Hiroshima mon amour…

Hiroshima mon amour, …

Je ne me lasse pas d’entendre ces trois mots, je pourrais les répéter en boucle, à l’infini tant la sonorité est parfaite. Ces trois mots exquis m’évoquent délice, érotisme, désir mais aussi, plus gravement la seconde guerre mondiale et les blessures, les tabous de l’après-guerre,

Je me repasse dans la tête, le film superbe de Resnais

– Un tournage à Hiroshima d’un film sur la paix
– La liaison de 24h entre Emmanuelle Riva et cet architecte japonais
– Nevers, la Loire, …
– L’amour entre Emmanuelle Riva et un soldat allemand qui sera tué

Je retiens la mise en perspective de l’horreur collective, de tous ces morts de cette seconde guerre et de ce drame individuel vécu par Emmanuelle Riva et Bernard Fresson (qui joue le soldat allemand).

Je me souviens, des passages, de l’alternance, tout au long du film, entre Nevers et Hiroshima.

La Loire symbolise le temps qui passe alors qu’Hiroshima et sa bombe marquent le temps qui s’est arrêté net le 06 août 45, à 8 h 16 min

Je suis émue par ces deux histoires en parallèle, qui s’entremêlent, tels les bras de la Loire, tels les bras des amants.

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La seconde partie de ce texte n’est ni romantique, ni érotique, mais elle est nécessaire. Je dois l’écrire.

J’avais lu des livres poignants avant de me rendre au Japon :

– Pluie noire de Masuji Ibuse

– La tombe des lucioles de Akiyuki Nosaka

– Moi, d’un Japon ambigu de Kenzaburô Ôe

Donc, il fallait me rendre à Hiroshima, lors de ce deuxième séjour nippon, en plein automne. Ce séjour à Hiroshima était une escale pour me souvenir, pour mesurer le degré de la folie des hommes.

C’était en quelque sorte, un voyage personnel, afin de me souvenir, de penser à la folie humaine qui a tué mon grand-père en Europe, mais aussi tant de japonais, et tant d’autres peuples, partout sur cette planète. Oui, j’y suis allée en pensant à mon grand-père, à ce résistant, qui, pour ne pas avoir parlé, est mort sous la torture. Il repose dans une fosse commune, quelque part, nulle part.

Hiroshima est une ville si minuscule. En cette saison peu touristique, j’avais trouvé ce que je voulais : avoir une chambre qui dominait ce dôme, seul monument qui  a subsisté à la bombe lâchée par « Enola Gay ».

Le lendemain, je suis passée devant ce dôme, étonnée par tous ces écoliers qui faisaient la visite, entourés de leurs professeurs.

Je suis allée bien sûr visiter  le Musée du Mémorial de la Paix : Comment ne pas être bouleversée, ébranlée par tant de souffrance ? Ce lieu invite au  recueillement, mène à réfléchir sur la folie des hommes, ces apprentis-sorciers.

Les photos ou objets qui m’ont marquée à jamais ;

1. Les photos des brûlés : l’innommable souffrance des grands brûlés. Ces photos sont insoutenables.

2.L’ombre sur la pierre

Ces marches en pierre menaient à l’entrée d’une banque située  à 260 mètres du « point d’impact ou point zéro ».

Les rayons de chaleur intense causés par la bombe atomique ont blanchi la surface de la pierre, à l’exception de l’endroit où un être humain était assis. Cette silhouette humaine a été projetée sur les marches,  comme un négatif d’une photo.

Une réflexion au sujet de « Hiroshima mon amour… »

  1. J’adore ce film, le passage où Emmanuelle Riva raconte ce qu’elle « a vu à Hiroshima », et son amant de lui répondre qu’elle ne sait rien, qu’elle n’a rien vu. J’ai peut être compris grâce à ce film qu’il ne suffit pas de voir pour comprendre. C’est un film merveilleux.

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