Bleu Piscine – Lina G.

Lina G. est au cinéma avec sa soeur Léa, et ses parents.

Le cinéma ressemble à une piscine:

Les murs sont carrelés de faïence bleu ciel,

exactement comme les parois d’une piscine.


La salle descend, comme descendrait une piscine. L’écran de cinéma, paraît telle une vitre d’aquarium.

Le père de Lina et Léa est exaspéré par le brouhaha qui se dégage de la salle. Il part, les quitte, plante tout le monde.

Lina G. se dirige vers le premier rang et de son autorité, exhorte le public à se taire. Le public est fasciné par la couleur bleue de ses yeux et leur douceur. Ils ne sont pas pour autant inexpressifs, bien au contraire.

A sa grande surprise, elle réussit à faire régner un silence glacial dans la salle : la couleur bleue règne sur ce monde !

Lina G. reste au premier rang.

Plus tard, quelqu’un s’approche d’elle et rompt le silence bleu : le fils de Romain G. est revenu dans la salle !

Lina et Léa se retournent.  Leur père apparaît au loin, à la porte de la salle : un projecteur s’est focalisé sur lui :

Il est habillé d’une robe de mariée, bien trop courte pour ce père, d’une robe à la texture de popeline, toute blanche ;  il hurle à ses filles qu’il est allé se changer car ses vêtements étaient salis !

Si Lina le voit en robe de mariée, Léa le voit en blouse de chirurgien.

Le père tourne sur lui-même,  pour que tout le monde puisse admirer sa robe blanche : le cou et l’arrière de la robe, à l’emplacement des fesses, sont maculés de rouge.

Si Lina voit dans ce rouge des tomates ; Léa ne voit que sang, un sang rouge clair qui coule puis à certains endroits, ce rouge s’assombrit et devient marron, presque noir.

Lina et Léa G. ne comprennent plus, sont désemparées : Elles veulent reprendre le cours du film : l’écran, aquarium, de cinéma est devenu un écran de télévision ; un homme lisant sur un prompteur y clame :

« La veuve de Romain G. est également dans cette salle ! »

« Que ceux qui portent le nom G. lèvent la main. »

Lina et Léa G. sont oppressées, elles se soutiennent, la tête leur tourne : plus de cinquante personnes ont levé la main dans la salle.

A ce moment précis, des hommes robustes portent leur grand-mère, la veuve de Romain G., à bouts de bras.  Ils la font sauter en l’air, comme si elle se propulsait depuis un trampoline.

Lina G. s’est alors réveillée et ce rêve s’est stoppé net. Il était 4h du matin et il lui a été impossible de se rendormir, tant elle était anxieuse et mal à l’aise ; elle n’arrivait pas à oublier ce cauchemar.

Lina a appelé Léa à 10h,  pour lui raconter ce rêve fou, inachevé, violent et pour le partager avec elle.

Textes protégés par Copyright : 2010-2011 © Swimming in the Space