Massoud l’afghan

Ahmad Shah Massoud : déjà, à lui seul, son nom me transportait.

J’aurais rêvé rencontrer le Commandant Massoud, « le lion du Panshir ». J’étais allée voir à sa sortie, en 1998, le documentaire éponyme de Christophe de Ponfilly.

Son visage altier, aux traits fins, ses yeux rieurs, comme sérieux, son nez splendide me faisaient rêver. Je trouvais cet homme tout simplement beau. Sa beauté physique me renversait.

Comment ne pas être émue devant le charisme du personnage ?

Comment ne pas être ébahie par sa lutte féroce contre les russes, contre les Talibans, sa ténacité ?

Comment ne pas être renversée par son courage, et par son destin,  lié à ce 11 septembre 2001, jour funeste, exactement comme le 09 septembre 2001, date de sa mort ?

Comment ne pas être touchée de :

– l’entendre réciter des poèmes, parler de sa famille avec fierté,

– l’écouter parler du Général de Gaulle, avec un français parfois hésitant mais sincère,

– le regarder jouer aux échecs, ajuster sa « pacole »,

– le voir fatigué par des nuits courtes, bouger sans cesse, quitter un abri pour en retrouver un autre, espérer tant de la France, de l’Europe, et avoir si peu d’écoute en retour,

– scruter ce visage marqué par la concentration, la réflexion, l’inquiétude profonde à perdre des hommes, quelques minutes avant qu’il ne donne l’ordre d’attaquer,

– constater l’accueil qu’il réservait à des occidentaux dans sa maison, ou sa case-mate dans les montagnes d’Afghanistan.

*****

Je me suis promis, d’aller un jour sur sa tombe, dans la vallée du Panshir, d’essayer de rencontrer son fils, dont je me rappelle le charisme alors qu’il avait à peine 10 ans, à la mort de son père.

Je me suis promis d’aller un jour en Afghanistan, pour sentir le temps aller lentement comme dans le livre de Joseph KESSEL  (les cavaliers), sans oublier d’aller à « Mazar e  Charif ».

Je me suis promis d’assister à un Bouzkachi.

Je me suis promis de marcher dans ses montagnes aux paysages à couper le souffle.

Je me suis promis de trouver le Mollah Omar avec sa mobylette, de courir après, à en perdre le souffle, et de le capturer, faisant ainsi, mieux que G.W Bush.

Je me suis promis de combattre la culture du pavot, ce venin qui empoisonne le monde entier.

Je me suis promis d’apporter des livres pour que les enfants, garçons ou filles, n’apprennent pas que le Coran.

Je me suis promis de promouvoir la scolarisation des filles.

J’avais été stupéfaite devant la beauté terrorisée de cette jeune afghane Sharbat Gula, photographiée par Steve Mc Curry dans un camp de réfugiés,  au Pakistan en 1984,  lors de la guerre contre l’Union Soviétique :

Aurai-je assez d’une vie pour faire tout cela ? Est ce que l’Afghanistan retrouvera un tant soi peu de paix, pour que je puisse m’y rendre à temps ? Cela va faire bientôt dix ans, que Massoud a été assassiné, que le 11 septembre 2001 a eu lieu….

Comment l’Afghanistan a progressé ? Si peu … ce pays, ce peuple me semblent mériter tellement mieux que le chaos.

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