Exercices – (4)

Comment peut-on vivre avec un corps refait ? Je dirais plus, mal refait, rendant la personne défaite !

Dans ce bus qui m’emmenait au Jardin du Luxembourg, était assise une femme d’environ 65 ans.

Son visage avait été complètement refait : Nez, menton, avaient un aspect jeune. Son visage devait avoir été harmonieux dans le passé. Ses joues avaient du subir plusieurs liftings au résultat catastrophique : sa peau était striée, plissée.

La géographie de son visage relevait de la sédimentation de différentes strates, se décomposait en tranches. Son visage n’était que succession de couches géologiques. Quelle était la composition de ce terrain ?

Des efforts incommensurables, – telle la tectonique des plaques, comme un tremblement de terre-, avaient du être accomplis pour tirer vers le haut, rehausser cette peau qui devait s’acharner à tomber, à s’affaisser. Ces joues rompaient l’équilibre avec le nez parfait, ce menton qui n’avait pas une ride. En baissant les yeux, j’ai tout de suite noté, que son cou n’avait pas été touché, et là, la peau était complètement ridée naturellement, s’affalait, se perdait dans mille plis, tels les plis d’une robe froissée, ou un origami raté.

Sa peau comportait plein de taches brunes, ce qui renforçait l’impression de vieillissement.

La nature est impitoyable avec l’être humain, de surcroît à notre époque où la jeunesse prime partout. Il faut être jeune, paraître jeune… Certes, avec une bonne hygiène de vie, on vieillit moins vite que d’autres, mais on vieillit.

Ce n’est pas facile de l’accepter, mais il n’y a rien à faire, c’est la déchéance, qui nous attend petit à petit, pas à pas.

Les yeux sont très vite touchés. La peau autour des yeux est si fine, si fragile. Elle se flétrit en premier.

De toute façon, c’est la solitude, le rejet des autres qui attend une femme, un corps de femme qui vieillit, inéluctablement.

Quitte à être rejetée, autant l’être naturellement, dignement, en acceptant son sort, ou alors, il faut choisir de mettre un terme à son existence, à la vie, et choisir la mort par anticipation !