Exercices – (5)

La valise

Dans le métro près de la gare Montparnasse, une vieille dame repart chez elle en province, après avoir passé les fêtes de fin d’année chez son fils, je suppose.

Son fils porte sa valise : une valise antédiluvienne : énorme pour cette femme, une valise en toile, et en carton ! 75 cm de large environ, 50 cm de profondeur et 20 cm de  hauteur.

Elle a une large poignée en cuir, et deux fermoirs anciens.

Cette valise me rappelle celle de ma grand mère maternelle et me faisait penser aux valises compressées d’ ARMAN. J’avais vu l’exposition  au centre Pompidou pendant les fêtes de fin d’année. Ses valises compressées, déformées, en bronze, y étaient absentes.


La France laide

J’étais sortie acheter du pain. Déjà, les squelettes des sapins de Noël dépassaient des poubelles, ou reposaient carrément sur les trottoirs, abandonnés puisque défraîchis, plus à la mode …

Chez le boulanger, les galettes avaient succédé aux bûches. Ils étaient là à faire la queue, de peur qu’il n’y en ait plus. Ils avaient l’air de porcs et de truies, tant ils étaient gros, gras. La graisse débordait de leurs vêtements.

Ils portaient de manière ostentatoire, leurs cadeaux de Noël: un foulard, un sac, une montre, une écharpe, une couvre-chef, un téléphone …

Tout cela n’était qu’éphémère ; Ils vivent dans l’éphémère, dans la médiocrité, dans la moyenne, dans le mimétisme,  sans aucune exigence, dans l’étroitesse de leur confort, sans aucune curiosité pour autrui, ou l’ailleurs.

Il y avait aussi la gardienne dans la file d’attente, Elle était presqu’aussi haute que large. Elle n’avait pas manqué de se montrer en cette fin d’année, pour se rappeler au bon souvenir des habitants de l’immeuble. Elle était venue me parler avec tant d’obséquiosité que j’avais vraiment fait de gros efforts pour ne pas être désagréable. Elle m’avait fatiguée. Pour la peine, j’allais retirer 20% de ses étrennes.

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