Murmure ou Mur murs d’Agnès Varda

J’aime ces mots masculins qui se terminent par un « e », ce  « e »  leur confère une touche de douceur, de féminité. A une lettre près, « murmures » était l’anagramme de « rumeurs »

Je m’étais réveillée en pleine nuit, dans ma chambre, entre ces 4 murs blancs. C’était ce mot « murmure » qui était venu à mon esprit. J’entendais ses murmures, ses « je t’aime ». Pourtant j’étais seule. Il m’avait envahie à nouveau.

C’était comme si un point au sein de mon corps, se développait à la vitesse de la lumière pour gagner la totalité de l’intérieur de mon corps. Il grossissait, s’étendait partout dans mon corps. Je souffrais en silence.

Une image céleste est venue murmurer à mon oreille : Tu es en train de t’emmurer.

Je voyais des murs partout. je ne voyais plus le ciel. Comment m’échapper ?

Je cherchais à faire tomber tous ces murs, à ne plus entendre ses murmures. Comme seule échappatoire, j’ai alors pensé à l’exposition sur les graffitis, que j’avais vue à l’été 2009, à la fondation Cartier, Boulevard RASPAIL.

J’y avais vu un documentaire complètement original d’Agnès Varda, tourné en 1980 à Los Angeles, sur cet art des villes, sur les mots, les couleurs, l’identité de ce mouvement d’art : Mur, murs

Ce documentaire était bien plus joyeux, optimiste que certains aspects de l’exposition qui retraçait la vie si courte de plusieurs Taggeurs new-yorkais disparus tragiquement lors de chutes accidentelles ou d’accidents de métro.

Je me rappelle alors la dizaine de taggeurs qui dessinaient sur les vitres, les murs du bld Raspail, sur ceux de la fondation. J’avais alors passé un très bon moment avec M.

Je suis partie dans mon monde de tags, pour échapper à lui; échapper à la présence de son absence.

Et puis, le lendemain, cette angoisse avait presque disparu. Ses murmures s’étaient volatilisés. J’étais sereine.

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