Planter, semer et leur paradoxe

Instinctivement, le verbe planter m’inspire la fixation, l’immobilité, le germe, la naissance, le renouveau, l’insertion avec force, avec insistance, avec amour. Oui,

– planter un arbre

– planter un clou

– rester planté devant quelque chose ou quelqu’un

– planter un baiser dans le cou

– planter une idée dans la tête

L’idée me vient, se plante justement dans ma tête, alors que je pensais à la perturbation que me causait l’invitation à dîner ce soir, de ces amis.

Anticipant que je m’y ennuierais, que rien ne me captiverait, que tout, dès à présent, nous séparait, je n’avais qu’une seule envie :

* ne pas m’y rendre,
* leur faire défaut,
* ce qui revenait à les planter…

Etrangement, le verbe « semer » a un aspect similaire :

En semant des graines, en les insérant dans la terre, on s’attend à ce qu’elles germent, se développent, grandissent & se métamorphosent en plante ?

Dans le même état d’esprit, je vais :

– semer la zizanie,

– semer le doute,

– semer une idée,

Mais que dire alors de semer une voiture, ou semer une personne à qui on tente d’échapper ?

J’espère les semer définitivement, si jamais ils venaient à me courir après. J’ai besoin de solitude.

Leurs figures de style apparues sur mon écran, ont germé et pris un volume sonore qui m’a tout simplement insupportée. J’ai alors décidé, face à tant de bruit, en lisant ces mots qui me donnent des boutons, de les planter afin de ne pas perdre de temps à devoir les semer !

Je suis intolérante, je ne supporte plus rien.

Textes protégés par Copyright : 2010-2011 © Swimming in the Space