Le Krak des chevaliers, Qal`at al-Hosn

Qal`at al-Hosn: La forteresse imprenable

J’ai adoré ma halte en cet endroit magique à l’ouest de la Syrie, alors que j’allais rejoindre le Liban.

Pourtant j’étais de mauvaise humeur ; je suppose que quitter Alep à 4h du matin, la longue route dans cette voiture inconfortable, et cet hôtel glauque, sale, vide où je venais d’arriver y étaient pour quelque chose.

Cependant, cet hôtel en perdition, avait un très gros avantage : il avait une vue imprenable sur la citadelle (même si ce n’est pas le plus beau côté).

Cette vue, avait réussi à faire basculer mon humeur et je suis partie à la conquête du Krak, pleine d’entrain. La visite m’aura transportée.

Datant du XII ème siècle, ce château est excellemment placé au sommet d’une colline dominant la région.

Je suis partie à la découverte de ce lieu en prenant tout mon temps, sans aucun support, aucun guide. je voulais retenir uniquement ce qui attirerait mon attention.

L’architecture du Krak est absolument géniale ; l’impression que j’ai eu, a été de parcourir deux  châteaux indépendants, enchevêtrés l’un dans l’autre et pouvant être rendus étanches : donc une architecture fondée sur la défensive !

J’ai été surprise par la complète autonomie de la citadelle : une ville à part entière : citerne, cuisines, …. permettaient de vivre en autarcie. Je me suis perdue dans des salles obscures.

Je me suis demandée combien de chevaux pouvait accueillir l’écurie longue de 100 mètres ?  Combien de personnes habitaient ce fort ?

Ecuries

Après avoir déambulé dans des dédales de passages, d’escaliers qui semblaient n’aboutir nulle part, après m’être littéralement perdue… je suis arrivée sur une grande place qui desservait cuisines, salles à manger et un peu plus loin, une chapelle à la pierre légèrement rosée.

J’ai terminé l’après midi, assise à l’ombre et en contemplant le paysage des alentours depuis le chemin de ronde ! Mais c’était le ramadan et le krak fermait à 16h.

J’ai eu du mal à trouver le chemin de la sortie et suis allée me désaltérer tant il faisait chaud.

Je suis lentement retournée vers cet hôtel peu engageant pour regarder le soleil tomber. Et là j’ai vécu des moments enchantés.

Alors que le fort était blanc, au plus haut du soleil ; la lumière de la fin d’après midi, la lumière rasante du soleil qui déclinait doucement donnait aux pierres une couleur flamboyante, presque rougeoyante.

Quelle ne fut pas ma surprise, quand une fois la nuit tombée, j’ai vu cette pleine lune se lever et donner une couleur blanche et une atmosphère unique, hors du temps. Je suis restée ébahie devant ce paysage lunaire. Il n’y avait pas un bruit.

Pleine lune sur le krak

Etait-ce la pleine lune qui fut la cause de mon délire ou cette brume qui courait, embrassait la citadelle à l’aube ?

Krak au petit matin dans la brume

A ce moment précis, j’ai entendu des chevaux galoper : d’où venaient-ils ? des écuries, ou rentraient-ils à la citadelle ? Je voyais ces cavaliers avec leurs armes blanches, leur parure. Je les entendais se congratuler. J’imaginais les voir revenir avec des trésors à cacher pour l’éternité. J’avais envie de quitter l’hôtel et de courir vers eux, les rejoindre dans cet espace temps surréaliste.

J’ai été en plein délire, je me suis fait mon cinéma, pour mon plus grand bonheur.

brume au petit matin


Je me suis réveillée un peu plus tard. J’allais entamer un autre voyage, rejoindre le Liban où je ne savais comment j’atteindrais Baalbek. Rétrospectivement, le chemin emprunté a été splendide.

Tout cela m’aura conduit à y retourner, à retourner éternellement, dans ces pays du moyen-orient.

Ce moyen orient m’a fascinée, transportée, fait rêver.

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2 réflexions au sujet de « Le Krak des chevaliers, Qal`at al-Hosn »

  1. J’ai visité ce haut lieu de l’architecture médiévale (en novembre 2010) et j’ai ressenti les mêmes impressions !!! (voir sur mon blog!!)

    • Merci pour votre passage ; je suis allée (re)voir votre site où j’ai retrouvé votre article sur les ateliers de Fogo Island ; et puis où j’ai lu avec plaisir votre article sur votre périple en Syrie et au Liban : nous n’avons pas fait du tout le même voyage. Je m’y prends à plusieurs reprises, certes, tant ces pays m’émerveillent !
      Bien à vous.
      Bozorgmehr

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