Et si ?

Et si j’arrêtais d’écrire ? A quoi cela sert d’écrire puisque je ne suis rien, personne, puisque cette démarche est vaine, sans destination, sans reconnaissance, sans existence, sans joie ou plaisir partagés ?

Et si je renonçais à ces 3 objets dont je n’ai que faire et à ce que m’a réservé ce géniteur : le moins que rien qu’il a l’obligation légale de me laisser ?

Ma santé mentale ne vaut-elle pas mieux que quelques centaines ou milliers d’euros dont je ne verrai jamais la couleur ? Au moins, je serais moins humiliée, positionnée hors des discussions qui se dessinent. Je me préserverais d’une certaine manière, de toute la honte et l’humiliation de ce père, qui m’a vouée à ne pas être heureuse.

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Je m’acharne à balayer, de mes yeux,  l’obscurité. Je n’y vois aucune lumière. Le malheur appelle le malheur.

Que me réserve cette vie brisée et finie, si ce n’est le mépris des autres, leur indifférence, la solitude, la honte et mon humiliation imprimée sur mon corps, dans mes pensées.

Combien de temps me reste-t-il à vivre, en tant qu’animal, qu’être rejeté, sali, méprisé ? Combien de temps vais je pouvoir endurer cet enfer terrestre ?

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Et si rien, n’était pas mieux que souffrir ?

Et si je renonçais à l’enfer qui m’attend, à toute cette douleur supplémentaire qui me guette ?

Et si je me taisais pour l’éternité ?

Et si l’heure était venue de faire le choix de partir pour ne plus souffrir ?

Le poids de la souffrance, vécue et à vivre, dans le silence, la solitude et l’indifférence générale, est tel, que mourir devient une option à étudier.

Je vais prendre rendez-vous avec la mort pour lui en parler.

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