Renaissance du désir et du plaisir

Le désir d’écrire est intact en moi. Ecrire est sans doute, l’unique chose qui me procure du plaisir. Je me sens fragile, sensible, au point de penser que je suis à fleur de peau, sans peau, ma chair est à vif. Tout ce qui s’approche, même le souffle doux transportant l’odeur de jasmin, dans ces venelles, m’effleure, me touche, fait que mon cou se relève que je frémis de plaisir ou de douleur. La limite entre les deux est parfois si ténue.

C’est comme si, j’étais nue, mise à nu, pour écrire. Démunie de tout, dans le dépouillement, sans attente, sans espérance, l’écriture relève pour moi d’un chemin solitaire, d’un sentier qui peut bifurquer à tout moment.

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Non, j’ai dégusté les cerises Napoléon jaune pâle et orange ainsi que ces cerises rouge sombre, que j’ai croquées. Leur goût acidulé reste dans la bouche, longtemps, tout comme le goût d’un baiser.

J’ai marché à rebours dans le temps, en buvant le jus d’un citron rapporté d’Italie. Avec de l’eau gazeuse, ce jus a la saveur de l’ailleurs, de la Campanie. Le ciel parisien ne sied pas à ce moment.

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Que j’aimais, en fin d’après midi, vers 17H, une fois que l’ombre avait étendu son territoire, regagner ma chambre, en prenant l’escalier et grimper ses cinq cents marches. La chaleur capturée par les pierres, et la disparition subite du soleil magnifiaient les parfums du jasmin, des figuiers de barbarie, du laurier, des herbes aromatiques. J’adorais voir les coquelicots reprendre vie.

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J’ai aimé trouver mes deux chats lovées l’une contre l’autre. Je caresse mes bleus russes dont le pelage gris bleu, au toucher, est aussi doux que la soie. J’entends les ronronnements qui m’apaisent.

Tous les matins, dès que le soleil se lève, la petite vient me caresser le nez avec sa patte, ses coussinets si doux. Je m’enfonce sous la couette, je sens la grande endormie contre mon corps. La petite devient téméraire et insiste sur ma chevelure. Si je ne bouge toujours pas, la troisième phase est plus sportive : elle saute de ses quatre pattes sur mon corps. Je n’ai plus d’excuse pour être endormie.

C’est une vraie tsarine, me demandant parfois qui est le maître ? Elle réclame des caresses sur les oreilles et soudainement se met sur le dos, pour que je lui gratte le ventre : c’est un rituel du matin.

La grande vient prendre toujours la meilleure place, tout près de moi, lorsque je suis assise ou j’écris. Elle me regarde, me sourit avec ses grands yeux bleus verts, comme la couleur des fonds sous marins en méditerranée, près de la Villa Malaparte.

Elles ont toujours eu raison sur les hommes que je fréquentais. Elles me confiaient leur impression sur leur personne, comme elles pouvaient, en se manifestant. Je tenais compte de leur avis. Elles sont très fines psychologues.

Un homme devait se faire accepter par mes princesses slaves. Et parfois même, l’homme dégageait une autorité qui faisait que je n’étais jamais dérangée (ou presque).

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J’ai reçu la carte postale d’Italie, que m’a envoyée ma soeur. Elle me soutient, m’offre son amour, sa tendresse. Je sais que je peux compter sur elle, qu’elle veille sur moi, m’encourage, alors que je suis dans le creux de la vague, en attendant la vague suivante, qui sera montante. Elle est en quelque sorte mon ange gardien. Que ferais-je sans elle ?

J’ai été contente qu’elle remarque mon nouveau parfum et qu’elle me dise qu’il m’allait bien.

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Le soleil se cache, en toute fin d’après midi. J’écoute avec bonheur le cri strident des hirondelles qui fendent l’air comme un sabre trancherait une tête. Leur folle trajectoire dessine des traits lumineux dans le ciel.

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Les sentiers du plaisir, leur dessin, leur longueur, leur sens sont un voyage à part entière, comme un apprentissage. Les sentiers du plaisir requièrent méticulosité, patience, persévérance, imagination. Ce sentier du plaisir est le trait de la vie. Plus le bonheur est présent, plus sa luminosité dégage de l’intensité. C’est ainsi qu’il est d’autant plus repérable sur Google Earth, depuis le ciel.

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