A Man Under The Influence

Lorsque j’ai vu cette newsletter apparaître sur mon écran, et que j’y ai vu son nom, j’ai été un peu surprise.

Je m’y suis reprise à plusieurs fois pour lire ce message, cette annonce, ce « happening ».

Je ne sais pourquoi, mais j’avais repensé à ce film que j’étais allée revoir, au MOMA, lors d’un court passage à NY.

Bien sûr je pense que c’est la présence en personne de G.Rowlands qui avait fait que j’avais eu envie d’y aller : A Woman Under The Influence, Cassavettes avait pour moi le don de filmer la « folie ordinaire » de l’Amérique ou la folie de « l’Amérique ordinaire ».

Mabel que jouait G.Rowlands, passait tout de même un certain temps dans un hôpital Psychiatrique, faisait plusieurs tentatives de suicide, se repliait sur elle-même.

Elle se perdait dans l’alcool, les cigarettes et la folie.

J’aurais pu également nommer ce texte « opening night ».

Pourquoi seule, une femme (et pourquoi pas aussi un homme) pourrait être sous l’influence de quelqu’un, de quelque chose ?

Car je trouvais qu’il n’était plus vraiment lui-même, aspiré par ce « milieu » qui lui donnait l’opportunité de briller, de tendre des miroirs pour exister.

Je le préférais quand il était au bord du gouffre ? Le milieu, c’est rassurant, confortable ; le bord, l’arête, l’accident le sont moins.

C’est vrai, j’avais été étonnée de le voir la dernière fois habillé de la sorte. Cela lui conférait un côté, artiste voire bohème, qui ne collait pas à sa personne, pas avec ce que je connaissais de lui.

Chacun choisit sa route.

Je me demande bizarrement, avec empathie, quand tout cela a basculé, car il a toujours eu envie d’être sous les feux de la rampe. Qu’il n’y brûle pas ses ailes, qu’il y soit heureux.

Il apparaissait perdu, évoluer « sous influence », lui qui clame son caractère indépendant et son détachement !

Il évoluait désormais avec des personnes qui avaient  les mêmes passions.

Quel était le risque pour lui ? Aucun.

Il allait évoluer avec des gens qui vivent dans l’instantané, qui vivent l’événement.

Je pense que ces pierres, ces blocs, ces pièces, ces morceaux, ces constructions, tel un patchwork, lui allaient très bien, mais pour combien de temps.

Cela faisait très chic, trendy. Il lui fallait des amis qui aiment la lumière, le bruit, le mouvement, un public qui lui réfléchisse son image.

Je lui souhaite en silence, en pensée, qu’il y soit le plus heureux des personnages.

Ce monde relève de l’impossible à mes yeux.

Le futile, stérile, superficiel ne font pas partie de mon vocabulaire, de mon monde !

J’allais voir M.A. ce jeudi. Je lui dirais mon déplaisir.