Exercices – (1)

« Toqué »

Il avait immédiatement remarqué la griffure sur ma jambe, en bas, sur la face interne gauche de ma cuisse. Oui, j’avais été griffée par un chat. Et alors ? and so what ? C’était superficiel, anodin.

Ce shah avait ce tic, ce toc de la propreté, transportant avec lui, ce gel pour se nettoyer les mains. Il prenait des bains de nez avec de l’eau salée, au point de saigner du nez, tant cet exercice était excessif. Il était toqué !

A. m’apparaissait davantage comme un problème plus qu’une solution. J’avais suffisamment de problèmes comme cela.

Le Dr Faust de Marlowe serait le tribunal que je lui offrais. Je prendrais ma décision alors, sans complaisance, en créant une ambiance glaciale s’il le fallait. J’excellais en la matière. Pourquoi l’épargner ?

M’avait-il épargné ?

 

« log »

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Je voyais tous ces bouts de bois, cette matière première du papier, flotter sur l’eau, dans les pays nordiques, dans les pays plus exotiques où l’industrie du bois apportait des billets, de l’argent frais. Les troncs qui flottaient sur l’eau étaient des billets de banque en puissance, des feuilles de papier à venir.

 

« Se passer le mot « 

Je savais que mon idée était belle. Il l’a trouvée trop belle ; il en a été jaloux, et il l’a niée en BLOC. C’est le mot idoine.

J’avais déposé ce mot dans une excavation de la deuxième colonne, cet énorme pilier, pile devant ce face à face, près du précipice. Personne n’aurait l’idée d’aller chercher quelque chose là bas !

J’avais planté ce mot, au fond de ce trou, derrière des cailloux de petit poucet ; j’avais protégé ce papier, plié en mille morceaux dans d’un sac plastique. Seul lui pouvait comprendre ce qui y était écrit.

Je n’ai pas encore décidé de ce que je ferai de ce mot puisqu’il ne veut plus rien de moi, sauf le vide, le néant, l’inexistence.

Comment retourner là bas ? Pourquoi y retourner ? Pour quoi ? et non pour qui ? : pour y sentir la solitude, pour que je ressente son absence, donc en quelque sorte, qu’il soit présent par son absence ? Pour souffrir de ce manque de présence, de partage ?

Puisque désormais, ni rien, ni personne  ne m’attendent, puisque je vis mes derniers jours de femme, quel homme voudrait d’une femme comme moi, si minérale, si froide ?

Vais-je faire un dernier voyage là bas, pour aller récupérer ce mot, ou vais-je l’y laisser, planté pour l’éternité ? Je pense que ces deux idées ne mènent à rien, ne me feront pas faire le deuil de sa personne.

Quelle autre voie trouver ?

Une réflexion au sujet de « Exercices – (1) »

  1. J’ai d’abord vu votre blog, y suis resté un moment. Puis j’ai pris le métro (c’était quelques heures plus tard). J’ai vu la photo d’André Kertész qui faisait là promotion d’une exposition au Jeu de Paume, ici votre bandeau.
    On voit maintenant sur la photo : le maillot de bain rayé (baigneur, fraîcheur) et l’apnée.

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