Mary Boone Gallery : New York

Vendredi 18 Février – Dimanche 20 Février

Evasion à New york :

L’idée m’était venue jeudi, en recevant, la newsletter de la Galerie Mary Boone, il fallait que j’aille voir absolument cette exposition d’Olivier Mosset. J’adorais le groupe BMPT (Les autres mousquetaires étant Daniel Buren, Michel Parmentier, Niele Toroni) . Ces noms éveillaient en moi cette image de liberté et m’avaient donné l’idée de partir quelques jours à NY, d’y passer la fin de la semaine ; j’ai immédiatement acheté mon billet pour NY, départ, vendredi en fin de matinée.

Avant de m’endormir, j’avais envoyé un mail à Kris. Où était-elle ? Je ne savais jamais si elle me répondrait de Londres où elle travaillait, ou d’un ailleurs, en transit dans un aéroport. Elle m’avait très vite répondue : son appartement à NY était libre. Elle allait passer les consignes au « concierge ».

Je me suis éveillée avec la musique des Beatles « ONE DAY IN A LIFE »,

« Woke up, fell out of bed,

Dragged a comb across my head

Found my way downstairs and drank a cup,

And looking up I noticed I was late.

Found my coat and grabbed my hat

Made the bus in second splat

Found my way upstairs and had a smoke,

and Somebody spoke and I went into a dream »

puis l’IPOD était passé à ce morceau extraordinaire « Mediterranean Sundance » de ces 3 guitaristes (Di Meola, Mc Laughin et De Lucia) connus pour cet unique concert « Friday Night in San Francisco », la journée s’annonçait belle.

L’air trottait dans ma tête, pendant que je me préparais, en trottant dans mon appartement. « Tu trottes Charlotte » était l’expression favorite de ma mère, lorsqu’elle s’adressait à moi et qu’elle était de bonne humeur.

Je me disais, qu’il serait merveilleux de penser à un morceau, et que l’IPOD le lance automatiquement. Voilà ce que je désirais, j’aurais du dire à Steve Jobs que j’avais croisé dans le métro début décembre.

J’avais jeté quelques affaires dans un sac, pris deux livres au hasard.

J’avais mon passeport, mes deux cartes de crédit, une centaine de Dollars ramenés de mon voyage estival, mon Blackberry, mon IPOD, et les clés de mon appartement.

Une fois la douane passée, j’étais allée chez Hermés acheter un foulard à Kris pour la remercier de me prêter son appartement. Je ne pouvais m’empêcher de penser à mon père…

Ce n’est qu’une fois installée, dans la lounge d’Air France que j’avais réalisé m’être EXACTEMENT habillée comme lorsque je l’avais vu pour la dernière fois.

L’avion avait un peu de retard. J’étais dans ma bulle, confortablement installée. J’étais entourée d’hommes d’affaires. J’avais tous ces hommes pour moi toute seule. Mais aurais-je envie d’en découvrir un, et est-ce que le même me désirerait ?

Je décidais de les examiner un peu, en sirotant mon thé puis mon « Perrier ». 40% étaient rivés à leur laptop, IPAD, smartphone, en train de répondre à leur mail…30% étaient scotchés au téléphone, 20 % lisaient la presse, les 10% restant se reposaient ! Donc tous étaient dans un monde « virtuel », aucun n’avait les pieds ancrés dans la réalité.

N’avais pas dormi dans l’avion mais lu dans ce lit, bien installée, à l’avant de l’avion, en écoutant de la musique. J’étais satisfaite de mon voisin, un new-yorkais qui tenait une galerie d’art à Chelsea. Nous avions échangé un peu puisque l’art contemporain m’intéressait et que je connaissais bien ce milieu pour une française lambda. J’avais promis d’y passer ! Il y avait un vernissage demain soir : j’étais conviée. Nous avions parlé de Mary Boone, de cette exposition qui avait un écho fabuleux, à peine quelques jours après son vernissage. Puis j’étais retournée dans mes pensées.

J’aimais regarder le survol du Canada avec ses reliefs blancs, ces fleuves, ce tissu terrestre, cette géographie, depuis le ciel, si haut … J’adorais prendre du recul : c’était tout de même mieux de regarder par un hublot que depuis le hublot de mon ordinateur sur Google Earth.

J’adorais gagner des heures sur ma journée ; avoir une journée de 30 heures me ravissait. A JFK, j’avais sauté dans un taxi. Ecouter le chauffeur de taxi qui était au téléphone me ramenait sur terre. Il avalait tous ses mots celui-ci.

Enfin un peu de « bliss ». Je me sentais bien : à la fois transportée, mais ravie de retrouver les endroits que j’aimais, même si cette fois, j’étais seule, sans lui.

Il y avait quelques embouteillages. Avec ce ciel dégagé, j’avais vite repéré ces deux énormes et hautes cheminées devant lesquelles il nous faudrait passer. Je les voyais depuis chez Kris. C’était un repère géographique. Il m’avait déposée devant l’immeuble de Kris sur la 65ème rue, entre la 2ème et 3ème rue.

Le concierge m’attendait ou plutôt attendait mon pourboire. Il avait tenu à porter mon sac et à m’ouvrir la porte. Je savais y aller les yeux fermés… mais bon… j’étais trop fatiguée pour me battre avec un concierge. Il avait eu 10 USD, ce qui m’assurait un service de qualité pour ces quelques jours.

J’avais jeté mon sac sur le lit, avais passé un peu d’eau fraîche sur mon visage fatigué. En route pour le Food Emporium : Jus de fruits, fruits frais, pain, fromage, quoi d’autre ? Des oeufs de saumon, des pâtes au pesto et des abricots secs, pour penser et faire plaisir à M.A..

J’avais ouvert les fenêtres tant l’appartement était surchauffé !

De retour, j’avais branché mon ipod pour écouter les variations DIABELLI, et puis tous les « SUN BEARS Concerts de Keith Jarrett.

Je m’étais endormie avec la musique.

Le lendemain matin, manger m’avait fait du bien. Les magasins ouvraient à 10h. Il fallait que je m’achète des vêtements : donc il fallait que je passe chez Bloomingdale’s qui était un des rares endroits où je trouvais des vêtements à ma taille au rayon « petites », Shanghai Tang sur Madison, où à chaque fois je croisais des têtes refaites mais surtout défaites, des faces connues, mais je prenais bien soin de les ignorer. Et puis je prendrais le chemin de SoHo pour aller boire un Café chez Dean et Deluca.

Mises à part ces courses, j’étais allée de galerie en galerie et puis aussi rendre visite à mes amis de la fondation Avedon.

J’avais terminé la journée, au vernissage de cet artiste inconnu et qui me semblait dénué d’intérêt. C’était beaucoup trop violent pour mon monde. J’avais pu revoir l’homme qui était assis près de moi dans l’avion. Je n’avais eu qu’un seul regret. Je n’avais pu voir Mary Boone qui n’était pas à NY pendant mon court séjour.

The gallerist : Mary Boone

En cette saison du renouveau, en ces sentiers du plaisir, peut-être que l’exposition de Mosset m’en dirait plus demain, me donnerait des idées ? Je ne manquerai pas de voir l’autre exposition qui lui est dédiée et, qui présente ses nouvelles peintures monochromes, à la galerie Leo Koenig, dans Chelsea.

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