énorme vague qui viendrait le frapper. Cet esprit est disloqué.

Lucide, mais ne trouvant pas la clé pour avancer correctement, je suis dans la souffrance. Mon état mental s’accompagne de douleurs physiques tant mes muscles sont tendus. Je sens ces muscles se crisper autour de mes os, en particulier, ceux de mes mains, de mon visage.

Je perçois tous mes muscles, y compris les plus petits, les plus minuscules, se tendre au point d’emprisonner mes os et de les faire souffrir. Je ne cesse de masser mes mains, mon visage, pour tenter de les détendre. Les douleurs gagnent du terrain en atteignant désormais mes poignets et mes avant-bras.

La fatigue, l’épuisement m’envahissent, comme la brume envahirait un paysage. Ma concentration est en vacances, fuyant le bruit et l’agitation incessante de mon environnement.

J’aspire au silence, au calme. Je voudrais me poser. L’aiguille de ma boussole s’affole et m’induit en erreur, ne m’indique pas la bonne direction.

Pourquoi est-ce que je mets ma vie en jeu, dans mon quotidien, au point de créer des tensions inutiles, de dépenser mon énergie à mauvais escient ? Pourquoi me détruire autant ?

Seul un homme pourrait m’apporter cette tranquillité forte, solide qui me stabiliserait.

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