Barry Lyndon – Palais Royal – Comédie française

En cet après midi, je suis au café « Le Nemours », Place Colette, dans ce passage entre la Comédie Française et les Jardins du Palais Royal. En passant devant le Conseil d’Etat, j’ai eu une pensée pour J.C.H. et puis il s’est envolé de mon esprit.

Il est peu fréquent que j’écrive au Café. Mais là, le service est lent, et la petite table ronde, garantit une stabilité étonnante pour accueillir mon Moleskine et mon Darjeeling. Il fait froid. De la chaleur est soufflée par un chauffage au gaz en suspension.

– Je lève les yeux et  aperçois Grégory Gadebois (qui joue Tony, dans Tony et Angèle), sur le balcon de la Comédie Française. Il fume une cigarette. Ses deux bras sont vraiment costauds et recouverts de tatouages… dommage.

– Trois musiciens  jouent sur cette place  une musique que je connais mais dont je n’arrive pas à retrouver le titre.

– Je baisse les yeux et tombe en arrêt devant un couple, qui passe devant moi :

  • L’homme évolue tel un artilleur anglais du 18ème siècle : les cheveux blancs; soigneusement coiffés. Il porte une redingote rouge  qui littéralement détone, une paire de pantalons noirs qui détonne avec ce rouge si visible. Ce rouge si spécial me fait penser tout de suite, au film Barry Lyndon de S.Kubrick
  • Sa stature est un peu raide, il marche d’un pas militaire, rythmé, comme s’il allait à la rencontre de la mort. Il ne lui manque que le chapeau et la baïonnette.

  • Une femme l’accompagne. Ils se tiennent par le bras: Elle est maquillée comme Marisa Berenson, la peau blanchie, et deux globes terrestres parfaits, rouges, dessinés sur ses pommettes. Elle est tout de noir vêtue, et porte un chapeau et des chaussures comme celles de l’actrice dans le film.

  • Je réalise enfin que l’air joué par ces musiciens, est l’andante, con moto du trio in E Flat,  D 929 de Schubert. Exactement ce morceau qui accompagne la scène ci-dessus dans Barry Lyndon.  J’adore ce morceau, interprété par R.Serkin au piano, et les frères Busch, au violon et violoncelle.

J’avais vécu ce film comme la visite d’un musée tant l’image, la photo sont travaillées, parfaites et me font penser à des tableaux.

– La mise en scène de Kubrick, rappelle les cadres de tableaux.

– La lumière, en particulier celle des scènes à la bougie, renvoie à celle des tableaux de cette époque

– Une des dernières scènes du film, montre Marisa Berenson signer un billet pour une rente, datée de 1789.

J’avais été marquée par la symbolique de l’année de ce billet.

Comment ne pas mettre en perspective l’histoire, la vie banale de cet homme, qui a eu le parcours de son ambition, avant d’être renversé, et sombrer, plus bas d’où il venait,  avec l’histoire, l’Histoire avec un H, la révolution qui allait tout renverser de même, et marquer le pas d’une nouvelle ère ?

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