Les installations de Christian Boltanski

Je me suis rendue par hasard à une conférence sur Christian Boltanski. Je ne connaissais rien de lui !

J’ai été surprise par ce parcours hors du commun, cette enfance unique.  Son père, a vécu, une grande partie de la guerre, sous un parquet, de crainte d’être arrêté par les allemands.

Très peu scolarisé, C.Boltanski nest jamais sorti de chez lui, seul, jusqu’à l’âge de 18 ans. Il attendait son père toute la journée dans la voiture, là où il était médecin. Les enfants ont dormi dans la chambre des parents jusqu’à un âge avancé. Cette famille aura été traumatisée par la guerre.

Et puis, grâce à des photos, des livres, j’ai découvert ses installations uniques, ses collections, ….le parcours extraordinaire de sa vie, …

Tout cela m’a conduite à l’exposition « Monumenta » il y a un an, en cet hiver 2010, dans cette salle immense de plusieurs centaines de mètres, sous les verrières rénovées du Grand Palais, plus exactement sous la nef du grand palais.

Avec ce froid, le lieu était désert. Seul un son sourd envahissait cette « cathédrale ».

Des vêtements étaient posés à même le sol, sur des surfaces rectangulaires, bordées de spots, partout en ce lieu. J’ai eu ce souvenir d’enfance, où pour la fête de l’ascension, nous décorions le parterre de l’église, de pétales de fleurs et de feuilles. Chacun avait son carré et le composait à sa façon.

J’ai trouvé cette exposition réellement empreinte de religiosité (dans le bon sens du terme), dans un sens de recueillement.

J’ai adoré le titre de l’exposition, son ambiguïté : « personnes » : oui, personne et en même temps tant d’êtres humains : donc l’anonymat, l’anéantissement de l’être humain.

Et puis, dans un coin de la nef, il y avait une colline de vêtements et une grue, qui inlassablement prenait au hasard quelques vêtements et les lâchaient … C’était comme la vie, la mort, le hasard, le destin de cette vie.

Et puis je me souviens à l’entrée de l’exposition ce mur de boîtes numérotées, anonymes.

J’ai été enchantée par le projet de C.Boltanski de collecter des enregistrements des bruits de coeur pour les stocker dans l’île d’Ejima au Japon et où il sera possible d’aller les écouter. Bien sûr, je suis allée donner le bruit de mon coeur et je l’ai récupéré sur un CD. Seule trace de moi, vivante, qu’il restera après ma mort !

Cela m’avait ravie de contribuer à un tel projet, un peu fantasque, mais aussi plein de poésie.

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Il y a quelques jours, lors de la visite du musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, j’ai découvert deux salles dédiées à Boltanski :

L’une contenant des vêtements sur des étagères.

La seconde était remplie d’annuaires téléphoniques du monde entier….

J’ai évidemment cherché celui de Paris, espérant trouver mon nom dans cet annuaire de 1999. Malheureusement, il y avait deux tomes 2. Mon nom figure dans le tome 1, qui était manquant.

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