Retourner au Moyen-Orient : Syrie, Liban

Je ne sais ce qui m’attire vers ces pays du Moyen-Orient. Il y a comme un magnétisme, un aimant qui captive ma personne et m’oriente, me dirige, me fait regarder vers eux. J’ai décidé d’y repartir cet été, pour y écrire un autre voyage, une autre histoire.

J’ai envie d’y retourner, de m’y retourner éternellement, de m’y renverser, d’être bouleversée, d’en imbiber le fluide de ma pensée.

Je sais que j’irai en Syrie, au Liban ou en Jordanie. Je l’ai décidé, je suis déterminée. Rien ne pourra m’en empêcher. Mes choix se feront au dernier instant, en espérant que l’apaisement régnera. J’aurai ainsi, toute latitude de choisir ma latitude géographique.

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J’ai envie de retrouver l’aridité des paysages, ces pierres et cette terre brune à la couleur unique.

Aridité, près d’Alep, Syrie

J’ai envie de revoir ce disque solaire qui dévore toute ombre et blanchit les pierres et les paysages. Puis dans un cycle inépuisable, le soleil me restituera le contraste, la couleur, amplifiera le spectre des rouges.

La découpe des escaliers, des piliers, des arbres,… réapparaîtra sur le sol, dans le champ de vision ou de ruines, ce champ d’écriture, ce chant des mots qui ne sont plus des maux. Ce qu’il restera des « remains », des champs de ruines, nourrira mon imaginaire.

Champ de ruines, Baalbek, Liban

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Je désire sillonner les montagnes si vertes, apportant une vague de fraîcheur dans cet été brûlant. J’ai envie de parcourir la forêt de la Bkassine. J’ai envie de me perdre en marchant au fond de la vallée de la Qadisha.

Vallée de la Qadisha – Ermitage près du monastère de Saint Antoine, Liban

J’ai envie de nager dans les eaux magiques des lacs ou de la méditerranée, pour y voir ces temples en ruines, engloutis pour l’éternité. J’ai envie de puiser mon encre dans ces réservoirs immenses.

Tyr, Liban

J’ai envie de passer du ramadan à la terre chrétienne, de danser entre ces deux routes, ces deux univers.

J’ai envie d’être à nouveau invitée à rompre le jeun du ramadan et de recevoir la générosité de ces musulmans. J’ai envie d’avoir mon sommeil bercé par les prières du muezzin la nuit. J’ai envie d’entendre sonner l’angélus dans les montagnes à Bcharré ou dans ses environs.

J’ai envie de me perdre dans les souks toujours étonnants, avec leur silence ou leur bruit intense. J’ai envie de retrouver les couleurs déclinant l’arc en ciel, les odeurs douces, fortes ou répugnantes.

Damas, Souk

J’ai envie de nourrir le fluide de ma pensée, du goût, de la saveur, des odeurs, des couleurs, des paysages, des voix, …, de tous ces instants fugaces que je vivrai. J’ai envie de ralentir le temps, de l’inverser, de l’arrêter. J’ai envie de restituer ma pensée dans l’écriture.

J’ai envie de franchir des frontières, entre ces pays ou d’autres frontières, celle de mon monde, donc d’agrandir mon territoire, ma clairière, mon champ d’écriture. J’ai envie de côtoyer le bord et l’arête.

J’ai envie de retrouver mes chambres d’été de Damas, d’Alep, de Qalaat al Hosn, de Bcharré, de Baalbek et puis d’en découvrir d’autres à Jezzine, Beirut, Sour, Tyr.

J’ai envie d’écrire ce voyage, de l’inventer.

J’ai envie de découvrir, sentir, regarder, écouter, aimer, partager, échanger.

J’ai envie de vivre. J’ai ce désir.

C’est un peu, en quelque sorte, un appétit qui revient, qui se développe, qui croît à vitesse exponentielle. Tout cela me confirme qu’il me faut retourner dans ces pays, qu’il me les faut, qu’il m’apporteront du désir, du plaisir, de la jouissance, qu’ils sont sur ma route et que je ne dois pas les nier, sous aucun prétexte.

Le passé est désormais oublié, comme il se doit. Il me faut poursuivre éternellement la découverte de ces pays, les approcher avec un autre angle de vue, dans la solitude qui m’accompagne.

Il me faut remplir ces espaces blancs, avec l’encre que me fournira le bleu du ciel.

J’en ai envie, terriblement envie.

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