Liban – Revoir Beyrouth et Baalbek

Après avoir rêvé de cette plaine,  de ce territoire,  de cet aller sans retour, j’avais fait refaire mon passeport qui allait expirer mi juin, car je n’avais qu’une seule idée en tête : aller à nouveau au Liban, revoir Beyrouth.

J’avais eu la chance de découvrir ce pays dans des conditions plus que privilégiées. J’avais eu les plus belles introductions, j’en avais côtoyé les êtres les plus fins. Il m’avait fait découvrir ce qu’il y avait de plus beau. J’avais été captivée par l’esthétique de l’aridité.

Ce n’est pas le trouble qui s’instaurait dans le pays qui me ferait reculer. J’avais en effet appris la démission du gouvernement libanais et connaissais les risques d’instabilité voire de chaos possible.  Mais à dire vrai, maintenant que je n’existais plus, ma vie m’importait peu. J’avais besoin de ce pays, il me le fallait.

Je voulais retourner dans la plaine de la Bekaa, refaire cette route depuis Beyrouth, cette route accidentée, encombrée, chaotique. Ce trajet durait une éternité, car compliqué par toute l’histoire du Liban ? Je voulais nager dans cet espace depuis Beyrouth vers l’Est, puis, faire bifurquer le chauffeur à Chtaura, en direction de Baalbek.

Car pour marquer ma liberté, il me fallait retourner là bas avec un homme, retrouver ce lieu qui m’avait ensorcelée, ces ruines qui se faisaient face, cet hôtel magique, cette ruine, ce service si discret et puis, cette chambre XXX, une des cinq chambres d’été au Liban.

Il fallait que cette chambre existe avec un homme. Je m’étais mise en tête de convaincre M.A d’y venir avec moi. Je savais, j’étais sûre que j’aurais alors la solitude du Palmyra pour moi toute seule ; La solitude du Palmyra n’existe que si elle se contredit.

Je savais qu’il le ferait pour moi.

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