La Disparition

Et si je disparaissais,…

Que se passerait-il ? Qui pourrait s’en apercevoir, s’en inquiéter ?

Combien de temps faudrait-il pour découvrir que je ne suis plus là ou que je ne suis plus ?

Seraient-ce les miaulements des chats affamés, l’odeur de vermine que je serais devenue, qui réussiraient à incommoder le voisinage ? Ou faudrait-il plusieurs mois d’impayés pour qu’un huissier soit diligenté à mon domicile ?

En quel état de décomposition serais-je ? Que resterait-il de moi ?
Aucun bloc de pierre comme à Baalbek.

Les hommes m’ont tous oubliée ou n’ont pas eu à m’oublier.
Les rares amis que je pouvais avoir, m’ont enterrée depuis longtemps. Ma famille a l’habitude de mes silences.

Je réalise que je ne suis que silence, que je n’existe pas, que je ne suis rien, que du vide.

N’y aurait-il que mes pages blanches à s’émouvoir de demeurer vides, à hurler pour que je les remplisse ?

Ces pages blanches seraient, comme tous ces nuages blancs, dans le ciel, que je rêve de remplir lorsque, allongée sur mon lit, je les vois défiler.

Attendez moi, n’allez pas si vite, essaie-je de leur souffler…

Mais les forces s’amenuisent.
Déjà, je ressens mes membres se refroidir, s’engourdir tout doucement.

Je ne lutte pas, ne résiste pas.
Tout s’apaise.
Je m’en vais.

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