Des persiennes…à la Perse

A. était venu à moi par hasard. Nos deux mondes étaient rentrés accidentellement en collision.

Serait-ce le bout du tunnel, la porte, la fenêtre, l’ouverture qui me ferait sortir de son monde ?

Nous avions été prendre un thé au petit café situé dans la mezzanine à l’intérieur du musée du jeu de Paume.

A. m’avait captivée par son parcours, de Téhéran à Paris.

Nous avions parlé de nos enfances, de nos passions. Il m’avait parlé de la DS que possédait son père, la seule à Téhéran avant la révolution, ce qui posait des difficultés pour la faire réparer lorsque ce monstre de technologie tombait en panne. Et puis, avec la révolution, A. avait fui sans passeport, via la Turquie, pour rejoindre la France. Chaque membre de la famille  habitait le même immeuble près du Lutétia.

Qu’est ce qui pourrait nous rapprocher ? Il m’avait laissé lire dans ses yeux, moi de même, mais serait-ce suffisant ?

J’ai vu tout de suite que son frère A., personnage connu & atypique, comptait pour lui.

Mon refus de voir un de ses spectacles, de découvrir le monde familial me serait sans doute fatal. Moi qui abhorre la famille, qui les ai tous semés, en plantant partout des panneaux : défense d’entrer, propriété privée. Moi qui ai coupé tout lien, toute attache avec mes gênes,…

Nous nous sommes séparés en échangeant nos numéros de portable et emails.

Allons nous prendre la tangente pour nous envoler ?

Ou resterai-je au bord du gouffre en tombant un peu plus dans le néant et la folie ?