Henry Moore au Musée Rodin

Après deux expositions consacrées à l’artiste en 1961 et 1971, Henry Moore revient après 30 ans d’absence, pour une 3ème rétrospective au Musée Rodin, rue de Varenne jusqu’au 15 février :  L’exposition : Henry Moore, l’atelier

En arrivant dans la superbe cour pavée  du musée Rodin (Hôtel Biron), j’ai été  tout de suite frappée par l’imposante « arch » d’H.Moore dans cette cour pavée, ainsi que la plus massive « locking piece ». Les lignes sont minimales.

C’est vrai que je m’attendais à voir beaucoup plus d’oeuvres à l’extérieur, en bronze, polies comme des rochers laminés par les vagues du pacifique ! L’exposition ne vise pas à reconstituer l’atelier d’H.Moore, mais plus à en donner l’idée, à en retracer l’atmosphère et à montrer comment il concevait ses oeuvres, petites, ou plus grandes.

Les oeuvres qui sont exposées sont principalement des sculptures en  plâtre, avec une trentaine de reliefs. La plupart exposées pour la première fois à Paris.

Ces plâtres ont des couleurs splendides qui passent par une palette de  marrons, bleus, verts, sable… Certains coquillages, ossements, bouts de bois se mêlent, sont parsemés avec les  oeuvres. H.Moore les ramassaient lors de ces promenades.

Les statues sont petites. Les courbes toujours aussi belles, toujours aussi épurées, asymétriques, rondes, couchées, équilibre entre le plein et le creux, le vide.

Une Cinquantaine de dessins sont également exposés : idées, esquisses, ébauches de futures sculptures, mais aussi certains  dessins faits pendant la seconde guerre dans les abris londoniens

Qu’il y a-t-il en commun entre ces deux sculpteurs ? Tout les sépare !

Rodin cherche le détail, le trait de caractère, le pli. Ses oeuvres font du bruit et s’intègrent bien dans le paysage urbain.  Il avait une armée d’apprentis, de sculpteurs pour l’aider dans ses commandes. Comment oublier de mentionner les pieds, les mains faits par Camille Claudel pour Rodin ?

H.Moore  donne l’aspect de rondeur, de douceur, d’économie, de solitude, de discrétion, d’intimité avec la nature. Il y a dans son oeuvre de la justesse, juste ce qu’il faut : ni pas assez, ni trop.

Rodin : un romantique dans l’excès ! Moore : la douceur avec juste ce qu’il faut de matière, de formes !