Bleu Piscine – cinéma

Je suis irrésistiblement attirée par les piscines. Elles ont nourri mon imaginaire, mon monde mais aussi mon imaginaire érotique. Le corps se découvre, nager c’est retrouver la matrice, c’est gagner en liberté. Et puis, on ne nage pas toujours seule.

Bien sûr, les films en regorgent.

Je garderais, j’élirais 3 piscines cinématographiques ;

– La piscine de pontoise, là  où Juliette Binoche nage dans « ma » piscine (celle où je vais à 7h chaque matin et dont je connais la géographie par coeur, à force de m’y être épuisée en longueurs), cette petite piscine de la rue de Pontoise. Elle avait dans « Trois Couleurs, Bleu », la piscine pour elle toute seule, de nuit. Cela m’avait inspiré un sentiment de liberté, d’évasion. Même, si elle songe à s’y noyer, elle renonce, et cherche à s’épuiser pour ne plus penser à rien, pour oublier, effacer ce passé.

– mais encore, « the swimmer », avec B.Lancaster qui, perdu dans le temps, va nager « en remontant le temps », de piscine en piscine pour regagner sa maison, sa piscine et surtout la réalité.

– J’ai également, vraiment beaucoup aimé, la piscine de Lost In Translation de S.Coppola, film tourné dans un hôtel : le Park Hyatt Tokyo. Certes, Scarlett Johansson, se sent enfermée, a le blues. Elle est « perdue » dans sa vie alors que Bill Murray, est « lost in translation », mais aussi un peu perdu dans sa vie. Vous souvenez vous des fax qu’il reçoit de sa femme la nuit, pour choisir la couleur d’une moquette …. Donc,  je fais volontiers le pas pour effectuer la « translation » du langage à la vie !


Je trouve cette scène magnifique,  à l’aube, à la piscine, située au 47ème étage, avec de larges baies, du sol au plafond, dominant tout TOKYO et donc même le ciel.

En étant dans cette piscine, on a tout simplement le sentiment d’être en apesanteur, flottant au dessus de Tokyo. Scarlett Johansson a la chance aussi d’avoir la piscine pour elle seule, comme J.Binoche dans Trois couleurs, Bleu.

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4 réflexions au sujet de « Bleu Piscine – cinéma »

  1. Et la même scène, c’est très troublant, dans un roman de Jean-Philippe Toussaint : Tokyo, un hôtel, la nuit, les lumières de la ville…

  2. Oui vous avez raison ! J’ai d’ailleurs toujours pensé que Jean-Philippe Toussaint avait été sans doute inspiré par le film de S.Coppola et qu’il était sans aucun doute, resté un certain temps au Park Hyatt Tokyo. Car pour écrire son splendide livre « Faire l’amour » et restituer si bien le lieu, il faut avoir « habité » cet hôtel.

  3. En sortant du film Incendies, de Denis Villeneuve, j’ai pensé à vous : qu’auriez-vous dit de sa piscine? Qui n’est pas belle mais qui tient un si grand rôle. La piscine révélatrice.

    • Votre commentaire me donne envie d’aller voir ce film dont je n’avais jamais entendu parler. Je suis déjà allée voir la bande annonce !
      (Toutes) les piscines que je mentionne ne sont pas belles ! Ces piscines me font rêver, me transportent avant tout !
      Dans le film « the Swimmer », Burt Lancaster retourne chez lui en nageant de piscine en piscine, comme s’il remontait le temps. Les piscines sont des personnages à part entière. Quand il va enfin atteindre son domicile, sa piscine, il va enfin atterrir, devoir accepter la réalité, faire face à sa vie.
      Un grand merci !
      Bien à vous.
      Bozorgmehr

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