« Air » – Maillol, Dina Vierny

En ce samedi ensoleillé, j’allais au Jardin des Tuileries, dans mon coin de Paris, face à ce champ de lavande.

J’avais réussi à m’isoler malgré la foule qui arpentait les avenues du jardin.

Le jardin était rempli de photographes, de caméras télé, pour célébrer, capturer quelques clichés de « jeunes modèles », des top modèles à venir ?

Elles étaient des déesses en puissance face à toutes ces personnes qui semblaient les idolâtrer, qu’elles faisaient rêver.

C’était le monde entier de la mode qui semblait réuni au jardin des Tuileries.

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La luminosité était étrange ; la Tour Eiffel était à peine visible, de même pour le musée d’Orsay ou l’arc de triomphe.

Les appareils photos fleurissaient. Je ne voyais qu’eux et me suis décalée en marchant vers le Carroussel du Louvre, en prenant les chemins de traverse, là où personne n’avait idée d’aller.

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Je retiens :

– les deux chevaux montés par les gardiens de ce jardin. Ils allaient d’un pas lent, et  avaient une couverture jaune fluorescente

– un dément, qui danse sur les plates-bandes. Il m’agresse verbalement en me demandant où est la sortie.

– les enfants près du bassin qui jouaient avec les voiliers : je vais à rebours !

– la lumière extraordinaire sur cette pierre si spéciale de l’Hôtel de Talleyrand (le diable boiteux)

– le cache d’un appareil photo pentax, tombé parterre, que j’ai rapporté à son propriétaire, un américain, qui a eu du mal à me dire « thanks a lot »

– le goût du chocolat, de ces deux carrés de chocolat 100% cacao, de la Maison du chocolat, qui fondait dans ma bouche

– la statue de Maillol, nommée « Air », qui montre une femme lourde (sans doute Dina Vierny), en suspension dans ce jardin.

Les lignes sont douces, lisses, pures, minimales à l’exception des cheveux qui sont travaillés. Rien à voir avec les creux, les plis, des statues de Rodin.

Je regarde pour la première fois la statue de dos et suis fascinée par la courbe parfaite de la colonne vertébrale, ainsi que par ces bras aériens.

Cette statue porte son nom à merveille. Elle paraît être en suspension, voire en apesanteur.

Elle m’a apportée un peu de légèreté lors de ce samedi après-midi, à 16h30. J’étais seule, à marcher seule, à la contempler.

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