Illusion ou réalité : Les lévitations de P.Ramette

J’ai découvert P.Ramette au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Genève en 2008 où une exposition lui a été consacrée sur le thème de : « gardons nos illusions » : un très joli titre !

J’ai été vraiment épatée par ses oeuvres qui pour moi symbolisent « une façon différente de penser ».

P.Ramette est avant tout sculpteur, mais aussi photographe, et dans un sens plus large, plasticien.

Il remet certes en cause les lois de la gravitation, se joue d’installations absurdes, illogiques, impossibles, balayant les lois de la nature !

Il pose donc un regard différent sur les choses, les paysages, l’être humain.

Il pense « hors de la boîte » puisque la solution est hors du cadre.

Ces chaises, sont des sculptures en bronze peint qui rendent parfaitement les textures et les couleurs du bois et de la corde.

Nous sommes dans le domaine de l’illusion, avec une touche de poésie indéniable.

Le spectateur pourrait y voir aussi un instant capturé dans un mouvement fulgurant ….L’envolée de la chaise, exactement comme lorsque je parlais de vendre Le Monde à la volée (si le journal Le Monde avait été gravé sur des tablettes en argiles, les tablettes d’Ebla)

Quand je regarde une de ses photos ou une installation : je me dis : qu’est-ce qui cloche ? Suis je dans la réalité, dans une illusion d’optique, par quel trucage, l’artiste réussit à me faire douter ?

P.Ramette n’utilise aucun trucage pour réaliser ses photos, ses installations qui nous paraissent ne pas être en conformité avec les lois de la nature !

Il utilise en fait une prothèse-tablette qui lui permet de s’élever, de donner cette illusion, ce rendu si étrange, dérangeant pour nos yeux formatés !


Il semble en apesanteur, dans un autre espace temps que celui du paysage, ou de la ville, de la mer. P.Ramette est « suspendu », arrêté dans le temps.

Il présente aussi ses photographies dans un sens défiant la logique (à l’envers, ou sur le côté).

Je retiendrai deux oeuvres de cet artiste étonnant :

1/  Cette sculpture de la « chaise en lévitation », qui fait vraiment un effet époustouflant,

2/ j’ai aussi adoré la photographie « retournée » prise à Hong Kong, dans la baie, où l’artiste apparaît sur un ponton, semblant émerger des eaux de la baie de Hong-Kong,  avec en arrière plan, le skyline des hauts buildings et les montagnes de l’île Victoria.

De surcroît, les couleurs y sont fabuleuses : le vert de la baie, le gris bleuté des buildings, le gris pâle des nuages chargés d’humidité.

P.Ramette nous oblige à mettre de la distance, entre l’oeuvre et nous même, nous incitant ainsi, à penser différemment et donc à gagner en liberté, en créativité.

J’élis tout ce qui promeut l’imagination et, une façon de penser différemment !

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